La Stoumontoise Marie-Anne Quiriny publie un roman historique (21/12/2020)

5 octobre 1819. Le facteur apprend à Clotilde, jeune institutrice liégeoise chargée d’enseigner comme elle peut aux jeunes sourds à Liège, l’existence d’un gamin caché à Stoumont. Objet de honte et de mépris, il vit recroquevillé sous la table et mangeant à même le sol, tel un porcelet. Clotilde décide d’aller le chercher, à pied, faute d’argent, pour le ramener à l’école de Monsieur Pouplin, un ancien militaire français, et lui donner les clés pour se scolariser. L’enseignement aux sourds et aux aveugles n’en est encore qu’à ses balbutiements. Le braille ou la langue des signes n’ont pas encore été inventés.

L’enseignante part avec son baluchon chercher le petit. Un périple qui permet à Marie-Anne Quiriny de raconter nos contrées quatre ans après Waterloo. Avec les loups qui menacent les attardés, des campagnards parfois rustres... Après avoir acheté le droit d’emmener le petit, la Liégeoise revient, en diligence cette fois, vers Verviers et ses usines textiles en pleine expansion, puis l’octroi de la Grappe, les prés du bocage hervien… Arrivée à Liège, elle entreprend alors de donner une solide éducation au gamin, appliquant ce principe alors neuf : « On ne cache pas les sourds, on les éduque ».

À travers ce récit retraçant les débuts de l’école liégeoise scolarisant les malentendants et les déficients visuels, Marie-Anne Quiriny rend un bel hommage à Jean-Baptiste Pouplin et à ses collaborateurs, précurseurs du langage gestuel et parmi les pionniers du Braille. Un récit coloré et bien documenté, fleurant bon les terroirs traversés, qui est aussi un émouvant témoignage sur la générosité et l’ingéniosité de ceux qui voulaient donner leur chance à tous.

Marie-Anne Quiriny, Clotilde et Louis, éditions Dricot, 14,50€

 

Par Y.B.

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16:35 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |