Nandrin une soirée pour payer une pierre tombale à William

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Une pierre tombale en forme de coeur, pour leur « Arnaquecoeur ». 
Voilà le souhait de la famille de William Vandervoort. Ce Nandrinois de 14 ans a mis fin à ses jours le 25 juin dernier, en apprenant qu’il n’avait pas réussi son année scolaire.
 Une soirée publique « Stop au suicide » est programmée le 8 mars prochain, au Centre Nobel de Tihange.
 
Avancer. Tel est le mot d’ordre de Christina, la maman de William.
Et pour elle, le deuil passe par le combat. «Je respecte le choix de William, je ne le condamne pas.
Mais je souffre tellement que je ne veux pas que ça se reproduise dans d’autres familles, que des jeunes se suicident parce qu’ils se sentent seuls. 
Je n’ai pas vu que William allait mal... On ne peut pas partir à 14 ans, ce n’est pas normal, confie-telle tristement. Si j’organise cette soirée, c’est pour faire passer un message : « Stop au suicide ».
 On est en train de confectionner des t-shirts avec ce slogan accompagné d’un coeur, pour notre « Arnarquecoeur ». 
D’où vient ce surnom ?
«C’est William qui l’a inventé, le jour où il s’est inscrit sur Facebook.
 Il m’a dit en blaguant : « Maman, je suis tellement beau que je vais arnaquer le coeur de toutes les filles. 
Toi, c’est déjà fait », parce que je cédais volontiers à ses caprices », sourit-elle.
Le coeur est donc devenu le symbole du souvenir.
 Il se retrouve partout : sur les t-shirts de la soirée, donc, sur les gaufres confectionnées « maison » par Christina (le tout destiné à financer la pierre tombale de William) mais aussi sur cette fameuse pierre tombale que tous espèrent. 
«On aimerait qu’elle soit en forme de coeur, pour lui rendre hommage.
 Voir la tombe tout nue, sans inscription, ça me déchire le coeur. 
Ça me fait mal d’aller au cimetière de Nandrin. 
Il était si fier, il n’aurait pas voulu voir ça. »
Un souhait qui a un coût (3.800 euros) inaccessible pour la famille Vandervoort. 
«Ce sont ses amis qui ont eu l’idée de la soirée, raconte la maman de William. 
Mon mari n’est pas trop d’accord car il n’a pas encore accepté le suicide de notre enfant. Mais moi, je pense que cela va m’aider. 
Il ne faut pas rester seul.
Et puis, si on arrive à récolter la moitié de la somme de la tombe, ce serait déjà formidable. »
La mobilisation est forte. 118 personnes se sont d’ores et déjà inscrites à la soirée, programmée le 8 mars prochain, au Centre Nobel de Tihange (Huy).
 Les amis de William sont aussi toujours actifs sur la page Facebook créée au lendemain de la mort de l’adolescent.
«On reçoit toujours beaucoup de soutien. Les gens souffrent toujours, tout comme moi.
 C’est pourquoi il est important d’en parler », confirme Christina, aide-soignante à la Résidence Les Floricots de Tihange et qui remercie d’ailleurs ses collègues de l’avoir épaulée dans cette épreuve.
La soirée ne risque-t-elle pas de finir dans les larmes ? «Le but n’est pas de pleurer car William était un garçon très joyeux. 
C’est pourquoi je veux que ce soit une soirée avec de l’animation.
 Il y aura notamment le DJ nandrinois Charl-X, un groupe de filles qui dansent à l’opéra de Liège, le rappeur K.C.D..
Une amie de William chantera aussi en solo.» Des personnalités pourraient faire le déplacement pour William. Maître Gims («dont le père est le meilleur ami de l’oncle de William »), notamment, mais aussi des joueurs du Standard de Liège. 
«Ils doivent encore confirmer leur venue. » 
 
Article de ANNICK GOVAERS dans le journal La Meuse de H-W du 25 janvier 2014
 
NOTER La soirée est publique. L’entrée est fixée à 5 euros. 
Pour avoir des infos et/ou pour commander des gaufres (15 pour 5 €),
contactez Christina Mbuaya sur Facebook.
 
« Oui, j’irai voir les images de son suicide »
 
Quid de l’enquête ? Le suicide de l’adolescent nandrinois est-il vraiment en rapport avec ses échecs scolaires ? 
«La police n’a rien trouvé de concret dans la famille ou chez les amis. 
L’enquête sera bientôt classée », indique Christina Mbuaya qui ira lire le dossier le mois prochain.
«Je veux voir les images qu’il a prises pendant qu’il mettait fin à ses jours. 
Ça sera dur, je le sais, mais je pense que cela va m’aider à accepter qu’il est parti pour de bon, qu’il ne va jamais revenir...».
 
« Depuis que j’ai scié la branche, je vais mieux »
 
Sept mois après la tragédie qui a ébranlé sa famille (les parents et les frères de William), Christina Mbuaya se sent «vidée ». 
«Je suis là sans être là.
 Ce vendredi, j’ai regardé les cassettes de l’enterrement de William.
 Je me suis rendue compte que j’avais loupé plein de choses : la chorale etc. 
Je n’en avais aucun souvenir.
Quant à notre famille, le papa et le grand frère de William ne veulent pas qu’on parle de lui... »
L’été dernier, Jules, le papa, nous avait confié vouloir abattre l’arbre auquel son fils s’était pendu.
 «Il nous faut l’autorisation de la commune mais je n’ai pas encore écrit.
Par contre, j’ai coupé la branche un jour où j’étais pleine de rage.
 Ça m’a pris une heure et c’était avec les moyens du bord.
 Mais depuis, je vais mieux », confie Christina. 
 
 
 

Commentaires

  • Les Nandrinois seront la pour vous ;) vivement le 8 mars

    je serais là avec Charl-x :)

  • perdre un enfant est une tragédie, nous c'était un gendre qui s'est suicidé et cela restera marqué à jamais jusqu'à la fin de nos jours, très bonne initiative pour montrer aux jeunes qu'il faut vivre et que rien ne vaut une vie...

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