Nandrinois attention on meurt plus quand il fait froid, mais pour diverses raisons

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La Belgique grelotte pour le moment. Et cela va durer au moins jusqu’au dimanche 4 mars. Bien plus que le vortex, c’est le nombre de morts que nous craignons. L’Institut Scientifique de Santé publique suit les courbes de mortalité sur son fameux BeMOMO, le Belgian Mortality Monitoring. Il s’agit de son système de surveillance hebdomadaire de la mortalité toutes causes en Belgique.

« À cause du délai d’enregistrement des certificats de décès, nous ne pouvons voir les excès de mortalité qu’après 4 semaines. Les conséquences de la vague de froid de cette semaine 8 sur la mortalité pourront être obtenues qu’à partir de la semaine 12 », précise Natalia Bustos qui se penche sur les courbes de mortalité en Belgique.

Elle vient d’ailleurs de sortir son rapport sur la surveillance de la mortalité toutes causes en Belgique durant l’été 2017. « Il faut savoir que nous coupons l’année en deux : de la semaine 20 à 40 que nous considérons comme la période estivale et de la semaine 41 à 19 que nous considérons comme la période hivernale ».

LA POLLUTION,

AUSSI Sur base de ces chiffres, on peut affirmer que deux tiers des Belges décédés ont succombé durant la période hivernale. « Pour l’ensemble de la population, le taux brut de mortalité à l’été 2017 était à 348,6 décès pour 100.000 habitants contre 594,5 décès pour 100.000 habitants à l’hiver 2016-2017 ».

En s’attardant sur les 107.981 morts en Belgique du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2016, on apprend que les mois les plus « meurtriers » sont janvier et mars (10.210), février (9.990) et décembre (9.694). Le mois de septembre est le moins « tueur » avec 7.913 décédés en moyenne ce mois-là.

On sait donc qu’on meurt plus quand il fait froid mais on ne sait pas encore vraiment pourquoi. « Il peut y avoir plusieurs raisons », explique Sophie Wuilmot, médecin à l’ISP et donc collègue de Natalia Burgos. « Il y a sans doute le froid, il y a la grippe mais il y a d’autres facteurs, comme la pollution qui augmente quand la température baisse fortement ».

LE 22 JUIN « MEURTRIER »

Et, inversement, les pics de chaleur peuvent aussi provoquer une hausse des décès. Dans son rapport, Natalia Burgos écrit que la surmortalité de la population s’est globalement limitée à l’épisode de forte chaleur du 22 et 23 juin, seule période où la phase de vigilance du plan « forte chaleur et pics d’ozone » a été déclenchée plus de deux jours consécutifs cet été. Le 20 juin, on avait enregistré une très forte concentration d’ozone.

« Deux jours plus tard, il y a eu des excès de mortalité significatifs dans la population générale avec 370 décès durant cette journée ».

Soit 109 morts de plus que la normale. Ces conditions extrêmes avaient eu un impact immédiat et sur toute la population, « pas seulement sur les personnes âgées », conclut la scientifique. -

PIERRE NIZET

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