Voici comment retrouver le goût et l’odorat des conseils du CHU (06/11/2020)

Une perte du goût et de l’odorat, voilà ce que beaucoup de personnes qui ont contracté le coronavirus doivent affronter aujourd’hui. Et sur la toile, nombreux sont ceux qui cherchent des remèdes miracles pour enfin retrouver ces deux sens, si précieux à notre existence.

Ail, oignon, épices, les conseils se multiplient sur les réseaux sociaux. Mais au CHU de Liège, l’équipe médicale vient de lancer une nouvelle procédure pour permettre à ses patients atteints d’anosmie (perte de l’odorat) et d’agueusie (perte du goût), de retrouver leurs sens.

20 secondes par odeur

Pour ce faire, l’hôpital universitaire liégeois propose un véritable entraînement, quotidien, que vous devrez suivre patiemment pendant plusieurs semaines pour espérer retrouver petit à petit l’odeur et le goût de vos aliments préférés : « Le patient devra choisir quatre odeurs simples dans sa cuisine ou utiliser des huiles essentielles. Et mieux vaut éviter les mélanges trop complexes. On peut prendre par exemple du citron, de la rose, du clou de girofle et de l’eucalyptus. Mais aussi d’autres odeurs simples comme le basilic, le café, le chocolat, l’orange ou la menthe poivrée. Ces odeurs sont très différentes et vont stimuler des zones très différentes au niveau du bulbe olfactif. Si vous optez pour des huiles essentielles, il faut les diluer à 2 % », explique Anne-Lise Poirrier, ORL du CHU de Liège, spécialisée en rhinologie.

Une fois vos odeurs choisies, vous devrez suivre scrupuleusement la procédure : « Il faudra choisir un endroit calme, éloigné d’autres odeurs comme celles de la salle de bain ou de la cuisine. Éteignez les téléphones et la télévision. Fermez les yeux, respirez profondément, calmement, lentement, vingt secondes par odeur. L’idéal est de répéter l’exercice deux fois par jour. Cela va permettre aux neurones olfactifs de travailler et de se régénérer. Il faudra cependant s’armer de patience car la rééducation dure de trois à quatre mois. C’est long mais il faut rester positif. Si de mauvaises odeurs ou des distorsions surviennent, c’est bon signe. Si au début vous ne sentez rien, c’est aussi normal. Il faut du temps et de la patience. Certains patients ne récupéreront pas à 100 % ces deux sens mais avec cet entraînement olfactif, il a été prouvé qu’on a une meilleure récupération », continue l’ORL du CHU.

Le goût grâce à l’odeur

Qu’en est-il du goût ? Et bien il est lié à l’odorat : « Une grande partie du goût vient de ce qu’on le sent à l’arrière du palais.

Quand on dit de quelqu’un qu’il a un palais fin, cela veut dire qu’il va sentir les saveurs des aliments par son odorat à l’arrière du palais. Donc une grande partie du goût c’est l’odorat.

Il est vrai que le coronavirus est capable d’altérer les goûts fondamentaux comme le sucré, le salé, l’amer et l’acide.

C’est nouveau. Il faut se forcer à avoir une alimentation variée et ainsi s’exposer à un maximum de saveurs. Si on réentraîne son odorat, on réentraîne aussi son goût. C’est lié ».

«Un risque aussi pour l’horeca et ses proches»

Cela pose problème au moment de se mettre à table, mais aussi dans de nombreuses tâches quotidiennes.

Ce qu’on sait moins, c’est que cela pourrait attirer des ennuis aux établissements horeca, qui se retrouvaient privés d’une partie de leur clientèle : « À cause du coronavirus, nous allons créer des générations de personnes qui ne sentent pas et qui ne goûtent pas.

Et forcément, quand on ne peut pas goûter ou sentir, on ne va pas aller profiter d’un bon restaurant.

Par exemple, si sa femme a perdu le goût, on ne va pas l’emmener au restaurant le jour de son anniversaire.

On peut aussi imaginer que les enfants de ce couple ne seront pas habitués à aller au restaurant.

On va plutôt aller au cinéma par exemple et privilégier d’autres activités. Le danger pour l’horeca est donc réel.

De plus, il faut se rendre compte que perdre l’odorat et le goût est extrêmement dépressiogène.

De nombreux patients ont peur de sentir mauvais.

Ils ont aussi peur de mal cuisiner, ou de cuisiner des aliments avariés.

Il faut vraiment être attentif et prendre soin de ses proches qui se retrouvent dans cette situation, et les encourager un maximum, car cela peut être vraiment déprimant », explique Anne-Lise Poirrier, ORL du CHU de Liège.

Vérifier les détecteurs de fumée et le gaz

On ne s’en rend pas toujours compte, mais quand on ne sent plus, on se retrouve exposé à certains dangers, notamment au sein même de son propre domicile.

Ainsi, il convient de prendre garde à toute une série de choses, pour éviter les accidents : « Vu qu’on ne sent pas, on détectera plus certains dangers.

Il faut donc vérifier la fonction et les piles de ses détecteurs de fumée et entretenir sa chaudière.

Si j’utilise du gaz, je pense à installer un détecteur de gaz », explique Anne-Lise Poirrier, ORL.

Une attention toute particulière devra également être portée aux aliments que vous consommez : « Il faut vérifier les dates de péremption des aliments.

Il existe des petites astuces comme le fait de noter la date d’ouverture sur les boîtes de lait et autres conserves.

Il convient également de manger à heure fixe, car la faim se fait moins ressentir et de se peser en cas de doute. Il faut se forcer à dresser une liste de courses, car une fois au magasin, on n’aura goût à rien.

Et comme d’habitude, il faut privilégier une alimentation saine, riche en vitamines, et en oméga-3 ».

Article de Stefano Barattini

 

Source Sudinfo 

 

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07:00 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |