Entre le 1er et le 4 avril 2019 Collecte des vieux GSM dans les écoles

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Dans la foulée du Grand nettoyage de printemps auquel devraient participer plus de 100.000 Wallons, les jeunes sont appelés à se mobiliser une semaine de plus entre le 1er et le 4 avril. « Tout le monde a chez soi deux ou trois téléphones portables qui traînent dans les tiroirs. Selon les estimations, cela représente entre un et deux millions d’appareils. Nous invitons les élèves à les récolter et à les ramener dans leur établissement scolaire où Récupel aura mis en place des collecteurs », annonce Carlo Di Antonio, ministre wallon de l’Environnement. L’opération est menée conjointement avec son homologue Jean-Luc Crucke, en charge du Climat et de l’Énergie.

70 matériaux différents

Les appareils seront tirés. Une partie sera réparée et reconditionnée pour avoir une seconde vie. Récupel a signé une convention avec une série de structures pour les remettre en état. Les GSM inutilisables sont démontés pour récupérer toutes une série de composants et les recycler. « L’opération est assez complexe. Mais cela vaut la peine », explique le ministre Di Antonio. Un smartphone comprend 70 matériaux différents dont près de 50 métaux, et pas des moindres comme le plomb, le cuivre, le nickel, l’indium ou de l’aluminium. L’or est aussi présent (notre infographie).

« L’objectif n’est pas seulement la collecte. Il s’agit aussi de sensibiliser les jeunes à l’aspect de surconsommation. Aujourd’hui, cela va un peu trop vite dans le remplacement des GSM », note Carlo Di Antonio. « Si les jeunes veulent être proactifs en matière d’environnement, ils doivent aussi associer les discours aux actes. C’est l’occasion d’attendre un peu plus longtemps avant de répondre aux messages des publicitaires et de remplacer son smartphone par le dernier modèle », estime le ministre.

Les matières premières des téléphones portables sont extraites en Asie du Sud-Est, en Australie, en Afrique centrale et en Amérique du Sud. Elles sont envoyées, entre autres, vers les États-Unis et l’Europe où sont fabriqués les principaux composants qui prennent à leur tour le chemin de l’Asie pour y être assemblés avant de partir à la conquête des consommateurs du monde entier. Les distances parcourues sont considérables, l’équivalent que quatre tours du monde. « L’empreinte écologique d’un smartphone est considérable », conclut Carlo Di Antonio.

Les impacts écologiques, sociaux et sanitaires contribuent à l’épuisement des ressources, à la réduction de la biodiversité due aux rejets toxiques et à l’émission de gaz à effet de serre.

Dans une tonne de GSM, on retrouve 300 grammes d’or. Or, pour produire 5 g d’or, il faut une tonne de minerai. « Personne ne veut supprimer l’utilisation des smartphones par les jeunes. Mais quand on aura compris comment ils sont fabriqués, on sera plus respectueux quant à leur usage » souligne de son côté le ministre Crucke.

Le mettre en mode éco

Au-delà de la surconsommation de ce type de produit, il s’agit aussi de repenser sur son utilisation. « On peut le mettre en mode économie d’énergie pour éviter de devoir le recharger trop souvent. Cela passe aussi par une meilleure gestion de ses messageries en envoyant des messages avec des pièces jointes moins volumineuses, en supprimant les pièces jointes une fois leur utilité obsolète ou en limitant le nombre de destinataires », détaille Jean-Luc Crucke. Il rappelle que l’envoi d’un courriel avec une pièce jointe d’un Mo génère 35 g de CO2.

« C’est facile de dire que la responsabilité est ailleurs. Mais chacun peut agir à son niveau. Si on consomme moins, les multinationales produiront moins et donc pollueront moins », conclut Carlo Di Antonio.

Actuellement, 35 établissements scolaires, des écoles mais aussi des universités, ont décidé de participer à l’opération Call to action de récupération des vieux GSM. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 mars, via le formulaire www.wallonie.be/fr/calltoaction.

Article par YANNICK HALLET

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