Pénurie de médecins dans le Condroz et à Nandrin ?

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1856886690.9.jpgL’Inami vient d’officialiser les zones à faible densité de médecins généralistes.
 C’est-à-dire les endroits qui courent le plus grand risque de connaître une pénurie de médecins.
 
Chez nous, la situation est alarmante dans tout le Condroz mais également à Huy. Marchin, Modave posent particulièrement problème. 
Malgré des chiffres rassurants, les médecins hesbignons restent vigilants.
 Ils savent que d’ici quelques années, ils risquent eux aussi d’être en sous-effectifs.
 
Huit de nos communes sont répertoriées par l’Inami comme des zones à faible densité de médecins généralistes. 
 
Il s’agit de Huy, Anthisnes, Clavier, Marchin, Modave, Nandrin, Ouffet et Tinlot. 
Le Condroz et la cité mosane pourraient donc connaître une pénurie médicale si la situation ne s’améliore pas.
 
Le cas de Marchin est particulièrement préoccupant. 
«Nous ne sommes plus que trois médecins dont un ne fait plus de garde. 
Nous avons dû fusionner avec les médecins du Condroz pour les rôles de garde car on était vraiment débordé ! L’inconvénient : le secteur à couvrir (Marchin-Ocquier) est vaste », explique le Dr Camus.
 
 Si Ferrières et Hamoir ne sont pas citées par l’Inami, leurs médecins tirent néanmoins la sonnette d’alarme.
 
«Comme nous n’appartenons pas à un cercle de médecins, nous n’avons pas été repris dans l’étude. Pourtant, nous sommes aussi mal lotis qu’ailleurs dans le Condroz. 
 
Quand nous avons voulu remplacer un médecin parti en France, nous n’avons trouvé personne ! 
Le problème, c’est qu’à l’université, on ne voit que par l’hôpital. 
Et ce ne sont pas les primes à l’installation qui vont attirer les jeunes candidats à la campagne », lâche le Ferrusien Pierre Godet. 
 
«C’est vrai que la médecine généraliste n’est pas assez mise en avant à l’université », abonde le Dr hutois Philippe Demarneffe, 29 ans.
Le désamour des jeunes et l’âge de plus en avancé des médecins installés expliquent la pénurie des généralistes.
 
Les gardes de nuit et de week-ends sont très lourdes. 
Les rotations entre médecins sont trop rapprochées.
 «La féminisation de la médecine, sans machisme aucun, est un autre facteur. Les femmes travaillent moins », ajoute Philippe Demarneffe. 
 
«Et quand le stagiaire voit les énormes journées de travail de son maître de stage, il a envie d’une autre vie… », glisse Dr François, de Marchin. Résultat, les médecins trinquent.
 «Je connais plusieurs confrères qui ont fait un burn-out », confie le Dr François.
Sans relève, notre arrondissement, comme d’autres, risque de se retrouver sans médecin ! 
 
«Le problème se pose partout, à terme. 
Pour le moment, nous nous en sortons bien à Verlaine et Villers-le-Bouillet mais d’ici 7-8 ans, ce ne sera sans doute plus le cas », estime Pierre Pogorzelski.
Même son de cloche à Waremme où, comme à Vinalmont par exemple, on a créé un poste médical de garde en juin 2013 pour soulager les médecins.
«Une solution serait de supprimer les quotas à la base… », glisse le Dr Valérie Gonthier, de Huy.
Hannut n’a pas encore franchi le cap du poste médical de garde.
«On est toujours à l’ancien système car nous sommes assez nombreux pour le faire et nous avons la chance d’avoir un médecin de 67 ans venu de Flandre qui ne fait que les gardes.
Néanmoins, depuis mon installation il y a 18 ans, il n’y a pas un médecin de plus à Hannut. 
L’avenir est donc inquiétant », conclut le Dr Philippe Cartilier. 
 
Article de ANNICK GOVAERS dans le journal La Meuse H-W du 17 juin 2014 

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