L’objectif de 4.000 kilomètres de nouvelles haies plantés d’ici 2024. (21/11/2020)

Les 4.000 km de haies pourraient créer 250 emplois 

La ministre Céline Tellier nous détaille comment ce projet  va propulser le développement de la filière pépinière 

PROPOS RECUEILLIS
PAR GUILLAUME BARKHUYSEN
Ce vendredi, la ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier, présentera le challenge « Yes We Plant ». Un nouveau chapitre dans cette marche vers l’objectif de 4.000 kilomètres de nouvelles haies plantés d’ici 2024. Un plan qui doit permettre de développer et relocaliser une activité économique, peu connue, qui représente déjà 1.000 emplois et qui pourrait connaître une forte croissance !  

Madame la ministre, sur l’ensemble de la législature, vous vous êtes fixé l’objectif de planter 4.000 km de haies et/ou un million d’arbres. Est-ce réaliste ?
 
Oui ! Et l’un des enjeux, c’est d’avoir suffisamment de plants à disposition. Aujourd’hui, nous disposons de plants wallons, mais aussi d’autres issus de pays voisins. Mais nous constatons qu’en une dizaine d’années, nous sommes passés de 5 % à 60 % de plants issus de la production wallonne. Un mouvement intéressant s’est opéré. Très clairement, il va falloir augmenter la cadence si on veut rencontrer les objectifs.
 
Concrètement, comment développer davantage ce secteur ?
 
Actuellement, l’activité représente un millier d’emplois directs et indirects. Or, ce sont des emplois d’avenir parce qu’on sait que les enjeux en matière de nature et de biodiversité sont grandissants.
 
Le secteur est donc associé directement à notre réflexion dans le cadre d’une task force lancée avec le Collège des producteurs. C’est un groupe de travail spécifique qui a pour but de travailler sur les mécanismes de soutien en matière de production, mais aussi d’accompagnement et de formation.
 
Vous avez lancé un marché public pour fournir des haies notamment aux acteurs publics…
Celui-ci vise à fournir sur plusieurs années 1,2 million de plants d’une demi-douzaine de variétés utilisés pour faire des haies, comme de l’aubépine, du cornouiller sanguin, de l’églantier, du chêne sesille ou encore du sorbier. Des variétés adaptées au changement climatique.
 
C’est un marché européen. Il pourrait intéresser des acteurs étrangers…
 
Avec ce marché, nous sélectionnerons dix soumissionnaires. Ils doivent proposer des variétés adaptées aux conditions bioclimatiques et au terroir local. Enfin, ils devront s’approvisionner en semences au comptoir forestier du DNF à Marche-en-famenne. Des conditions qui vont très clairement intéresser les producteurs wallons.
 
Quelles seront les retombées ?
 
Le secteur a estimé que le nombre d’emplois pourrait augmenter de 25 %. Mais on travaille aussi avec les pépiniéristes pour les former à la maîtrise de ces essences qui s’adaptent davantage au changement climatique. C’est aussi une façon de renforcer le secteur et de l’aider à se diversifier. Les producteurs ont, par ailleurs, augmenté dès cette année leur production de 20 % car ils connaissent notre ambition.
 
4.000 kilomètres de haies, c’est beaucoup. Où en est-on ?
 
Jusqu’à présent, il n’y avait pas de dispositifs permettant de comptabiliser les haies plantées. Si l’on se base seulement sur les subventions accordées, 149 kilomètres de haies ont été plantés. Or, sous la précédente législature, on n’a comptabilisé que 110 kilomètres sur trois ans.
 
La demande est donc en forte hausse…
 
Et je pense que ça va encore monter fortement. Le Gouvernement ne s’est mis en place qu’en septembre 2019. Désormais, les outils de subventions, de structuration du marché ou encore les campagnes de communication sont en place.
 
Financièrement, les moments sont difficiles… N’avez-vous pas peur que cela freine vos ambitions ?
 
Pour les agriculteurs, c’est un projet qui amène un retour sur investissement, car ils peuvent valoriser les haies en y plantant de petits fruits. Pour les particuliers, on a augmenté substantiellement les subventions pour éviter, qu’avec une demande grandissante, les prix ne s’envolent. Par exemple, pour les arbres fruitiers, on a augmenté la subvention de 12 € à 25€. Et rappelons que dans le cadre de la semaine de l’arbre, ceux-ci sont distribués gratuitement.
 
25 % de croissance… Ça voudrait signifier 250 emplois créés ?
 
Oui, ce sont des chiffres estimés par la filière. Avec ce projet, on va créer des emplois accessibles au plus grand nombre dans une filière non-délocalisable et d’avenir. Nous amenons donc des opportunités économiques. J’en suis persuadée !
 
Plus d’infos sur : yesweplant.wallonie.be
 
PROPOS RECUEILLIS
PAR GUILLAUME BARKHUYSEN
 

Il a commandé 20.000 plants pour la saison 

Avec son ASBL Green Management, Stéphane Delogne est un véritable amoureux des haies. « Il y a quelques années, je travaillais pour l’ASBL Cuestas, qui est devenue le Parc naturel de Gaume. À l’époque, j’avais lancé une opération de distribution de plants qui avaient bien fonctionné », nous explique-t-il. « Quand le projet s’est arrêté, j’ai voulu continuer et j’ai lancé cette association que j’ai appelée « Green Management ». C’était en 2012. À l’époque, personne n’y croyait. On m’avait dit, tu ne mettras pas 80 mètres de haies. La deuxième année, j’ai pourtant fait planter 10 km sur une journée par 10.200 élèves. »
Tout en rappelant que les haies permettent aux pollinisateurs de se nourrir et offrent des abris à toute une série d’espèces, l’ASBL aide de façon très pratique les entreprises, les particuliers ou encore les agriculteurs qui voudraient en installer sur leur terrain.
« On fait les demandes de primes pour les gens et on introduit nous-même le dossier. Lorsqu’on obtient la promesse de prime, on commande les plants et on conseille les clients en fonction de la nature de leur sol », poursuit Stéphane Delogne. « Et toute la saison d’hiver, on plante ! »
Les « clients » de cette ASBL, dont les bénéfices sont réinvestis dans des réserves naturelles ou d’autres plantations, sont multiples. « En termes de demandeurs, c’est deux tiers des privés, un tiers agriculteur. Mais en volume, c’est 50/50, car les agriculteurs demandent logiquement davantage de haies. »
Cet hiver, Stéphane Delogne s’est lancé dans un véritable semi-marathon. Il a commandé 20.000 plants ! « En comptant toutes les distributions et les plantations, nous serons à 20 kilomètres de haies plantées à la fin de l’hiver ! »
Plus d’infos sur :greenmanagement.biz
 
 
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PAR GUILLAUME BARKHUYSEN
 
 

08:05 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |