Nandrin Des croisillons cachent les plaques commémoratives,Tony Evelette et des Nandrinois s’en offusquent

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Monument St S.JPG

Tony Evelette, président des associations patriotiques, et des Nandrinois s’en offusquent.

Depuis quelques jours, les plaques commémoratives de la guerre 14-18 et 40-45 installées sur la façade de l’ancienne école et maison communale de Saint-Séverin, rue d’Engihoul, sont cachées.

Le propriétaire actuel du bâtiment a installé des croisillons de la surface des plaques, garnis de fleurs. Du côté des anciens combattants, c’est la consternation Rue d’Engihoul, à Saint-Séverin, deux plaques commémoratives des deux Guerres mondiales 1914- 1918 et 1940-1945 ceinturent la porte d’entrée de l’ancienne école et administration communale de Saint-Séverin.

De taille imposante, elles comprennent la gravure en relief d’un lion et l’inscription « Gloire et honneur à nos vaillants défenseurs », suivis des noms des morts pour la patrie, des survivants et des déportés politiques.

Le bâtiment a été revendu à un particulier après la fusion des communes. Depuis quelques années, un nouveau monument aux morts surplombé par le drapeau national a été installé à deux pas de la salle communale de SaintSéverin, pour une question de sécurité (la maison comportant les fameuses plaques étant située le long de la route).

Des croisillons en bois, ornés de fleurs de la taille des plaques viennent d’être installés sur l’ancienne école, réduisant grandement la visibilité des inscriptions. « Cela fait trois semaines que les plaques de la maison en face de l’étang ont été recouvertes, on s’en est aperçu quelques jours plus tard.

Un riverain, le fils d’un prisonnier de guerre et un porte-drapeau des prisonniers de guerre de Saint-Séverin m’ont appelé pour me prévenir, ils trouvaient ça honteux », rapporte Tony Evelette, fondateur de Evelette Garden et président des associations patriotiques de Nandrin, de la Fédération nationale des combattants, de la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre de Nandrin, et de l’Armée secrète du Condroz.

Le patriarche partage cette opinion.

« Je suis choqué. Pour moi, ça ne se fait pas.

Quand on achète un bâtiment avec des plaques commémoratives, on respecte.

Il faut que les plaques restent lisibles car elles comportent les noms des personnes du coin qui ont disparu à la guerre, contrairement au nouveau monument », estime le Nandrinois de 75,5 ans. Le propriétaire de l’habitation incriminée (qui a racheté la maison il y a 25 ans) ne souhaite pas réagir, signalant simplement l’existence du nouveau monument aux morts.

tony.JPG« J’ai fait part de la situation au bourgmestre, signale Tony Evelette.

Lors de la commémoration du 8 mai, nous avons fait le tour des monuments aux morts de la commune, et il a été dans notre sens. »

Article de ANNICK GOVAERS source Sudinfo http://journal.lameuse.be/

 

 

 

 

 

mlmoai ag.JPGLe bourgmestre

 

« J’ai envoyé un e-mail aux propriétaires »

Du côté du bourgmestre, on confirme qu’on est au courant de la problématique.

Les propriétaires du bien ont-ils le droit de dissimuler les plaques commémoratives inté- grées à leur façade ?

«A ma connaissance, il n’est pas prévu dans l’acte de vente que les plaques commémoratives doivent rester visibles, bien qu’il existe une servitude.

La question était déjà venue à l’ordre du jour il y a une dizaine d’années. Suite au coût important que le retrait des plaques engendrait, le risque de les abîmer, et la remise en état de la façade (l’équivalent d’une dizaine de milliers d’euros), il a été décidé à l’époque d’aménager un nouveau monument aux morts, sous forme d’un rocher et d’une stèle (ne comportant pas tous les noms) à côté de la salle Saint-Séverin.

L’emplacement était plus approprié, pour ne plus se réunir au bord de la route et être plus proche de l’école.

On ne fleurit donc plus les plaques commémoratives de la maison en question », commente Michel Lemmens, bourgmestre socialiste de Nandrin.

La pose de croisillons devant les plaques commémoratives le choque-t-il ?

« Cela ne me choque pas nécessairement mais j’ai été interpellé à ce sujet par quelques personnes.

J’ai envoyé un e-mail aux propriétaires pour les avertir que leurs installations ne sont pas illégales mais suscitent un émoi dans la population. Je ne peux guère faire plus. »

- A.G.

Commentaires

  • Le devoir de mémoire n’a pas de prix !

    En début de législature, il y a deux ans déjà, le groupe « Pour Nandrin » avait interpelé, en séance du conseil communal, les autorités communales afin d’attirer leur attention sur la nécessité de déplacer les deux plaques commémoratives du monument aux Morts de 14-18 et 39-45, apposées sur les murs de l’ancienne administration communale de Saint-Séverin, devenue habitation privée) sur un des pignons de la salle communale.

    Dans le même ordre d’idée, « Pour Nandrin » s’était ému de ce qu’il adviendrait de l’ange en bronze qui coiffait le monument aux Morts de Nandrin, lequel s’était cassé en tombant au sol, par suite de sa vétusté.

    Déjà à l’époque, pour le monument de Saint-Séverin, la réponse du bourgmestre M. Lemmens avait été identique à celle formulée dans la Meuse Huy-Waremme de ce mardi 24 mai 2016 : « suite au coût important que le retrait des plaques engendrerait, le risque de les abîmer et la remise en état de la façade (l’équivalent d’une dizaine de milliers d’euros), il n’était pas possible d’envisager leur transfert.

    Quant au monument de Nandrin, nos responsables politiques locaux avaient préféré, en lieu et place de l’ange guerrier, de le coiffer d’un couvre-chef de type tôle métallique dont on chercherait en vain une symbolique particulière avec toute forme de commémoration.

    Ainsi donc, le bourgmestre M. Lemmens, interpelé à nouveau, le 8 mai, lors de la journée commémorative de la fin de la seconde guerre mondiale et de la libération des camps, cette fois-ci par le président de l’association des associations patriotiques de Nandrin, a décidé de réagir … en envoyant « un e-mail aux propriétaires ».

    On croit rêver quand on lit une telle déclaration émanant du premier magistrat de la commune.

    Non seulement, il avoue une certaine forme d’impuissance à agir (financièrement ou autrement ?) mais il se plaît à confier à la population que « CELA NE ME CHOQUE PAS nécessairement mais j’ai été interpellé par quelques personnes… ».

    Honteux !

    Quand il déclare encore « qu’il n’est pas prévu que les plaques commémoratives doivent rester visibles, bien qu’il existe une servitude », on ne peut que s’interroger sur celle-ci et se demander à quoi elle servirait ?

    Irresponsable !


    Chères Concitoyennes, chers Concitoyens,

    Ce qui choque d’abord « Pour Nandrin » et offusquent bon nombre d’entre vous, c’est que ledit bourgmestre, qui est la plus haute autorité politique de la commune comme il aime le rappeler, « ne soit pas lui, choqué … nécessairement ».

    Ce qui choque ensuite « Pour Nandrin », c’est que ledit bourgmestre ne soit pas interpelé par lui-même en sa qualité de premier responsable et gestionnaire de Nandrin.

    Ce qui choque enfin « Pour Nandrin », c’est que ledit bourgmestre n’ait pas pris la mesure ou conscience qu’il est, aux yeux des plus jeunes comme des adultes et de ses concitoyens, le gardien et le garant du respect du Souvenir et de la Mémoire au sein de l’entité communale.

    « Quand on achète un bâtiment avec des plaques commémoratives, on respecte », déclare le président des associations patriotiques, lui aussi choqué.

    Mais demain, Monsieur le Président, comment voulez-vous poursuivre votre louable, bénévole et nécessaire mission d’inculquer à la jeunesse et à tous ces enfants des trois écoles fondamentales de Nandrin, la citoyenneté et le sens civique si l’exemple ne vient pas d’en haut, si celui qui est censé représenter et incarner ces valeurs exemplaires, ne les promeut pas avec la volonté et le pouvoir qui peut et doit être le sien !

    « Pour Nandrin » est plus qu’offusqué : ses trois conseillers communaux sont outrés et affligés d’une telle réaction et d’un tel désaveu citoyen.

    Car en imaginant qu’il faudrait « une bonne dizaine de milliers d’euros » pour rénover la façade et éventuellement quelques autres milliers pour déplacer et réparer les plaques abîmées, cela ne représentera jamais que 2 à 3 euros par Nandrinois (X 5.800 habitants) ?

    Est-ce trop coûteux et inenvisageable pour un budget en équilibre de plus de 6.000.000 d’euros annuels et au moment même où ce bourgmestre entraîne sa majorité (par 8 oui et 9 abstentions !) dans le projet mégalomane de la construction d’une nouvelle administration/CPAS de 2.000.000 d’euros dont un nouvel emprunt de 1.000.000 d’euros, n‘est-ce pas tout simplement scandaleux de tenir un tel langage ?

    Comment comprendre encore que l’on vient de dépenser des montants non négligeables pour apposer le long des routes, des panneaux de style « Traversées nocturnes des batraciens » et « Fauchage tardif » et qu’on refuse d’envisager de consacrer quelques milliers d’euros pour celles et ceux qui ont donné leur vie pour la Patrie ?

    Les grenouilles oui, les « poilus » de 14-18 et les combattants et résistants de 39-45, NON !

    « Fauchage tardif », dites-vous ???


    Monsieur le Bourgmestre Lemmens,

    Les fils/filles, petit(e)s-fils/filles et arrière petit(e)s-fils/filles de ces héros, enfants de la patrie et les Nandrinois tout simplement n’ont pas besoin de vos lamentations (« je ne sais guère faire plus ») ni de vos états d’âme (« cela ne me choque pas »).

    Ils ne satisfont pas ou plus de vos larmes et de vos gémissements habituels car il y a longtemps que, eux, ne pleurent leurs chers disparus, certains ne les ayant d’ailleurs pas connus.

    Ce dont ils ont besoin à jamais, eux et leurs familles et tout citoyen, Monsieur le Bourgmestre Lemmens, c’est du « poids du Souvenir et du choc de la Mémoire », de ce respect que l’on doit, de toutes les manières et en tout temps, à tout défunt, plus encore à celui qui a donné sa vie pour notre liberté, pour la vôtre, pour notre dignité, pour la vôtre et pour notre indépendance à tous.

    Et si cela doit coûter à la collectivité communale, cela coûtera 15.000 euros peut-être mais jamais plus un enfant, un écolier de Nandrin ne pourra demander à ses parents :

    Dites-moi, pourquoi, à Nandrin, cache-t-on le nom de ceux qui sont morts pour que je vive aujourd’hui ?

    Comme l’a rappelé notre conseiller communal Marc Evrard, historien de formation, lors de son intervention au conseil, le « devoir de mémoire désigne un devoir moral attribué à des Etats (et la puissance publique est représentée, au premier chef, dans la commune, par le bourgmestre) d’entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de la population. Il rappelle et célèbre le sacrifice de leurs martyrs et de leurs héros ».

    Et ce devoir, Monsieur le Bourgmestre, N’a PAS de prix et N’en aura JAMAIS.

    C’est pourquoi, il est plus que temps de s’en SOUVENIR et d’AGIR.

    PNa

    http://pour-nandrin.skynetblogs.be/archive/2016/05/24/press-en-bref-n-09-16-8610854.html

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