C’est l’une des recommandations des États généraux de la sécurité routière,d'Intensifier les zones 20 et 30 en Wallonie (04/12/2020)

L’objectif est fixé et clair : un maximum de 100 tués par an sur les routes wallonnes à l’horizon 2030, contre 311 en 2019. Il faudra faire des efforts pour y arriver. Les États généraux wallons viennent d’émettre une série de recommandations. 
 
« C’est l’équilibre entre la prévention et les contrôles, tout en regardant comment faire évoluer les mentalités », résume la ministre wallonne, Valérie De Bue, en clôture des États généraux de la sécurité routière de ce 1 er décembre. Six groupes de travail, constitués d’experts, ont émis une série de recommandations.
 
 
L’un des thèmes abordés était la conduite en agglomération. Ils préconisent « d’intensifier la mise en zone 30 ou 20 de quartiers ou de larges zones dans les villes et communes de Wallonie ».
 
L’idée ne risque pas de faire bondir de joie tous les Wallons. Afin de préparer les États généraux, une consultation citoyenne a permis à près de 10.000 Wallons de donner leur avis sur une série de propositions. La multiplication des zones 30 n’obtient que 34 % d’adhésion alors que 78 % des sondés sont favorables à un test de drogue après un accident.
 
 
« Le terme « multiplication » a dû faire peur à beaucoup. Par le passé, nous avions déjà posé plusieurs fois la question avec des taux d’adhésion plus élevés, mais sans jamais dépasser les 50 %.
 
Ce sera clairement un défi d’augmenter l’adhésion », reconnaît Yvan Casteels, président du groupe de travail « Sécurité en agglomération ».
 
Il plaide pour une multiplication réaliste de telles zones. Les gestionnaires de voiries doivent être en mesure d’identifier d’une part les zones où la vitesse peut être abaissée et d’autre part les axes du réseau principal où la vitesse doit rester plus élevée afin de permettre une mobilité plus efficace. Dès lors, il faut hiérarchiser le réseau avant d’instaurer une zone à vitesse réduite.
 
« Quand on parle de vitesse, le Belge pense p.-v. Ce n’est pas un radar qui devra faire respecter la vitesse, mais l’aménagement des infrastructures. Il doit être cohérent avec la vitesse fixée », souligne Yvan Casteels.
 
Un deuxième paquet de recommandations vise à sécuriser les déplacements des piétons et des cyclistes. L’une des pistes est de renforcer l’offre de stationnement pour les vélos et les engins de déplacement sur la chaussée afin de ne pas entraver la circulation des piétons sur les trottoirs.
 
Les engins de micromobilité ne pourraient d’ailleurs plus emprunter un trottoir.
 
Petites routes de campagne
 
Une autre solution sera de promouvoir les « chaussées à voie centrale banalisée », une expérience pilote menée en Wallonie. Cela concerne les petites routes de campagne étroites et donc pas très accueillantes pour les piétons et les cyclistes en raison des vitesses pratiquées.
 
La partie centrale réservée au trafic motorisé est encadrée par deux bandes dédiées aux modes doux. Comme la largeur de la voie centrale ne permet pas le croisement de deux véhicules, ceux-ci peuvent déborder sans mettre en danger les autres usagers. Dans la pratique, on observe une baisse de la vitesse.
 
Le principe séduit le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet, invité aux États généraux.
Son soutien est nécessaire car le code de la route, sa compétence, doit être modifié en ce sens.
 
 
Article de YANNICK HALLET
 

07:57 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |