Nandrinois : Fin de l'heure d'été ?

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J eudi, le parlement fédéral va adopter un texte qui demandera au gouvernement de plaider auprès de l’Europe l’abrogation de l’heure d’été, en s’appuyant sur une étude évaluant la mesure. L’aboutissement d’une proposition déposée à la Chambre, fin novembre 2017, par les députés MR Gautier Calomne et David Clarinval. « La Belgique doit jouer un rôle moteur dans ce dossier », explique M. Calomne.

« C’est une initiative personnelle que j’ai prise car je n’ai jamais entendu beaucoup de gens positifs vis- à-vis de l’opportunité de conserver ce changement d’heure », explique le député Calomne. « Je me suis intéressé à la question : ne s’agissait-il pas d’un changement artificiel, datant d’un autre temps ? »

Cela fait plus de 40 ans que la Belgique a décidé de passer à l’heure d’été (en 1977). Ce changement d’heure fut adopté suite aux chocs pétroliers successifs des années 1970 et l’Union européenne allait progressivement harmoniser la mesure.

La volonté était de réaliser de plus grandes économies d’énergie. Une volonté qui existe, bien sûr, toujours aujourd’hui, mais cela fonctionne-t-il concrètement ?

JAMBON PAS OPPOSÉ

« J’ai posé la question à la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR). Elle partageait les études que j’avais lues et qui disaient que l’incidence était faible, voire nulle », reprend le député bruxellois.

« J’ai posé la question au ministre Jambon vu que ça relève finalement de sa compétence. Il a dit qu’il n’avait aucune opposition de principe. »

Gautier Calomne dépose alors un texte à la fin novembre 2017. « En compagnie de mon chef de groupe, David Clarinval qui m’a toujours soutenu », précise-t-il.

« Lui, le Wallon rural et moi, le citadin bruxellois, deux profils différents et deux visions qui se rejoignent. » Le texte a fait un parcours parfait : envoyé en commission dès janvier de cette année, puis adopté à la seconde séance, fin mai, à l’unanimité. Jeudi, il ne fait aucun doute qu’il sera voté à la Chambre.

« Nous demandons au gouvernement de porter le débat au niveau européen et de marquer notre volonté d’abroger l’heure d’été. »

Pour ne brusquer aucune sensibilité, le texte demande une évaluation globale du dispositif, sous la forme d’une étude européenne. Si les conclusions confirment ce que les élus belges pensent, le changement d’heure aurait vécu.

QUELLE HEURE ?

Le fait que le parlement européen est entré dans la danse en février, avec une demande semblable, ne relativise-t-il pas le texte belge ? « Il est important que nous soyons les moteurs de ce changement. En 2012, les autorités belges reconnaissaient déjà que les effets positifs étaient limités.

On est en 2018. Il faut faire vivre ce débat », explique M. Calomne. « C’est pour cela que je déposerai un texte avec ma collègue sp.a Maya Detiège au parlement Benelux où nous siégeons tous deux. Il faut continuer à faire pression pour surmonter les difficultés.

Je suis persuadé que cette décision s’inscrit dans le sens de l’histoire.

Beaucoup de pays en sont déjà revenus. Pourquoi l’Europe ne suivrait pas cette tendance ? »

Restera un dernier débat si la décision d’abroger le changement d’heure semestriel était entérinée : se met-on toute l’année à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver ?

M. Calomne attend l’étude et préfère ne pas se prononcer là-dessus pour l’instant… -

DIDIER SWYSEN J

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