À Nandrin, un mini-tollé a démarré sur les réseaux sociaux « Pas à moi de mettre des big bags »

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Nos brocantes sous haute surveillance

À Nandrin, un mini-tollé a démarré sur les réseaux sociaux. En cause, un courrier de la commune reçu par la gérante du Café des Sports, Sandrine Markadieu qui organise une brocante à Villers-le-Temple le 18 juin. 180 exposants sont prévus.

Dans cette lettre, il est écrit que la commune et la zone de police du Condroz imposent l’utilisation de big bags et/ou de véhicules afin d’obstruer les entrées des rues occupées par la brocante, vu le niveau de la menace terroriste à 3 en Belgique.

À charge de l’organisateur de la brocante, donc. Une aberration, selon Sandrine Markadieu.

« Je n’apprécie pas la forme.

Tout est en ordre et puis je reçois mardi un courrier.

On ne m’a jamais parlé de ce dispositif avant. Sur le fond, les big bags, j’estime que ce n’est pas à moi de les placer, mais à la commune.

Je fais tout sur fonds propres, pour faire vivre le village, sans en retirer de bénéfice, et j’ai l’impression qu’on fait tout pour me mettre des bâtons dans les roues.

Plus j’en fais, plus on me demande d’en faire », souffle-telle.

De là à annuler la brocante ?

« Non, même si j’étais à deux doigts. Des amis viendront placer leurs voitures pour bloquer les trois rues. »

Le bourgmestre, Michel Lemmens, n’apprécie pas la polémique.

« Je ne suis pas tout seul à décider des normes, je ne suis qu’un acteur de la chaîne.

La police a estimé que vu la taille de l’événement, une réunion de coordination préalable n’était pas nécessaire mais qu’un dispositif de sécurité similaire à celui de la kermesse devait être mis en place (big bags).

Demain, je rencontre les autorités, nous verrons s’il faut organiser une réunion d’urgence avec des mesures complémentaires. »

La commune ne pourrait-elle pas placer ces dispositifs ?

« Encore faut-il avoir une demande. »

 A.G.

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Sandrine Markadieu est soulagée. La brocante de Villers-le-Temple du 18 juin sera protégée d’une attaque terroriste potentielle, mais pas à ses frais. Dans notre édition du 8 juin, la gérante du Café des Sports expliquait avoir reçu un courrier de la commune lui imposant d’ostruer les entrées des rues occupées par la brocante, ce qu’elle estimait ne pas être de son ressort. « J’ai reçu un coup de fil du bourgmestre ce jeudi, qui m’a annoncé que la commune mettait finalement des big bags à ma disposition et je l’en remercie. Je suis soulagée  », confie-t-elle.

Michel Lemmens confirme: «  Lors de la réunion de sécurité du Nandrin Festival, nous avons évoqué le cas de la brocante. Il a été confirmé qu’une réunion spécifique ne se justifiait pas et qu’un dispositif similaire à la kermesse de Villers devait être installé, soit des big bags. C’est la commune qui en mettra deux au niveau du monument aux morts. Mme Markadieu s’est engagée à placer un véhicule dans le bas de la rue de la Tourette pour pouvoir laisser le passage libre aux secours, le cas échéant. »

Brocante de Villers-le-Temple: la commune placera deux big bags clic ici

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Dans le contexte terroriste, de plus en plus d’événements voient leur sécurité renforcée. Les brocantes n’échappent pas à la règle, y compris dans les petites communes de Huy-Waremme. À Clavier, la brocante de la Pentecôte, qui a drainé plus de 15.000 visiteurs, était étroitement surveillée : blocs en béton aux entrées et sorties, présence de la Croix-Rouge et déploiement policier. Ces dispositifs tendent à se systématiser, indique la zone de police du Condroz.

Hannut:

« La commune place elle-même les dispositifs »

Il n’y a pas que la zone du Condroz qui est concernée par ces mesures de sécurité antiterroristes.

À Hannut aussi, des mesures sont prises, en fonction de la configuration des lieux. «Au marché de la Pentecôte, des plots en béton ont été posés, quatre à chaque entrée, soit douze.

Il y a trois solutions pour bloquer les voiries : des big bags, des blocs en béton ou bien des machines imposantes qui empêchent le passage de camions béliers.

Il faut également penser au passage des pompiers, en cas d’incident, dans les rues adjacentes », indique Manu Douette, le bourgmestre.

À Hannut, c’est la commune qui prête et place les dispositifs, y compris pour les brocantes, comme celle de Thisnes en juillet (420 exposants prévus). « C’est déjà difficile pour les ASBL ou clubs de Hannut qui organisent une brocante, ils ont beaucoup à gérer, nous prenons donc ça en charge.

Les ouvriers de garde les dé- posent et viennent les rechercher. »

La commune en dispose-t-elle en suffisance ?

« Oui, au moins douze.

Nous en avons déjà pour fermer les voiries pendant des travaux. Si besoin, nous en achèterons d’autres », conclut-il.

 A.G

 

Meuse-Hesbaye Une analyse au cas par cas

L’analyse du dispositif à mettre en place se fait au cas par cas, souligne le commissaire Thierry Mopin, à la zone de police MeuseHesbaye, « en concertation avec le bourgmestre et le fonctionnaire Planu de la commune ». « Il n’y a pas nécessairement besoin de blocs en béton à tous les événements. Cela s’étudie en fonction de la localisation de l’événement et du nombre de personnes qu’il draine », explique-t-il. Ainsi, si la brocante se situe au bout d’une longue et grande chaussée, le risque est plus accru que si la route comprend un virage à 90o . « Une voiture ne pourrait dans ce dernier cas pas prendre assez d’élan pour foncer dans la foule. Une ligne droite est plus problématique. Il faut aussi regarder s’il y a des obstacles naturels, ou si par exemple la présence de forains permet de protéger la foule d’un camion bélier. » À la brocante de Saint-Georges, des obstacles avaient été placés : « Des big bags, des véhicules imposants ou un mix des deux. Les véhicules ont l’avantage de pouvoir être déplacés si les secours doivent avoir accès. » D’autres événements, par leur configuration (difficile d’accès) ou leur confidentialité, ne nécessitent pas pareilles mesures. À l’image de la Pentecôte à Bas-Oha, décentrée par rapport à la voirie ou la prochaine brocante d’Engis, ce samedi 10 juin. « C’est une petite brocante d’une centaine d’exposants. C’est un événement local, confidentiel, dans une rue. Rien de spécifique n’a été imposé à l’organisateur », justifie Serge Manzato, le mayeur d’Engis. - A.G

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