Dans 93 communes wallonnes, un accès de qualité à Internet n’est toujours pas garanti

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Le relevé est tout ce qu’il y a de plus officiel, puisque c’est le nouveau ministre des Télécommunications, Philippe De Backer (Open VLD), qui l’a transmis au député Gautier Calomne (MR). l’IBPT, le régulateur des télécoms, publie régulièrement des cartes de couverture des réseaux fixes en Belgique, permettant d’identifier les zones qui ne bénéficient pas d’un accès à la large bande de qualité. Pour ce qui est du haut débit (30 Mbit/s), le taux de couverture des logements est estimé à 98,8 %.

Le prédécesseur de M. De Backer à ce poste, Alexander De Croo (Open VLD) a toujours dit souhaiter que, d’ici 2020, tous les ménages soient couverts en 30 Mbps.

Plus de 57.000 ménages

Il en manque donc 1,2 %, ce qui semble anecdotique à première vue… Sauf que sur l’ensemble du territoire et la couverture mobile 4G exclue, cela fait quand même 57.662 ménages sans connexion 30 Mbps (sur un total de 4,8 millions) ! « Les provinces les plus impactées par la persistance des zones blanches sont le Luxembourg, Namur, Liège et le Hainaut », dit le ministre. Bref, toutes les provinces wallonnes ou presque (le Brabant wallon y échappe).

Suivant une méthodologie très stricte, l’IBPT a pu identifier les divisions les plus impactées par le manque de connectivité : elles correspondent aux zones blanches. Cela signifie donc très concrètement que l’accès au 30 Mbps n’y est assuré par aucun opérateur. En 2017, l’IBPT avait compté environ 940 secteurs avec un manque d’accès à large bande (environ 5 % des secteurs). En 2018, il s’agit encore toujours d’un peu plus de 640 divisions (3 % des divisions).

Les Wallons lésés

Au total, 94 communes sont impactées, même partiellement. Il n’y en a qu’une en Flandre et si l’on vous dit qu’il s’agit de la commune à facilités de Fourons, vous comprendrez que, là aussi, beaucoup de francophones sont concernés. Pas question de verser dans une guerre communautaire, les raisons étant techniques, mais cela reste interpellant.

« Afin d’encourager les investissements dans ces zones, les opérateurs ne doivent pas ouvrir leur réseau pour les concurrents lorsqu’ils décident d’y investir », reprend le ministre De Backer. « L’opérateur Nethys a déjà fait usage de cette mesure. En parallèle, un arrêté royal, en cours de préparation, prévoit l’introduction d’une diminution de la redevance annuelle perçue sur l’utilisation de faisceaux hertziens, lorsque ces derniers seraient utilisés pour améliorer l’accès à large bande dans ces zones. »

Une mesure saluée par le député Gautier Calomne, qui déplore, cela dit, la situation. « L’accès à un Internet de haut débit est devenu indispensable et il n’est pas normal que ces zones blanches subsistent », dit-il. « Tous les Belges doivent pouvoir bénéficier de points d’accès de qualité supérieure. Je salue les efforts du gouvernement fédéral mais il faut que les autres niveaux de pouvoir jouent le jeu. Je pense à la délivrance de permis pour l’érection des pylônes par les communes : les administrés sont les premiers impactés par le déficit d’accès à Internet. »

Article de DIDIER SWYSEN

 

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