Il manque 458 agents pour remplacer les militaires en rue (20/11/2020)

On n’a toujours pas trouvé les 1.600 personnes du projet lancé par l’ex-ministre Jan Jambon 

 
Un mois de plus. Le Conseil des ministres a décidé de prolonger la présence de 550 militaires dans les grandes villes, jusqu’au début décembre. Toujours dans le cadre de « l’opération Vigilant Guardian » (OVG), en renfort de la police fédérale. Pourtant, le gouvernement a pour ambition d’y mettre fin…  

Mais cela sous-entend que la situation (la sécurité du territoire) doit le permettre et surtout qu’il faut remplir au préalable les cadres de la fameuse « Direction de la sécurisation » (DAB), un projet de l’ex-ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA), qui date de 2017.
 
Où en est ce service qui devait compter 1.600 personnes et donc être appelé à remplacer, à terme, les militaires dans nos rues ? Les députés MR Philippe Pivin et Denis Ducarme ont interpellé la ministre de l’Intérieur à ce sujet.
« Il y a actuellement 550 militaires déployés sur notre territoire en appui aux forces de police pour des missions de sécurisation des lieux stratégiques », a répondu Annelies Verlinden (CD&V), précisant que leur nombre maximum est périodiquement déterminé par le Conseil des ministres et tenait compte « d’une capacité de réserve susceptible d’être mise en œuvre immédiatement ».
Lorsque « Vigilant Guardian » se terminera, les missions de sécurisation seront reprises par la police locale, a-t-elle expliqué, sauf pour les sites et lieux spécifiquement prévus pour la DAB ainsi que ceux déjà dévolus à la police fédérale.
Campagnes de recrutement
« En fonction de ces deux éléments, un niveau de protection adapté est déterminé pour chaque site. Défense et police sont toutes deux en mesure de le garantir », poursuit M me Verlinden. « La discussion porte sur les capacités disponibles. La DAB est désormais prête à assumer la surveillance d’un nombre important de sites. Une feuille de route a été convenue avec la Défense. Je ne peux donner plus de détails pour des raisons de sécurité. La Direction de la sécurisation compte 1.142 membres et doit encore en engager 458. La direction du personnel de la police fédérale entreprend plusieurs campagnes ciblées pour encourager ce recrutement. »
Bref, même si les cadres se remplissent, trois ans après le lancement du projet, ce n’est sans doute pas demain la veille que les militaires ne patrouilleront plus en ville. Ce qui n’est pas fait pour satisfaire la Défense, elle qui a toujours insisté sur le fait que cela pesait sur son fonctionnement et ses autres missions.
Les tentatives de transfert de soldats vers ce nouveau service n’ont pas été une franche réussite, certains sont même revenus au sein de l’armée, car ils ne le trouvaient pas suffisamment dynamique.
Rappelons que ce service doit patrouiller dans des endroits stratégiques (aéroports, gares, centrales nucléaires…) mais aussi s’occuper du transfert de détenus entre la prison et le palais de justice.
 
Article de Par DIDIER SWYSEN
 

05:45 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |