5.000 élèves étaient en quarantaine fin octobre (10/11/2020)

Julien Nicaise : « Il faut éviter les décrochages scolaires »

Cours de récréation silencieuses. Enfants à la maison. Alors que les écoles sont à l’arrêt pour 15 jours, le nouvel administrateur général de Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), le Liégeois Julien Nicaise, prend le temps de répondre à nos questions. Il a officiellement pris ses fonctions quelques heures avant l’arrivée de la crise du coronavirus.
Il n’a donc pas vécu un baptême de tout repos.  

 

« Effectivement », concède-t-il, « j’avais conscience que mes nuits seraient un peu plus courtes.
 
Toutefois, cette crise a transformé tout cela en un challenge dantesque. »
 
On ne le sait pas toujours mais vous êtes le premier employeur francophone ?
 
« 200.000 élèves et 30.000 personnes (enseignants, personnel administratif, ouvriers...). On est le premier employeur au sud du pays. Et aussi... 400.000 parents. »
 
Vous avez dû gérer les absences avec cette crise ?
 
« À tous les niveaux, chacun donne tout. Juste avant les fermetures de la fin du mois d’octobre, il y avait plus de 5.000 élèves en quarantaine et 1.500 membres du personnel absents. »
 
Comment soutenir les élèves en cette période ?
 
« Il faut éviter les décrochages, favoriser la remédiation.
 
L’un de mes combats pour les années à venir est de réduire le nombre de jeunes qui quittent l’enseignement après 10-15 ans sans diplôme et sans qualification.
 
Pour moi, c’est un échec, pour le jeune aussi. Il s’agit d’un échec sociétal parce que, pendant des années, l’État providence a misé sur lui… »
 
Quelles solutions ?
 
« Il faut convaincre les enseignants que le redoublement n’est pas nécessairement la meilleure solution en termes d’apprentissage. »
 
La réussite est importante ?
 
« Une réussite scolaire influence fortement la vie.
 
Moins de chômage, une vie plus longue, moins de problèmes de santé…
 
Ce n’est pas automatique mais, statistiquement, la détention d’un diplôme va de pair avec une vie socio-économique, a priori, plus facile. »
 
Pour cela il faut encore améliorer la formation des enseignants ?
 
« Le métier évolue avec le numérique.
 
Je veux une formation initiale renforcée.
 
Il faut un an de plus. Trois ans c’est trop peu. »
 
Mieux les payer ?
« Je suis favorable à ce qu’ils soient payés davantage.
 
Je reconnais qu’il y a déjà eu des augmentations salariales depuis les années 2000. »
 
Le Covid a redoré l’image des enseignants, paradoxalement ?
 
« Dans la crise, beaucoup de familles, qui ont dû s’occuper de leur enfant, se sont rendu compte qu’enseigner est un métier. »
 
Article par  VINCENT LIÉVIN
 
 

 

06:05 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |