Le parquet de Liège limite l’utilisation des radars (03/11/2020)

Afin d’harmoniser plus efficacement la politique criminelle en matière de roulage, Philippe Dulieu, le procureur du Roi de Liège, a décidé de regrouper tous les magistrats et juristes du parquet de police à Huy .

« L’objectif est d’avoir une seule équipe pour pratiquer une politique criminelle plus uniforme sur l’arrondissement même si nous avions déjà des directives communes aux trois divisions », précise le procureur du Roi de Liège.

« L’équipe est composée de trois magistrats. Elle est épaulée par cinq juristes qui peuvent siéger aux audiences. Les 18 zones de l’arrondissement ainsi que la police des autoroutes transmettent, désormais, tous leur p-v à la division de Huy. »

 

Des approches différentes

 

On le sait, Philippe Dulieu n’est pas un aficionado des radars qui flashent 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et qui vomissent des milliers de p-v que les canalisations du parquet de Liège ne peuvent assimiler.

Du coup, ça déborde.

Le premier magistrat du parquet de Liège l’a déjà répété, il souhaite des p-v qualitatifs plutôt que quantitatifs. Pour ce faire, son office privilégie une approche différenciée en fonction du caractère plus ou moins accidentogène mais aussi des heures et des endroits.

« Cette politique, menée depuis 2015, a permis d’augmenter les taux de poursuite de manière importante », souligne Philippe Dulieu.

La finalité visée est d’éviter un tsunami de p-v D’une part, les radars, véritables machines de guerre, sont capables d’envoyer des p-v en flux continu. D’autre part, à l’autre bout de la chaîne, le traitement des p-v au sein des parquets – en sous-effectif – est très peu automatisé contrairement à la verbalisation automatisée. Et les constats, eux, sont le plus souvent sous-traités par les zones de police auprès du Centre régional de traitement de Daussoulx.

Une signature si…

Pour installer un radar sur l’arrondissement judiciaire de Liège (Liège, Verviers et Huy), le procureur du Roi doit marquer son accord et ratifier un protocole. Sans cet accord, le radar peut être installé à titre préventif mais il ne pourra légalement pas flasher.

« Nous devons nous mettre en ordre de bataille par rapport à la politique ambitieuse qui est développée en région wallonne où l’on a annoncé une multiplication massive des radars (tronçon, de feu rouge…) qui nous promettent des flux de p-v très importants. Nous ne signerons des accords de fonctionnement de nouveaux radars qu’à la condition d’y ajouter une clause qui précise que le parquet assurera la maîtrise de la production de la machine. En clair, le parquet décidera des modalités de fonctionnement du radar. De nombreux radars installés sur notre arrondissement fonctionnent selon des jours et des créneaux horaires déterminés et les tolérances varient également. »

Le parquet n’a pas l’intention d’entamer un bras de fer avec les zones de police et la région wallonne. « Dire que, de toute façon, nous avons le dernier mot est une position intenable sur le long terme », tempère Philippe Dulieu. « Le parquet est d’accord sur le fait qu’il y a matière à installer un radar en raison, par exemple, d’une zone accidentogène. Nous voulons juste avoir la main sur les normes de fonctionnement des radars en regard de notre capacité d’absorption. »

Le parquet insiste auprès des zones de police, de la WPR et de la région wallonne pour être consulté concernant le processus d’implantation de nouveaux radars.

Article de par Arnaud Bisschop

 

Source Sudinfo 

08:00 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |