L'explosion des coûts de l électricité est impressionnante

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En épluchant les publications de la Cwape (Commission wallonne pour l’énergie), on tombe parfois sur d’intéressants tableaux. Comme celui dont nous vous parlons aujourd’hui. Il s’agit d’un comparatif des prix de l’électricité en Wallonie, entre le premier semestre 2015 et le premier semestre 2019.

Ce que l’on constate d’emblée, c’est bien entendu une augmentation. Mais cette augmentation est surtout très différente d’un distributeur à l’autre. Rappelons que le distributeur (ce que l’on appelle gestionnaire de réseau de distribution, ou GRD) est imposé en fonction de l’endroit où l’on habite. C’est Ores dans la majeure partie de la Wallonie, avec des différences entre les anciens secteurs d’Ores, c’est Resa pour la région liégeoise et de plus petits distributeurs.

Sur la période entre 2015 et 2019, on observe ainsi une hausse de 11,28 % pour Ores Luxembourg, de 12 % pour Resa, mais de 23,55 % pour Ores Verviers et même 27,44 % pour la Régie d’électricité de Wavre.

Coût de la vie : + 8,2 %

D’une manière générale, le prix de l’électricité a augmenté plus que le coût de la vie. Selon le SPF Économie, la hausse de ce dernier a été de 8,2 % sur cette même période entre 1er janvier 2015 et 1er janvier 2019. 8,2 %, à comparer avec les hausses du prix de l’électricité…

Mais comment expliquer cette différence ? Nous avons demandé à la Cwape de nous éclairer. Les explications sont diverses.

TVA. Tout d’abord, il y a la TVA. Celle-ci est remontée de 6 à 21 % le 1er septembre 2015. Ça explique en petite partie la hausse.

Régie de Wavre. Et puis il y a le cas particulier de la Régie de Wavre, une exception dans le paysage des GRD wallons, tous les autres étant des intercommunales. En 2011, rappelle Stéphane Renier, président de la Cwape, la Régie de Wavre a perdu un très gros client, l’entreprise GSK, qui s’est tournée directement vers Elia. Il a fallu compenser.

Impôt des sociétés. En 2015, les GRD qui étaient des intercommunales ont été soumis à l’impôt des sociétés. Ça s’est répercuté sur la facture des consommateurs.

Gel entre 2012 et 2014. Durant ces trois années, les tarifs de distribution avaient été gelés. Il a fallu par la suite faire un certain rattrapage.

Développement. Et puis, explique encore Stéphane Renier, « en 2017, tout en veillant à maintenir une certaine stabilité les gestionnaires de réseau de distribution, les tarifs ont dû permettre aux GRD de disposer des moyens financiers nécessaires afin d’assurer le développement des réseaux intelligents ».

Rappelons que le prix de l’électricité se décompose en trois parties principales : l’énergie elle-même (que vous achetez auprès d’Engie, de Lampiris, de Luminus, etc.), la distribution et une troisième partie composée du transport, de la contribution à l’énergie verte, des surcharges fédérales et des surcharges régionales. L’énergie et la distribution représentent ensemble environ 2/3 du prix payé par le consommateur.

Ce qui est repris dans notre carte, c’est l’augmentation des tarifs de distribution, du transport et des surcharges. La hausse est substantielle.

Article de BENOÎT JACQUEMART

Source 

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