Visite guidée de l’Église de SAINT-SÉVERIN en CONDROZ – NANDRIN

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Pourquoi avoir choisi l’Église de Saint-Séverin que tous les Nandrinois connaissent déjà ou plutôt croient
connaître ?
Connaître ou avoir l’impression de connaître ; là est toute la différence !
Ce reportage est le 1er d’une série de 3. Les 2 autres seront à découvrir par la suite.
Mais simplement parce que ce choix est tout naturel, puisque c’est (à notre connaissance) le seul bâtiment
qui dans notre région (et bien au-delà) représente Saint-Séverin ainsi que le « Grand Nandrin » aux yeux
des touristes qui viennent le visiter en masse et parfois de très loin.
Nous vous en apportons la preuve par cette photo (juste sous le titre de ce reportage), couverture de la
revue « Mon Pays » sur les communes d’Esneux, Tilff, Neupré et NANDRIN pour les années 2004 et 2005.
Des preuves comme celles-ci sont nombreuses, comme dans la publication « Terre de Rencontres 2004 »
éditée par l’Office du Tourisme de la Province de Liège où seule l’Église de Saint-Séverin représente
Nandrin en page 36.
Si l’envie vous vient de faire une petite balade à travers Nandrin et plus particulièrement à Saint-Séverin,
prenez le temps de vous arrêter sur le devant cet édifice du XIIème siècle, autant magnifique qu’imposant.
Nous vous guiderons à la lecture de ce reportage écrit et photographique.
Suivez-nous.
Notre départ, sur parvis de l’Église pour aller découvrir les extérieurs en nous dirigeant vers les 3 points
de vue « Classiques ». 1.jpg
Nous vous conseillons de prendre en main le plan de l’Église (ANNEXE 1) pour comprendre les explications
qui suivent. Les références au plan sont reprises dans le texte (entre parenthèses).

Par le porche de l’ancienne ferme du prieuré.
Vous longerez l’étang en face de vous par la gauche {Photo 2} 2.jpgen vous dirigeant vers la rue d’Engihoul à
votre droite, l’ancienne Maison Communale de Saint-Séverin avant la fusion des communes (en 1977)
{Photo 3}

3.jpg

. Vous prenez à gauche (Attention à la circulation !) et vous avancez de quelques mètres pour
admirer l’étagement des toits de la tour, de la nef et du transept, du presbytère et des dépendances de
la ferme : étable, dîmière et ancien moulin {Photo 4}.

4.jpg


[Une grange dîmière ou grange aux dîmes, est un bâtiment permettant d'entreposer le résultat de
la collecte de la dîme, un impôt de l'Ancien Régime en faveur de l'Église catholique portant
principalement sur les revenus agricoles collectés. L’évêque était chargé d’en répartir le produit
entre les prêtres, l’entretien des lieux de culte, lui-même et les pauvres.
Bien que cet impôt puisse être versé aussi en argent, il est souvent perçu en nature : un dixième de
la récolte. Il est alors stocké dans de vastes granges dîmières, souvent dépendantes d'un monastère
ou d'une autorité civile qui se charge ensuite de le redistribuer aux différents bénéficiaires de la
région.]
À l'entrée de la Place « Félix Gonda » sur la gauche de l'étang.
Vous revenez sur vos pas par le côté gauche de l’étang de la place « Félix Gonda » (Bourgmestre de Saint-
Séverin) et vous remonter vers le parvis Pierre Thunus (Curé de la paroisse de 1946 à 1971) pour avoir
une vue en contre-plongée de l'église sur sa butte {Photo 5}

5.jpg

: façades nord (vers le cimetière) et ouest
(celle de l'entrée).
De cet endroit, divers éléments indiquent clairement la disposition intérieure : façade principale : la partie
haute du centre correspond à la grande nef, les 2 parties plus basses indiquent les collatéraux. 3 arcs
légèrement en saillie et reliant des pilastres marquent, eux aussi, ces 3 parties. Façade nord : le rez-dechaussée
comporte 6 subdivisions correspondant aux 6 travées ; le haut est divisé en 3 par des bandes
lombardes (montants en saillie) indiquant 3 travées pour la nef centrale. Ces montants sont reliés, dans
le haut, par une série d'arcatures, dans le bas par des arcs en plein cintre.
Du mur du fond de l’ancien cimetière :
Vous continuez votre chemin vers le parvis Pierre Thunus {Photo 6}

6.jpg

et vous entrez dans l’ancien cimetière
{Photo 7}.

7.jpg

Prenez le temps de regarder les tombes en vous rendant à l’extrémité gauche du cimetière.
Vous remarquerez bien d’ici que la tour octogonale est à la croisée du transept (D) {Photo 8}.

8.jpg

Seul exemple
subsistant dans la région mosane. On voit bien 2 des 3 absides (H’ et G’). La disposition primitive des
volumes a été modifiée par l'addition d'une chapelle (L) en prolongement du transept (1862).
Si vous n’avez pas peur de marcher un peu nous vous proposons un 4ème point de vue que vous ne
regretterez pas : de la « Vôye di mèsse ».
En sortant du cimetière, vous prenez directement à droite par le sentier et revenus sur la route, vous
prenez de nouveau à droite sur la rue de l’Église en longeant le mur du cimetière jusqu’au premier sentier
sur votre droite. Vous êtes sur la « Vôye di mèsse » {Photo 9}

9.jpg

. De cet endroit vous aurez d’autres visions
sur les jardins et les étangs à l’arrière de l’édifice {Photo 10} {Photo 11} {Photo 12} {Photo 13}.10.jpg

11.jpg12.jpg13.jpg

Après cette petite marche, vous revenez sur vos pas pour découvrir l’intérieur de l’Église.
Après cette visite des extérieurs vous devez être impatients de découvrir l’intérieur.
Dès les portes franchies {Photo 14},

14.jpg

vous devez être frappés par l'ampleur et la beauté, par 

l'unité et la
simplicité de l'ensemble, par la « chaleur » du matériau extrait des carrières de la région {Photo 15}

15.jpg

et le
vitrail en forme de trèfle {Photo 16}

16.jpg

au-dessus du choeur (ainsi que tous les autres vitraux) sorti des ateliers
de Joseph Osterrath (Tilff, 1906).
Arrêtez-vous à l’endroit (v1) {Photo v1}

v1.jpg

, au début de la grande nef (AA’).

Vous trouverez ci-dessous des caractéristiques générales qui seront facilement identifiables sur le plan.
a) L'entrée dans la façade principale.
b) Le plafond de la nef centrale (AA’), les voûtes du transept (EDF) et du choeur (G) sont à la même
hauteur (environ 11,70 m).
c) Vous observez une alternance de piliers faibles (3, 2 et encore 3) et forts (1, encore 1 et 4).
d) Les piliers faibles sont 2 types forts différents. Les piliers (2) sont cylindriques {Photo 17}

17.jpg

terminés
par un chapiteau cubique ; alors que les piliers (3) sont appelés « colonne quatre-feuilles » ou
faisceaux de 4 fûts plus minces couronnés chacun du même chapiteau cubique. En étant bien
attentif, on remarque une différence entre les 2 premières colonnes (près de l'entrée) sont
disposées en « X » {Photo 18}

18.jpg

et les 2 dernières (près du choeur) sont disposées en « + »
{Photo 19}

19.jpg

par rapport à l'axe de la nef principale (AA’).
e) Les piliers forts sont des piliers cruciformes (1) {Photo 20}.

20.jpg

Dans le prolongement des piliers forts,
de curieuses colonnettes jumelées et torsadées {Photo 21}

21.jpg

(5). Il est difficile de leur attribuer un
autre rôle que l'ornementation. Les piliers (4) sont encore plus résistants {Photo 22}

22.jpg

; ils
soutiennent la voûte de la croisée (D) et la tour. Les piliers forts déterminent 3 travées ou sections
dans la nef centrale.
À chacune d'elles correspondent 2 travées des nefs latérales (BB' et CC’).
f) Deux baies relient le choeur (G) et les deux chapelles (H et K) {Photo 23}.

23.jpg


g) Chacune des chapelles et le choeur sont terminés par un abside (en cul-de-four) (H’, K' et G'). La
chapelle de gauche (H) est particulièrement intéressante {Photo 24}.

24.jpg


h) Le mur gauche du choeur est plus épais que son vis-à-vis, car il renferme l'escalier qui monte au
clocher.
Levez les yeux vers le plafond sur lequel une interrogation subsiste « Voute ou Plafond » ?
Déjà au XVIème siècle, un plafond couvrait la grande nef (AA’) {Photo 25}.

25.jpg

A-t-il remplacé une voûte
écroulée, ou la voûte projetée n'a-t-elle jamais été construite ? Au XIXème siècle, on en signalait des
amorces (ou des restes) et des indications semblent prouver qu'elle a été prévue dans le plan : piliers forts
(1) prolongés et reliés par un arc sur le haut mur fenêtres hautes plus rapprochées que celles des bascôtés.
Ainsi on aurait eu sur la nef 3 voûtes d'arêtes {Photo 26}

26.jpg

correspondant aux 3 voûtes du transept
(E, D et F).
Oublions toutes ces notions théoriques et laissons-nous par la beauté par la beauté qui s’offre à nous.
Promenez-vous dans l'église et regardez. Pour vous aider, il est bon de vous arrêter à 2 endroits.
Le premier, dans le croisillon gauche (E), en (v2) {Photo v2},

v2.jpg

regardez vers les fonts baptismaux (fb) pour
jouir de l'enfilade de la nef nord (B’B) avec ses 6 travées couvertes de voûtes d'arêtes, séparées par des
arcs en plein cintre, avec, au bout, le grillage qui ferme la chapelle baptismale. Le second, dans le croisillon
droit (F), regardons (du point (v3) {Photo v3}

v3.jpg

vers les fonts baptismaux (fb). Et jouissons de la variété qui
nous est offerte ; surfaces décapées ou crépies, arcs en plein cintre ou en anse de panier, soutiens de
formes et d'importances différentes. Regardez d'ici, aussi, les voûtes du transept {Photo 27}.

27.jpg


Pour vous donner une notion de l’ampleur, voici quelques mesures métrées.
La nef principale
La longueur est d’un peu plus de 22 m et la largeur mesure plus de 5 m.
Les petites nefs
La longueur est d’un peu plus de 22 m et la largeur mesure plus ou moins 2,50 m.
La largeur totale de l’Église
De mur à mur, la largeur totale de l’Église mesure près de 12,70 m.
Le transept
La longueur est plus ou moins 17,30 m et la largeur mesure environ 4,50 m.

Le choeur
La longueur (abside comprise) est d’environ 8,70 m et la largeur mesure (à l'entrée), 5,10 m.
Les chapelles
La longueur est d’environ 6 m et la largeur mesure environ 3 m.
Maintenant dirigez-vous vers les fonts baptismaux (6). {Photo 28}

28.jpg


fb : Ils datent du 3ème ou 4ème quart du XIIème siècle en calcaire de Meuse. Fait unique, il est soutenu
par 13 supports, un fût central entouré de 12 colonnettes. Cuve monolithe (fissurée) carrée (la
partie creusée affecte la forme d'une demi-sphère). Extérieur orné de sculptures d'inspiration
orientale : sur chaque côté, 2 lions acculés ; aux angles, des têtes humaines barbues, les 4
évangélistes (?), les 4 fleuves du paradis (?) ou... (?). L’une d'elles est couronnée. Pourquoi ?
Le Couvercle est en dinanderie (XVIIème siècle) dont la croix a été volée fin décembre 1974.
Depuis, elle remplacée par autre croix datant d’avant 1895, l’inscription « Reconnaissance au
Sacré Coeur pour un bien fait obtenu le jour de sa fête le 21 juin 1895 » y est gravée sur la face
arrière. {Photo 29}

29.jpg


Des fonts baptismaux (fb) faites le tour de l’église par le transept gauche, passez devant le choeur et
revenez vers l’entrée pour découvrir les 4 pierres tombales.
Dans l’ordre des numéros du plan, vous allez trouver les 2 premières dans le transept gauche (E), comme
toutes, dressées sur les murs. La 3ème se trouve dans le transept droit (K)et la dernière, dans la nef de
droite (CC’).
pt1 : Celle du « Révérend Jean Magonet, qui fut 27 ans curé de ce lieu et mourut le 8 janvier 1714 ».
{Photo 30}

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pt2 : Celle d'un certain Pirlot, échevin de Huy ; 1508, un blason au centre, reproduit aux 4 angles.
Inscription en caractères gothiques. {Photo 31}

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pt3 : La plus ancienne datée de 1300 (MCCC, dans le coin supérieur droit), est-ce celle d'une certaine
Marie (Maroie), femme (à vérifier) de Henry de Vill...? {Photo 32}

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pt4 : La plus récente (la seule en latin) est celle du Révérend Jean-Henri Gérardi, curé de Saint-Séverin
pendant 48 ans (mort le 24 août 1790). {Photo 33}

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En refaisant le tour dans l’autre sens, vous allez découvrir les statues suivant l’ordre de votre passage.
st1 : Christ (bois), oeuvre d'un sculpteur liégeois, « maître Balthazar », (XVIème siècle) peint par « maître
Lambert » (Lombard ?). Remarquez la lourde couronne d'épines et le pagne agité par le vent
{Photo 34}.

34.jpg

Seule statue se trouvant dans la nef principale.
st2 : Sainte-Catherine d'Alexandrie (bois, XVIème siècle) : plusieurs détails en font une soeur « jumelle »
de la suivante, L'empereur barbu, couronné et portant sceptre, est vaincu (épée) par la science
(livre) de la sainte, l'épée rappelle encore la décapitation de la martyre. {Photo 35}

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st3 : Saint-Jean l’Evangéliste (bois, XVème siècle) : chevelure ondulée qui l'apparente à la précédente.
Auteur : Jan Van Weert ? Son geste de bénédiction fait sortir de la coupe (sous la forme d'un
dragon ailé) le poison mortel qui lui était destiné. {Photo 36}

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st4 : Sainte-Barbe (bois, XVIème siècle) : reconnaissable à sa tour aux 3 fenêtres et à la palme du
martyre. {Photo 37}

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st5 : Sainte Thérèse de Lisieux ou Marie-Françoise Thérèse Martin ou encore, en religion soeur Thérèse
de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face, également connue sous les appellations Sainte Thérèse de
Lisieux, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus ou encore la petite Thérèse, est une religieuse carmélite
française née à Alençon dans l'Orne en France le 2 janvier 1873 et morte à Lisieux en France le
30 septembre 1897. {Photo 38}

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st6 : Christ sur la croix (moins détaillé que celui se trouvant au centre de la nef principale (st1). Cette
statue est une copie en plâtre du Christ de Lowaige (Tongres) du XIIIème siècle, venant de la
Chapelle des Clarisses de Huy. {Photo 39}

39.jpg


st7 : Une vierge et l’enfant est une statue de procession placée sur l’autel de la chapelle de droite (K)
à la demande des paroissiens. {Photo 40}

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st8 : Une Vierge et Enfant en céramique de 1966. Elle se trouve dans une logette dans le mur du
choeur. {Photo 41}

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st9 : Saint-Joseph, patron de l’Église en céramique de 1966 est de même inspiration que la
précédente. Il tient une barque stylisée qui la symbolise. Le gouvernail et la voile en sont bien
visibles. Elle se trouve dans une logette dans le mur du choeur. {Photo 42}

42.jpg


st10 : St-Eloi (bois, XVIIIème siècle ?), en évêque. Des éléments ont été retaillés où amputés pour que
l'on puisse... habiller la statue ! {Photo 43} 

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st11 : Saint-Antoine de Padoue (bois, 1913) par le Liégeois Stanislas Dujardin qui restaura, à cette
époque, les statues du XVIème siècle. {Photo 44}

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st12 : Saint-Roch (bois, début XVIIème siècle ?), oeuvre plus artisanale que les précédentes. {Photo 45}

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Vous êtes revenus vers la porte de sortie et c’est ici que se termine notre visite.
Si vous avez été tenté d’emporter des cartes postales comme souvenirs, vous n’oubliez pas de verser
votre contribution dans le qui tronc qui se trouve à l’entrée de la nef gauche, sous la statue de Saint-
Antoine de Padoue.


Avec l’équipe du Blog, nous vous remercions déjà avoir pris le temps de lire ce texte un peu long et nous
serions encore plus heureux de savoir que vous avez fait la visite de ce prestigieux édifice.
À défaut de faire une « réelle » visite, vous pouvez en faire une « virtuelle » en visionnant notre reportage
photographique.
Sources :
 La brochure écrite par l’abbé Jean Godart en 1991 à l’occasion du 900ème anniversaire de l’Église.
Les textes sont adaptés pour tenir compte principalement du changement de place des statues.
 La brochure de la Province de Liège « Terre de rencontres de 2004 ».
 La Brochure « Mon Pays » pour les communes d’Esneux, Tilff, Neupré et Nandrin de 2004-2005.
 Diverses archives dont notamment un livret de 1895 dédicacé, le 1er juillet 1895, à Mr Léon Souris
Bourgmestre de Saint-Séverin à l’époque. Les auteurs de ce livret sont André Dubois (Rédacteur
du Journal « Le Vieux Liège) et Mr Ch.-J. Comhaire (Archiviste pour « Les Amis du Vieux Liège »).
 Les photos sont toutes originales et spécialement réalisées pour ce reportage.
 Internet, Wikipédia et le dictionnaire Larousse.
 La mémoire des anciens que nous remercions.
Pour avoir une piste sur le titre du prochain reportage, nous vous invitons à regarder l’avant dernière
photo de l’album. {Photo 46}

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Enfin, pour terminer sur une touche d’humour, si nous avons omis certains détails ou commis des erreurs
historiques, faites-le nous savoir et nous vous promettons que nous irons nous confesser ! {Photo 47}

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Article de l’équipe du Blog.
Visite

visite fin.JPG

 https://nandrin.blogs.sudinfo.be/album/visite-guidee-de-l-eglise-de-saint-severin-en-condroz-nandri/

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