Les enfants ont été approchés sur des groupes dédiés au jeu Fortnite ou à des Youtubers (17/10/2019)

  
Des ados abordés par un homme de 31 ans sur Facebook

Des parents liégeois donnent l’alerte sur les réseaux sociaux ! Un homme s’est incrusté dans des groupes Facebook prisés par les jeunes ados pour contacter certains d’entre eux. « Mon fils a bloqué l’individu avant de venir tout nous raconter », explique une maman.

Un « sac fluo pour ranger sa bonne humeur », un « kart tout-terrain pour partir en balade avec les copains », une « discopioche pour prendre d’assaut la piste de danse » : Fortnite, c’est le jeu qui rend dingue tous les jeunes. Tout naturellement, de nombreux groupes dédiés au phénomène ont fleuri sur Facebook, rassemblant des joueurs par langue, pays, voire même région.

Et là où il y a des jeunes enfants, il y a souvent des prédateurs… C’est la mésaventure vécue par – au moins – trois jeunes Liégeois. Une maman de Chênée a récemment jeté un pavé dans la mare, en diffusant les captures d’écran de plusieurs messages envoyés à son fils, par un membre du groupe Neo et Swan, du nom de ces deux frères qui comptent, sur YouTube, plus de 4 millions d’abonnés.

L’expéditeur se présente comme un homme de 31 ans et souhaite devenir son ami. « Cet homme contacte mon fils en privé pour être son ami et lui demande des photos », explique la maman sur son profil public. « Attention à vos enfants ! »

Cette maman a répondu, par le biais de la messagerie du réseau social, à cet individu. Elle le menace de diffuser les messages et de contacter la police : « Tu t’attaques à un enfant qui dit tout à ses parents », déclare même la maman.

Ce premier message a été largement partagé, notamment par deux autres mamans dans le même cas, dont les enfants ont également été abordés sur Facebook. Nous avons pu les contacter. « Mon fils est sur un groupe Fortnite où les jeunes peuvent répondre à des annonces pour entrer dans certaines équipes », explique cette maman de Jemeppe (Seraing).

« L’homme s’est présenté à mon fils en lui demandant directement une photo. Mon fils, qui a 11 ans, est bien au courant de ce qu’il peut faire ou pas sur les réseaux sociaux. Il a directement bloqué la personne et est venu nous trouver, son père et moi, pour nous parler de cette conversation. Heureusement que nous avons appris à notre enfant comment réagir face à ce genre de situations. Je n’ose imaginer ce qui se serait passé s’il avait envoyé réellement une photo de lui… »

Trop jeunes pour gérer ?

Une autre maman, de Visé, déplore l’absence de réaction des administrateurs. « J’ai contacté les personnes qui gèrent le groupe pour les avertir de cette situation, mais ce sont également des adolescents. Ils ne savent pas quoi faire, à part virer l’homme de la liste des membres.
Je pense que Facebook devrait trouver une solution pour que seuls des majeurs puissent créer des groupes et les administrer. Il faut avoir les épaules larges pour réagir. »

Cette maman n’a pas déposé plainte à la police, puisque « rien de mal » n’a réellement été fait. « Mais je vais redoubler de vigilance, ça, c’est sûr. »

«Surtout, ne jamais envoyer de photos»

Olivier Bogaert est évidemment bien au courant de ces techniques d’approche récurrentes auprès des jeunes internautes. Les enfants, comme leurs parents, peuvent éviter d’entrer en contact avec ces prédateurs du web. Il suffit de respecter quelques règles.

« Avant d’accepter d’ajouter une personne dans ses contacts, vérifier la date de création du profil. Généralement, il s’agit de profils récents. Ensuite, les enfants ne doivent ajouter que des personnes qu’ils connaissent réellement et qu’ils peuvent rencontrer dans la vraie vie. En cas de doute, il vaut mieux ne pas accepter. Et si la personne qui demande à vous ajouter fait déjà partie, avec un autre profil, de votre liste d’amis, vérifiez toujours qu’il s’agit bien d’un nouveau compte et pas d’un compte usurpé. »

Les parents peuvent évidemment rappeler à leurs enfants ces différentes pratiques, en fonction de l’usage qu’ils font des réseaux sociaux. « Et surtout, bien leur dire de ne jamais envoyer de photos », poursuit le commissaire de la Computer Crime Unit.

Si aucun fait répréhensible n’a été commis, il n’est pas utile d’aller déposer plainte. « Mais les parents peuvent envoyer les captures d’écran à l’adresse suivante:

suspect@safeonweb.be »

Une enquête peut alors être ouverte.

Par Allison Mazzoccato
 
Source 

18:50 Écrit par Jeannick | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | | | |