Attention :Non fumeur en juin prochain au CHU de Liège

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Le CHU de Liège vient de lancer une grande campagne de sensibilisation à destination de son personnel fumeur, qui passera également par quelques aménagements structurels. L’objectif ? Devenir un hôpital sans tabac. Au moins durant un mois dans un premier temps.

En juin 2019, la cigarette devrait être totalement bannie des différents sites du CHU de Liège. Durant un mois du moins. C’est en tout cas l’objectif poursuivi par plusieurs tabacologues du CHU liégeois, à l’origine de ce projet d’hôpital sans tabac.

« Le CHU fait déjà partie du réseau ‘hôpital sans tabac’, précise Fabienne Princen, infirmière tabacologue en radiothérapie oncologie. Dans ce cadre, il existe une charte de dix points qu’il est de bon ton de respecter. Mais tous ces points ne l’étaient pas encore. Avec d’autres tabacologues, on a donc voulu faire bouger un peu les choses. »

Une des premières mesures concernera les zones fumeurs actuelles. Qui vivent leurs derniers instants. Actuellement, les accros à la nicotine se regroupent en effet habituellement aux différentes entrées des sites du CHU, devant l’accès principal ou à proximité des urgences. D’ici peu, ce ne sera plus le cas.

« Pour l’instant, on peut en effet fumer devant l’entrée principale ou devant les urgences, confirme Mme Princen. Rien ne l’interdit et on trouve même des cendriers à ces endroits. Mais maintenant, on va déplacer ces ‘fumoirs’. Au Canada, ils ne peuvent se trouver à moins de neuf mètres des entrées des hôpitaux, on va s’inspirer de ce qui se fait là-bas. »

Terminé donc de voir patients, visiteurs et même quelquefois médecins et personnel soignant cigarette à la main à l’entrée de l’hôpital. Les espaces pour fumeurs existeront toujours bel et bien mais seront dorénavant moins exposés. Et mieux localisés : « On va également installer des marquages au sol pour délimiter les zones fumeurs des zones non-fumeurs. »

Mais ces aménagements structurels ne seront pas les seules mesures prises dans le cadre de ce projet d’hôpital sans tabac.

Depuis quelques jours, l’ensemble du personnel est ainsi invité à participer à une grande enquête.

Le but ? Dresser un état des lieux du nombre de fumeurs au sein du CHU et, parmi eux, de ceux qui seraient prêts à entamer des démarches en vue d’arrêter la cigarette. Avec, in fine, l’espoir d’en convaincre une majorité de se lancer dans l’aventure. Avec quelques incitants à la clé.

Consultations au travail

« On va proposer aux membres du personnel qui souhaitent arrêter de les aider, souligne Mme Princen. Nous devons encore recevoir l’aval de la direction, mais notre proposition, c’est que les consultations auprès de tabacologues se déroulent pendant les heures de travail. Ce serait une manière de les inciter à prendre rendez-vous pour une consultation. »

Une campagne vidéo, reprenant de multiples conseils susceptibles d’aider ceux qui souhaitent arrêter le tabac, va également être mise en ligne prochainement. Avec en ligne de mire la journée mondiale sans tabac, qui se déroulera le 31 mai. Mais surtout les 30 jours qui suivront…

« L’objectif, ce sera en effet de faire un mois complet sans tabac au CHU, du 1er au 30 juin. C’est le même principe que la ‘tournée minérale’, et ça se fait déjà en France, au niveau national. Et là, on voit que ça fonctionne. Chez nous, ce sera juste à l’échelle de l’hôpital. Les gens devront s’inscrire et s’engager. Mais on va essayer de faire ça de façon ludique. On veut être dans le positif, pas dans l’interdiction. »

Avec l’espoir, à termes, d’arriver à un hôpital sans tabac en permanence ? « Avoir un hôpital sans tabac, on n’y arrivera jamais, mais avoir un hôpital où on respecte déjà la charte, c’est déjà bien. Pour l’instant, rien n’est vraiment fait pour aider ceux qui souhaitent arrêter de fumer. Ici, on va essayer de les amener à entamer la démarche et faire en sorte qu’ils ne fument plus où ils ne peuvent pas mais seulement dans les endroits prévus. »

Un bilan sera dressé au terme de ce premier mois sans tabac du CHU de Liège. Bilan qui décidera de l’avenir de l’opération. « Mais si ça fonctionne, on espère bien la reconduire l’année prochaine, termine Fabienne Princen. Et même d’année en année. Si 300 fumeurs participent, c’est 300 personnes de touchées. Et si l’une d’entre elle arrête la cigarette, c’est déjà gagné… »

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