5.000 logements sociaux vides en Wallonie

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logement sociaux source Sudinfo.JPG

On va interdire les refus de logement par les candidats locataires.

L es logements inoccupés, une plaie du logement social wallon.

On l’évalue à 5 % du parc. Parmi les mesures qui vont être prises, l’interdiction pour un candidat locataire de refuser un logement.

Au 1er janvier 2015, plus de 5.000 logements sociaux wallons étaient inoccupés. Pour diverses raisons, mais sur un total d’un peu plus de 100.000 logements sociaux en Wallonie, le chiffre (et le pourcentage) est énorme.

Et cela alors qu’il y a « 40.000 demandes en souffrance », dénonce le député MR Philippe Knaepen, qui interpelle le ministre du Logement wallon, Paul Furlan (PS).

Celui-ci concède qu’il y a un problème mais tempère quelque peu en avançant une série de raisons qui expliquent que des logements restent vides durant un laps de temps plus ou moins long.

Par exemple, des logements sont rénovés (plus ou moins lourdement) entre deux locations.

Certains sont « déconstruits » mais, en attendant, ils sont répertoriés comme vides. Certains logements font l’objet de contentieux, avec des locataires indélicats : la procédure judiciaire pour récupérer le logement peut prendre du temps.

Et puis, il y a les refus d’un logement par certains locataires, avec pour conséquence que celui reste vide plus longtemps.

REFUS DE LOGEMENT INTERDIT

Le taux de refus est aujourd’hui de 48 %, révèle le ministre Furlan.

À l’avenir, « les refus de logements ne seront plus autorisés », précise-til.

Par ailleurs, ajoute le ministre, « le fonds d’investissement que je présenterai en octobre 2016 permettra le financement des rénovations ».

Les chiffres de logements inoccupés fournis par M. Furlan (qui datent du 1er janvier 2015, donc) montrent d’énormes disparités entre les 64 sociétés de logement social de Wallonie. Et, entretemps, certaines situations ont évolué.

Ainsi, la société du Roman Païs (Brabant wallon), avait un taux d’inoccupés de 32,5 % ! Qui s’explique.

« Nous sommes gestionnaires de 518 logements pour le compte de la Société wallonne du logement », dit Pol Rochefort, directeur gérant.

« Ils ont fait l’objet d’une énorme rénovation.

Aujourd’hui, sur nos 3.148 logements, 53 sont inoccupés pour rénovation. »

À la SCRL BH-P Logements à Boussu, on était début 2015 à 16 % de logements inoccupés.

Et aujourd’hui ?

« Le chiffre d’aujourd’hui, c’est 37 logements sur 2.000 », répond le directeur, Stéfane Dierick.

« Mais il faut ajouter environ 90 logements qui sont en attente d’une rénovation lourde. Que faut-il faire de ces logements ?

On rénove, on détruit ?

C’est impossible à rénover sur fonds propres. »

Ces 90 logements sont inoccupés depuis 2011, la SCRL essaye de les vendre.

« Si vous trouvez un promoteur intéressé », glisse M. Dierick.

Qui ajoute que les causes des difficultés des sociétés de logement sont diverses.

Et donc les réponses à apporter aussi. Il plaide par exemple pour une exonération totale ou partielle du pré- compte immobilier pour les sociétés de logement public.

« Chez nous, le précompte représente 500.000 euros par an. » Un autre point noir, c’est Charleroi. À la Sambrienne, on compte un peu moins de 1.000 logements inoccupés sur 10.000.

« On était à 1.400 », dit son président, Hicham Imane, qui a hérité d’une situation délicate.

« Les logements inoccupés, c’est notre priorité, ça diminue de mois en mois. Nous avons 3.000 personnes en attente. »

Article de  BENOÎT JACQUEMART Source info Sudpresse Sudinfo 31 aout 2016

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