Jean-Baptiste Guégan rétablit son identité en chansons. La voix de Johnny venu à Nandrin (16/10/2020)

Jean-Baptiste Guegan, quelque chose en lui de Johnny au Nandrin Festival

Avec son 1er album en tête des ventes, Jean-Baptiste Guégan, sosie vocal de Johnny, se fait un nom

 

On ne s’y habitue pas à cette voix qui, parlée ou chantée, fait confusément penser à celle du Taulier.
 
Jean-Baptiste Guégan sourit : « Cette identité vocale, j’en suis fier, mais c’est à la fois une chance et un handicap ».
 
 
Il ne le cache pas, J-B, tout de noir vêtu et bagues (de rockeur) aux doigts : il bat le fer tant qu’il est chaud, avec son 2 e album, « Rester le même ».
 
« Je ne voulais pas m’arrêter en si bon chemin après le carton du premier album ».
 
Cette fois, il veut prouver qu’il n’est pas « que la voix de… », qu’il est « capable de faire autre chose ».
 
Rencontre sans filtre, un peu comme lui.  

C’est à Tournai que Jean-Baptiste Guégan a dernièrement élu domicile. Mais, même s’il aime chez nous ce second degré légendaire qui manque parfois à ses compatriotes, le Breton ne compte pas demander sa naturalisation belge.
 
Il sourit : « Je n’irai pas jusque là, je resterai breton ! ».
 
Alors, pour parfaire sa connaissance de notre pays, on l’a emmené dans un haut lieu de la musique et de la vie bruxelloise, à l’Archiduc. Un bar-cabaret jazz, fermé en ces temps difficiles mais qui nous a accueillis le temps de quelques clichés, où beaucoup de grands artistes sont passés.
 
Et, où, selon la légende, Barbara aurait rencontré Jacques Brel. Un lieu chargé d’histoire musicale donc, alors que Jean-Baptiste Guégan essaie d’écrire la sienne, en sortant de l’ombre de son idole, l’idole des jeunes.
 
Sur cet album, Jean-Baptiste, on retrouve une chanson écrite par Slimane, une autre par Marc Lavoine et 10 signées par Michel Mallory, l’un des paroliers historiques de Johnny avec qui vous aviez déjà travaillé.
 
Mais cette fois, vous dites que ces chansons vous correspondent davantage.
 
Oui. Parce qu’il a appris à me connaître. On est devenu de grands amis, on n’a plus de secrets.
 
Il me connaît par cœur, ce petit filou !
 
On se parle tous les jours au téléphone.
 
Mon premier album, c’était quand même plus un hommage, une continuité par rapport à Johnny Hallyday.
 
Il y avait toujours cette confusion. J’étais, oui, le sosie vocal, mais c’était un hommage à Johnny.
 
Il fallait vraiment prouver que je suis capable de faire autre chose. Que les gens comprennent que c’est Jean-Baptiste Guégan qui parle, c’est pas Johnny.
 
Mais c’est compliqué de se distancier de Johnny. Car cette voix, incroyablement ressemblante, vous ne pouvez pas la changer ?
 
Ah non, jamais !
J’ai à la fois cette chance et ce handicap. C’est ma morphologie vocale, je n’y peux rien. Mais je l’assume pleinement, j’en suis fier d’ailleurs. Je n’ai pas peur de l’avenir et je ne regrette pas mon passé.
 
L’album est plus rock aussi que le précédent. C’est quoi être un rockeur (de 37 ans) en 2020 ?
 
(sourire) C’est une attitude, c’est une façon d’être. À l’époque, on prenait un rockeur pour uun voyou, un mec insensible, un rebelle. Alors que ce n’est pas vrai du tout. Aujourd’hui, je suis un rockeur avec ma sensibilité. C’est une façon de se protéger derrière tout ça. Et le rock sert à s’extérioriser.
 
C’est vrai que vous êtes sensible : dimanche dans « Les enfants de la télé » on vous a vu verser une larme quand vos héros d’enfance d’« Hélène et les garçons » vous ont adressé un message !
 
Oh je n’ai pas pleuré, j’étais ému…(sourire) J’étais surpris surtout. Ils ont bercé ma jeunesse : je rentrais de l’école, je posais mon cartable et je les regardais à la télé. Je n’ai jamais caché ma sensibilité, au contraire !
 
Dans le titre « Rester le même », vous rétablissez les choses, vous chantez : « Je ne me prends pas pour un autre, je ne suis pas une imposture ». On vous a traité d’imposteur ?
 
Oui, on me l’a dit. Rarement, mais ce sont des mots qui peuvent blesser un artiste. Il fallait que je réponde et ma façon de répondre, c’est en chantant.
 
Ça vous blesse encore, les critiques ?
 
Je n’aime pas les insultes et les injustices.
 
Quand on dit que j’essaie de prendre la place de Johnny, alors que jamais je n’ai essayé de faire ça, ça peut paraître blessant. Mais aujourd’hui, je passe au-dessus de ça !
 
Vous rendez hommage à votre maman aussi dans « La dame aux yeux verts ». C’était important pour vous dévoiler ?
Oui. Elle n’a pas eu le temps de voir mon évolution. J’aurais aimé qu’elle soit là, pour être fière de moi, comme je le dis dans la chanson.
C’est toujours compliqué de parler de ça.
C’était une femme douce, attentionnée et protectrice et j’avais besoin de lui rendre hommage.
Mais ça n’a pas été facile à chanter, on s’est mis à pleurer tous les deux, Michel Mallory et moi.
 
Ma mère m’encourageait dans cette voie, même si au début elle était sceptique car c’est un monde de requins.
 
Vous paraissez blindé, protégé par une carapace.
 
Je me suis forgé ma carapace, je suis passé par plein d’épreuves.
 
Et j’aime apprendre. Alors oui, j’ai souffert, il y a eu des moments plus difficiles.
 
Mais il faut rester serein. Et ce milieu n’est pas facile car c’est très rapide et il faut toujours faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait quand on est médiatisé.
 
Qu’est-ce que vous ne pouvez plus faire comme avant ?
 
Sortir avec des potes et faire la fête ! (sourire)
 
Votre public aujourd’hui, est-il différent de celui que vous aviez durant toutes ces années où vous ne chantiez que le répertoire de Johnny ?
 
 
Je touche quand même un large public. Quand j’allais voir Johnny en concert, il y avait des gamins hauts comme trois pommes. Moi c’est pareil, j’ai aussi des enfants qui viennent me voir. Mais j’ai quand même un public plus féminin. Je le remarque de plus en plus.
Comme Johnny à ses débuts...
Oui aussi !
 
 
Et les fans qui pensaient (presque) que Johnny revivait à travers vous, ils sont toujours là ?
 
Oui, ça n’a pas changé, ils ont toujours besoin de ça. Au début, ils étaient sceptiques. Et puis, il y a ceux qui viennent pour moi et qui n’aimaient pas Johnny. C’est assez paradoxal !
Objectif atteint alors ?
 
 
Oui mais Johnny fera toujours partie de mon ADN.
 
Je ne pourrai pas changer ça. Même si je n’ai jamais rencontré sa famille, même si je ne l’ai jamais rencontré lui. Dans mes spectacles, je chanterai de plus en plus mes chansons, mais je garderai toujours des tubes de Johnny.
Album « Rester le même » (Sony). Jean-Baptiste Guégan chante en exclusivité le titre dédié à sa maman. Retrouvez l’extrait a capella sur nos sites. www.sudinfo.be
 
Article et rédaction Par Charlotte Vanbever
 

08:10 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |