Nandrin Saint-Séverin « Nous vivons dans une étable à ciel ouvert »

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L’affaire pourrit depuis plusieurs années.
 Elle oppose des habitants de la rue du Moulin de Falogne et le fermier qui a placé ses vaches en face de chez eux.
Le problème : le champ est souvent inondé et donc boueux. 
Alors les passages répétés du tracteur finissent par encrasser la voirie.
La rue du Moulin de Falogne est un cul-de-sac. 
Pas beaucoup de trafic, donc, si ce n’est la vingtaine d’habitants et l’agriculteur qui vient nourrir et soigner ses bêtes.
 Ce calme apparent cache pourtant son lot d’énervement et d’incompréhension.
 Les riverains se plaignent du manque d’égards du fermier. 
« Tous les deux jours, il entre dans son terrain avec son tracteur. 
Le souci, c’est que le ruisseau de Falogne coule dans son champ. 
Il draine toutes les eaux de Saint-Séverin. 
Dès qu’il y a un orage,le champ est inondé et les vaches pataugent et s’enfoncent dans la boue.
Du coup, le tracteur dépose de la crasse partout sur la route », déplore Jacques Daubenton, 68 ans, porte-parole des riverains concernés.
Le champ se situe du côté gauche de la rue, juste en face des villas.
 Le fermier n’a d’autre choix que d’emprunter la rue du Moulin de Falogne pour accéder à ses vaches. 
«Il ne nettoie jamais la chaussée, ce qui nous semblerait être du bon sens. Sans compter le tas de fumier qu’il met tout près de la route et l’étable qu’il n’a jamais finie et qui elle aussi trop proche de la route. 
Il ne fait aucun effort, nous vivons dans une étable à ciel ouvert », reproche Maggie Lenaerts, 55 ans.
N’est-ce pas le propre de la vie à la campagne ? 
«Quand c’est toute l’année, non, répond Lucien Moreau, 70 ans, un autre riverain. 
On veut bien comprendre que ce soit sale à certaines périodes, quand les fermiers ont plein de boulot. 
Mais ici, il ne rentre pas ses vaches en hiver alors les nuisances, c’est 365 jours par an... En plus, il n’est jamais venu nous trouver pour discuter de la situation.
» «Il trouve ça normal, les odeurs et la saleté. 
C’est un monsieur désagréable qui se croit tout permis. 
Je suis désolée mais il y a des règles à respecter et elles sont valables pour tout le monde », ajoute Anne-Marie Nihoul, 69 ans.
D’après les riverains, les problèmes ont commencé il y a huit ans, quand le fermier (qui habite à Neuville-en-Condroz) a installé ses vaches Salers en face des habitations de la rue du Moulin de Falogne.
«Il a alors abattu les arbres de son terrain, mais quand il a commencé à dessoucher le long du ruisseau, nous sommes intervenus auprès des autorités pour éviter l’érosion de la berge. 
Cela a marché.
 Sans doute nous en veut-il depuis », suppose Roger Croughs, 68 ans, qui espère que l’agriculteur se conformera à la prochaine obligation de clôturer les cours d’eau (pour éviter que les vaches s’y abreuvent). 
Si les riverains sont remontés contre le fermier, ils le sont tout autant contre la commune de Nandrin.
«On ne se sent pas écouté, c’est pourquoi on a créé une page Facebook « Ou il faisait bon vivre » (sic) », indique Bernadette Mathieu. 
Notons que l’administration communale est actuellement en justice contre l’agriculteur neupréen.
«L’échevin est allé le trouver. 
Depuis, il a rapproché les mangeoires de l’entrée. Pour le reste, rien n’a changé. » 
Article de ANNICK GOVAERS dans le journal du 13 mars 2014
 
LA COMMUNE « On est en justice »
 
Ces tensions, les autorités communales les connaissent bien, elles durent depuis longtemps.
 «Un voisinage qui ne vit pas comme vous pose souvent problème, à la campagne comme en ville. 
Je comprends la contrariété de nos citoyens, mais nous vivons aussi à la campagne. 
Je suis un homme de dialogue et je souhaite trouver une solution par le dialogue.
 Vu le sac de noeuds, cela ne va pas s’arranger d’un coup de baguette magique.
Ce sera sans doute lent, mais je reste volontaire », déclare l’échevin nandrinois Henri Dehareng.
La commune connaît pour sa part un contentieux juridique avec cet agriculteur.
Le litige porte notamment sur un permis de bâtir (celui de l’étable).
Le bourgmestre Michel Lemmens reste évasif : «L’affaire est à l’instruction, je ne peux rien dire.
 Une médiation est en cours au tribunal de première instance. 
C’est un litige long et difficile qui comporte plusieurs volets. 
L’état de la route est un élément du dossier.
Les problèmes d’urbanisme ne sont jamais simples. »
 Pourquoi ne pas passer la balayeuse ? 
«Ce n’est pas à nous de le faire.
 Il faut que l’agriculteur comprenne qu’on n’est pas au Far West. » 
 
LE FERMIER
 
« Sans conflit,l’étable serait déjà finie »
 
Nous avons réussi à joindre l’agriculteur mis en cause, Benoît Dieudonné.
« On est en conflit avec la commune depuis 4-5 ans.
 Je préfère attendre le jugement du tribunal pour me prononcer », nous a-t-il répondu. 
Néanmoins, il confirme la problématique soulevée par les riverains.
« Vous avez vu l’état du terrain où vivent mes vaches ?
 Je n’ai pas le choix, si les riverains et la commune ne m’avaient pas mis des bâtons dans les roues, l’étable serait déjà finie et il n’y aurait pas de soucis. »
 Le fermier pointe un tuyau défectueux de la commune, aujourd’hui réparé. 
 

Commentaires

  • punaise, vive la campagne, c'est le nom de ma rue...

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