phobie

  • Attention Hausse de la phobie scolaire

    5 % à 10 % des ados souffrent de ce mal-être à cause des réseaux sociaux

    L a rentrée a réveillé des angoisses chez certains jeunes. Les certificats pour phobie scolaire déferlent dans les écoles. Leur nombre a explosé en dix ans.

    Tremblements, crises d’angoisse, vomissements, cauchemars… Voilà ce que vivent ces jeunes qui se sentent incapables d’aller à l’école. La simple idée d’y mettre un pied les fait entrer dans une panique indescriptible. Leur diagnostic, ils souffrent de phobie scolaire. Selon les pédopsychiatres contactés, ce phénomène touche 5 % des élèves. Dans certaines régions, comme Mons et Liège, ce taux monte même à 10 %. Bien qu’il n’existe pas de statistiques précises à ce sujet, les médecins constatent que ces cas sont de plus en plus nombreux d’année en année. Il y a dix ans, seul 1 % des enfants scolarisés endurait cette phobie. Tous s’inquiètent de cette évolution. LES 12-15 ANS PLUS TOUCHÉS « Ce phénomène est en forte hausse. Les deux grands symptômes les plus connus sont le décrochage scolaire et le repli sur soi. Ce qui est marquant ces dernières années, c’est que le décrochage perdure de plus en plus longtemps. S’il y a dix ans, il ne durait que quelques mois. Aujourd’hui, cela peut aller d’un an à, parfois, trois ans », explique Anne Pochet, responsable des programmes thérapeutiques pour les adolescents de l’Hôpital Vincent Van Gogh, à Charleroi La phobie scolaire doit être traitée le plus vite possible. Dès les premiers signes, il est essentiel de consulter un médecin car la peur peut s’étendre à d’autres choses ou induire une dépression.

    DES FORMES DE HARCÈLEMENT

    Mais comment expliquer l’apparition de cette phobie ? Les raisons sont aussi diverses que variées. Elle peut être due à du harcèlement, à une séparation des parents, au décès d’un camarade, à la maladie d’un parent… « La phobie pure de l’école est difficile à évaluer et est aujourd’hui extrêmement rare. La raison, elle est majoritairement liée à d’autres problèmes sous-jacents qui induisent une phobie sociale.

    Beaucoup de médecins parlent donc de refus scolaire plutôt que de phobie », affirme Sophie Maes, pédopsychiatre dans le Groupe Jolimont. Ces refus touchent surtout les ados entre 12 et 15 ans. Alors qu’ils doivent faire face aux changements de leur corps, le milieu scolaire n’est pas un refuge. « Il leur paraît insécurisant.

    Ils sont face à un apprentissage qui leur échappe où ils sont soumis à des évaluations et un rapport anxiogène avec les adultes. Ils doivent aussi affronter les enjeux sociaux qui leur posent bon nombre de questionnements (est-ce que je fais les bonnes études, est-ce que le modèle de vie qui m’est imposé me plaît…) Le jeune ne se retrouve plus non plus dans l’enseignement qu’il juge parfois désuet et hors de ces habitudes modernes.

    À tout cela s’ajoute les réseaux sociaux, où le harcèlement qui est né à l’école continue, voire est amplifié », continue la pédopsychiatre. « Sains d’esprit, ces ados ne veulent plus aller dans leur école qui est un lieu de danger, de stigmatisations et qui incarne une forme de maltraitance. Par ce refus, ils s’adaptent donc aux dysfonctionnements perçus ».

    TROIS MOIS DE THÉRAPIE

    Pour soigner ces enfants et adolescents, des ateliers thérapeutiques sont mis en place. « Il y en a trois types à suivre : d’analyse où on cherche à étudier leur situation et à comprendre l’origine de leur phobie, de libération de la parole et d’interaction avec les pairs », explique Anne Pochet, du CHU Charleroi.

    « Ce traitement dure trois mois. À la fin, le jeune recommence à exprimer des projets scolaires. »

     ALISON VL

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