Un Nandrinois a fabriqué un avion en… bois

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La réplique exacte du Fokker du Baron rouge

Il a de l’or dans les mains,Michel Keysers.
Prof de menuiserie, le Nandrinois réalise des maquettes en bois grandeur nature. 
La dernière en date ?
Celle du triplan rouge du célèbre aviateur allemand Manfred von Richthofen, surnommé le Baron rouge pour ses exploits durant la Première Guerre mondiale.
 
C’est dans le hangar de ses beaux-parents que Michel Keysers, 52ans, s’adonne à sa passion : les maquettes grandeur nature en bois.
 Tout a commencé par un défi.
«Je suis un amateur de F1 et on m’avait dit qu’il était impossible de reproduire une monoplace. 
Comme je suis menuisier, je me suis mis au travail… »
 Avec succès.
C’est d’ailleurs lors d’une des très nombreuses expositions de sa maquette rouge que le Nandrinois s’est lié d’amitié avec un exposant qui lui a soufflé l’idée d’un avion.
«Un avion, c’est très grand alors je n’étais pas très chaud. 
Il m’a alors parlé du triplan mythique d’un aviateur allemand pendant la guerre. 
Un Fokker Dr.I a par définition trois ailes et est plus petit, donc plus facile à reproduire », nous explique Michel Keysers. 
Un modèle qui a tout de même nécessité 2.000 heures de travail ! 
«Je l’ai construit en 2004-2005. » Le petit bijou est la réplique exacte de l’avion de chasse du Baron rouge,une légende de l’aviation allemande en 14-18 qui a abattu pas moins de 80 avions ennemis.
«Manfred von Richthofen est un personnage charismatique qui me plaît car on raconte qu’il ciblait les avions, pas les pilotes. »
 
2.000 H DE TAVAIL
 
Michel Keysers a mis un point d’orgue à reproduire l’engin le plus fidèlement possible. 
«Je me suis basé sur une petite maquette dont j’ai multiplié les dimensions pour obtenir la taille réelle de l’avion. 
J’ai aussi utilisé des photos (du moteur notamment).  
J’ai dessiné des plans et fabriqué les pièces une à une en fonction. » 
Le tout en bois, en ayous (un bois exotique) et en MDF (des planches qu’il a amincies pour le recouvrement des ailes). 
2m3 de matières premières ont été nécessaires, l’équivalent de 2.000 euros environ.
Même le moteur et les deux mitrailleuses sont en bois.
 «Les Allemands ont adopté le système français permettant de tirer à travers l’hélice et donc facilitant la visée.
Le moteur rotatif tourne en même temps que l’hélice. 
Les reproduire a demandé beaucoup de travail », confie-t-il. 
Une fois terminé, le Fokker Dr.I du Nandrinois mesure 7m20 d’envergure, 6m50 de long et 3 mètres de haut. 
Ne restait plus qu’à le peindre. «Ça m’a pris un hiver. 
Je faisais ça à la cave, au rouleau.
 J’ai utilisé des produits de carrosserie. »
 Le résultat est épatant.
D’ailleurs, le public s’est laissé prendre.
 «Quand j’ai exposé mon avion à Fraiture, les gens se demandaient comment j’avais pu atterrir sur la place du village », rigole-t-il. 
Quelque 500 enfants se sont fait prendre en photo aux commandes de l’avion lors des 20 ans de Liège Airport. 
A présent démonté,que va devenir le Fokker nandrinois ?
 «Il va servir pour une expo sur la guerre 1914-1918 à l’école polytechnique de Seraing.
Après, je pourrais le vendre si je sais qu’il sera exposé. »
 
Article de ANNICK GOVAERS  dans le journal La Meuse de H-W du 14 août 2014
 

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AUTRE MAQUETTE
 
Une monoplace rouge dédicacé par 25 pilotes
 
Le 1er succès de Michel Keysers est une monoplace rouge qu’il a fabriquée en 2001. 
Très médiatisée à l’époque, sa voiture grandeur nature (5 m de long sur 2m de large) et en bois, a fait le tour du pays. 
«Elle était au Grand Prix de Francorchamps en 2001 et a été dédicacée par 25 pilotes, dont Fernando Alonso, Kimi Räikkönen, Michael Schumacher, Alain Prost... Un truc de fou !
 C’est avec ce dernier que j’ai vraiment parlé. 
Il croyait que c’était une vraie ! », raconte fièrement le Nandrinois qui a mis 700 heures pour la réaliser.
 «C’est un mélange entre une Ferrari et une McLaren car Ferrari n’avait pas donné son autorisation au départ, ce qu’elle a regretté par la suite. »
 Un vrai siège a été posé à l’intérieur pour que le public puisse prendre place au volant.
 C’est cette maquette qui a poussé le Nandrinois vers l’enseignement. 
«Tout le monde m’a encouragé à transmettre mon savoir-faire.
 Je suis devenu professeur de menuiserie à l’école polytechnique de Seraing la même année. »
Aujourd’hui, Michel Keysers ne possède plus la voiture. 
«Je l’ai échangée contre une vraie Lotus. » 
 
Article A.G. dans le journal La Meuse H-W le 14 août 2014
 
Il va sortir son second roman
 
Michel Keysers ne s’est pas (encore) lancé dans une nouvelle maquette.
 «Je n’ai pas d’idée pour le moment. 
Je me consacre à 100% à mes élèves qui ont entre 14 et 20 ans.
 Je parviens à transmettre la passion à certains d’entre eux et à leur rendre l’estime de soi. » 
Michel Keysers est un adepte de la psychologie positive. Il a d’ailleurs écrit un roman édité en 2005 « La grotte du grand diamant ». 
La suite « Mystérieuse Afrique nous voilà » va prochainement être éditée, elle met en scène le célèbre triplan rouge. 
 
AG
 
 

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