En cas de crise, le bourgmestre doit communiquer dans l’heure

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Attentat, incendie, inondation, tempête, tremblement de terre… Lors des catastrophes, les autorités sont chargées de protéger, aider et informer la population. Le bourgmestre se trouve en première ligne. Que doit-il faire ? Le bourgmestre, qui a obtenu son poste de l’électeur sans passer le moindre « permis », n’est pas censé le savoir. Mais heureusement, il existe des formations pour lui apprendre le métier. Cette année, le centre de crise va les recevoir par province (via les gouverneurs) pour les sensibiliser à avoir une bonne communication en cas de crise. La formation des bourgmestres flamands a déjà débuté, celle des Wallons débutera la semaine prochaine, dans le Brabant wallon. « Il s’agit d’une demi-journée de sensibilisation, où l’on insiste sur l’importance d’avoir une bonne communication en cas de crise », explique Benoît Ramaeker, porte-parole du centre de crise. « Communiquer, c’est gérer ! Cette demi-journée peut être complétée d’une formation plus spécifique par la suite ».

peur de mal faire

À chaque catastrophe, le centre de crise tire les leçons de ce qui a bien fonctionné et de ce qui a foiré, et affine ses conseils. Lors des attentats du 22 mars par exemple, le système be-alert ne fonctionnait pas encore, on l’a lancé depuis lors. « Concernant la communication, on a surtout remarqué que l’on avait mis l’accent sur le secours aux blessés et sur la mise en sécurité de la population, au détriment peut-être de l’information aux proches. Un call-center avait été ouvert, mais plus tardivement, si bien que de nombreuses personnes, inquiètes de ne pas avoir de nouvelles de leur proche, cherchaient, sans trouver l’information. Nous avons appris, des attentats du 22 mars, que l’on devait lancer ce call-center beaucoup plus vite ».

D’autres catastrophes ont montré que des bourgmestres de petites localités avaient parfois peur de communiquer. « Ils ont tellement envie de bien faire et ont tellement peur de mal faire, qu’ils traînent à s’adresser à la population », observe Benoît Ramaeker. « Or, il est recommandé de communiquer le plus vite. Car de nos jours, tout va très très vite. Les médias et les journalistes devancent tout le monde sans parler des médias sociaux ».

Lors des catastrophes, le bourgmestre tient un grand rôle. Il symbolise la force de l’autorité (organisation des secours, etc.) et symbolise aussi la « communauté » de ses habitants avec qui il doit manifester de l’empathie (approche humaine). Lors d’une crise, il doit passer au-delà des clivages politiques et doit collaborer avec tous les conseillers communaux, y compris ceux de l’opposition.

Après les attentats du 22 mars, on se souvient de cette conférence de presse donnée conjointement par le bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur (PS) et le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA). Deux hommes aux antipodes, « unis », pour annoncer l’interdiction de la marche après-attentat.

Article de FRANÇOISE DE HALLEUX

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