Jusqu’à 70% d’e-books vendus en plus. Certaines maisons d’édition les proposent gratuitement (07/04/2020)

L’énorme succès des livres électroniques

Confiné, le Belge dispose de plus de temps à lui, même s’il est en télétravail. Rien de tel que la lecture pour se changer les idées, mais aussi pour divertir les enfants.


« Nous n’avons pas encore toutes les statistiques mais la dernière semaine de mars nous avons enregistré une hausse de 70 % de nos livres vendus en format électronique », indique Éric Marbeau, du groupe français Madrigall qui diffuse la production numérique de Gallimard, Flammarion, la Table ronde et Casterman.

Deux titres cartonnent : « La peste » d’Albert Camus et « Le hussard sur le toit » de Jean Giono, qui a aussi pour thème une épidémie. Les classiques du XXe siècle marchent très bien, comme « L’Étranger » ou « 1984 » et même le cycle de « La Recherche du temps perdu ».


« Chez nous, la progression est de 40 % pour la semaine du 16 mars par rapport à la précédente. Cela représente environ 9.000 exemplaires, un nombre qui a été atteint en quelques jours la semaine suivante. On s’attend à un record pour la suite », estime Marie Decreme, de Hugo &Cie. La romance y est le genre le plus recherché,

notamment « Eleonor &Gray », de Brittainy C. Cherry : « Nous gardons le contact avec nos lecteurs via nos réseaux sociaux. Nous menons aussi des actions commerciales avec des e-books à 4,95 € au lieu de 11,95 € ». Des titres de 2019 retrouvent un second souffle.


Madrigall offre de solides réductions sur les formats électroniques : -50 % sur une sélection de 200 livres, toutes littératures confondues. « Nous renvoyons vers les sites des libraires indépendants. C’est important en ce moment qu’ils puissent rester dans la chaîne de vente », souligne Éric Marbeau. Madrigall travaille également avec les bibliothèques publiques afin qu’elles disposent de davantage de possibilités de téléchargements simultanés.


Bragelonne, orienté vers l’imaginaire, va au-delà des réductions. Chaque vendredi, la maison d’édition offre temporairement quelques livres numériques gratuits. « Cinq titres sont disponibles pour un nombre de téléchargements qui pourrait atteindre les 30.000. Les auteurs concernés ont été très réactifs. Ils ont accepté de céder leurs droits par solidarité face au coronavirus », explique Marine Charoy. En matière de téléchargement payant, Bragelonne s’attendait à un pic pour la science-fiction. Au final, toutes les tendances s’y retrouvent la SF, la Fantaisy, la woman’s fiction et les thrillers de suspense psychologique. L’augmentation des ventes est réelle, mais pas encore chiffrée.


Les éditions de l’Opportun ont aussi opté pour une gratuité partielle, dix titres chaque semaine. « Les plus téléchargés sont des livres de romance. C’est logique. Cette catégorie de lectrices lit déjà beaucoup plus en numérique », précise la porte-parole. Le reste du catalogue numérique, plus de 500 livres, est passé à 1,99 € pièce. On y trouve de tout : des guides, des documents ou du développement personnel. C’est l’humour en rapport avec le monde médical qui se vend le mieux, comme « Patients casse-couilles » ou « Poussez-madame ». Des best-sellers comme « Madame Connasse » restent dans la course.


Chez Rivages/Payot, l’augmentation des ventes est de l’ordre de 27 % pour la seconde quinzaine de mars par rapport à la première alors que les chiffres des derniers jours du mois ne sont pas encore connus. Les ventes ont décollé dès les 18 et 19 mars grâce à « Métamorphoses » de Coccia.


Le confinement n’est pas une aubaine pour tous. En Belgique, Racine n’a pas misé sur le numérique. « Notre catalogue ne s’y prête pas vraiment. Les gens préfèrent le papier pour les beaux livres. Nous renvoyons donc, via les réseaux sociaux, vers les libraires », nous dit-on.


Rédaction de l'article par Yannick Hallet

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10:35 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |