Face à la concurrence de la route du Condroz(Nandrin), le propriétaire du magasin se dit « en réflexion »

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JG source sudpresse.JPGL’Intermarché d’Ouffet risque de fermer

L es rumeurs enflent à Ouffet concernant la fermeture potentielle de l’Intermarché.

Le propriétaire indépendant du magasin tente depuis des années de donner un nouveau souffle à son commerce, mais la forte concurrence de la route du Condroz grappille toujours davantage sa clientèle. « Je suis en réflexion », confie-t-il.

 

L’avenir de l’Intermarché d’Ouffet, créé en 2007 sur la chaussée de Huy, est compromis. Les rumeurs de fermeture, alimentées par des rayons progressivement dégarnis, semblent se confirmer même si le propriétaire indépendant du magasin laisse une porte ouverte.

« Je suis effectivement en réflexion avec la centrale Intermarché par rapport au futur du magasin. Certes, je suis le propriétaire mais comme on fait partie d’un groupe, on cherche ensemble pour trouver la meilleure des solutions.

Ouffet a toujours été un point de vente difficile, et ce, depuis le début.

Je suis en perpétuelle réflexion », déclare David Barthelemy, également administrateur dé- légué des Intermarché de Nandrin et Assesse.

Le patron-gérant a tenté à plusieurs reprises de repositionner son commerce ouffetois sur l’échelle de la concurrence, sans succès fulgurant.

« On a relancé le magasin en septembre avec un nouveau concept, c’est-à-dire une boucherie en libre-service et un assortiment plus réduit basé sur les statistiques de vente. Ça ne suffit pas. »

David Barthelemy pointe la concurrence toujours plus rude, notamment de la route du Condroz.

« Déjà, il y a le comportement d’achat du client. Quand il revient du travail à Liège, il a plus facile de s’arrêter à Nandrin, même à l’Intermarché, le choix est plus large puisque le magasin est plus grand que celui d’Ouffet (400 m2 ).

Et puis, il y a de plus en plus de supermarchés pour le même potentiel de clientèle.

Quand le Spar d’Anthisnes a ouvert, j’ai perdu 16% de clientèle à Ouffet.

Quand on regarde la route du Condroz aujourd’hui, outre l’Intermarché, on voit que le Delhaize et Aldi se sont agrandis, Carrefour et Okay ont ouvert...

Je ne suis pas le seul à éprouver des difficultés. »

Il regrette que la concurrence ne soit pas régulée.

« La commune ne tient pas compte de ce paramètre, or il n’y a pas que des multinationales qui s’installent, il y a aussi des indépendants qui investissent leurs propres deniers.

Sur un an, on a doublé le m2 alimentaire avec la même cible de clients. »

L’Intermarché de Nandrin, qui s’est agrandi il y a un an, ne serait pas menacé.

« Le magasin marche très bien. On a un bel outil, des atouts et des idées.

Difficile d’impacter l’ouverture du Carrefour pour l’instant, on attend la mi-août.

J’avais anticipé.

L’objectif, c’est d’apporter quelque chose qui n’existe pas ailleurs ».

Que vont devenir les cinq employés d’Ouffet en cas de fermeture?

« Cela fait partie de la réflexion, voir s’il est possible de les reprendre ailleurs car ils sont formés et compétents.

Si le magasin ferme, alors je devrai vendre le bâtiment. » 

ANNICK GOVAERS

« Pas le droit »

Gérer la concurrence?

La multiplication de commerces de même type sur la route du Condroz pose effectivement question.

L’échevine de l’aménagement du territoire à Nandrin, Charlotte Tilman, se dit impuissante.

« Une directive services/ Bolkestein adoptée par l’Union européenne en 2006 promeut la liberté d’établissement et interdit donc aux autorités de gérer la concurrence entre commerces.

Si la commune accordait un permis en fonction du type de magasin, sa décision serait irrégulière.

On dispose d’autres leviers comme les enjeux environnementaux, la mobilité et la protection des travailleurs.»

 

 

Article de (A.G.)

 source http://journal.lameuse.be/

 

 

Commentaires

  • Pour ma part, je ne partage pas du tout l’analyse de Mme Tilman.

    Présenter l’apparition des grandes surfaces à Nandrin le long de la route du Condroz comme résultant d’une fatalité ne me semble pas être tout à fait exact.

    Avant de décider du lieu d’implantation d’un nouveau commerce, tout investisseur établit une étude de marché dans laquelle des paramètres tels que la détermination du public concerné, la concurrence et la zone de chalandise sont pris en compte.

    Dans la pratique, le bon fonctionnement d'un commerces de ce type est assuré par la présence d’une population de 4000 à 5000 habitants. Le compte est vite fait : ces commerces sont destinés à desservir une population de 20.000 à 25.0000 personnes, alors que la population Nandrinoise n’en compte que 5.700.

    C’est donc en prévision d’une forte augmentation de la densité de population à Nandrin que certains de ces commerces ce sont implantés sur notre territoire, et la GARANTIE de cette forte augmentation A ETE APPORTEE par les pouvoirs publics, et notamment PAR LA MAJORITE ACTUELLE qui a activement travaillé à l’élaboration du Schéma de Développement Territorial (SDT) avant d’imposer son adoption (majorité contre opposition) lors du conseil communal de février 2014.

    En effet, les options retenues par ce SDT pour le futur de la commune permettent une augmentation de la population allant jusque 40.000 personnes à Nandrin avec des densités s’étalant de 15 à 60 habitations à l’hectare. Une zone commerciale a été prévue le long de la RN63, et il nous a bien été précisé lors de ce conseil qu’il faudra densifier la commune pour permettre la survie de ces commerces.

    Alors comme le signale l’Echevine, « la multiplication de commerces de même type sur la route du Condroz pose effectivement question ». Cependant, n’aurait-il pas été préférable de se poser ces questions AVANT d’adopter un Schéma de Développement Territorial (SDT) laissant miroiter la rentabilité de tels investissements ?

    Et d’une façon plus philosophique il y aurait lieu de se demander si l’implantation préliminaire de commerce dans une zone déterminée peut être considérée comme étant un outil acceptable de planification de l’aménagement du territoire, ou si au contraire leur rôle devrait se limiter à desservir la population en accompagnant ses évolutions naturelles ?

    En attendant, cette situation risque de conduire à l’effet inverse à celui escompté initialement. Le fonctionnement de ces commerces en deçà de leur seuil de rentabilité optimal risque de conduire au maintien ou à la hausse des prix des biens qui y sont vendus, ce qui ‘in fine’ pourrait rendre la commune moins attractive pour les nouveaux habitants. Cette situation risque également de conduire à l'apparition de chancres commerciaux sur lesquels la commune n'aura aucune emprise.

    Au-delà de ces problèmes connexes, c’est la question des options prises par cette majorité au niveau de l’Aménagement du Territoire qui doivent être pointées du doigt, et nul doute que des alternatives à cette politique seront proposées en 2018 lors des prochaines élections communales.

    Bogdan PIOTROWSKI
    Conseiller communal du groupe "Pour NANDRIN"

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