elia va en justice

  • Nandrin: pour accéder à sa ligne haute tension Elia va en justice

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    Les prémices de l’affaire remontent à 2010, lorsqu’Elia, le gestionnaire du réseau à haute tension, a annoncé son intention de remettre en fonction la ligne haute tension Gramme-Rimière, datant de 1934 mais inactive depuis les années 1980. Depuis lors, le fermier nandrinois par ailleurs conseiller communal Alain Henry n’a cessé de se battre. Jusqu’à présent, avec succès. Le Nandrinois a en effet obtenu, après recours au Conseil d’Etat, l’annulation du permis d’urbanisme octroyé à Elia pour remettre en service un terne à 70.000 volts (soit moitié moins qu’avant).

    En 2015, rebelote, Elia a reçu un permis du Ministre, malgré de nombreuses réclamations à l’issue de l’enquête publique et l’opposition de la commune de Nandrin. Cette fois, Alain Henry a été rejoint par trois autres couples de riverains directement concernés qui ont acheté ou fait construire sous cette ligne désaffectée : ils ont décidé d’aller au Conseil d’Etat pour annuler ce permis, et ont obtenu gain de cause.

    Depuis lors, Elia n’a pas déposé de nouvelle demande de permis d’urbanisme. Il soutient que la remise en service de cette ligne à haute tension est nécessaire pour renforcer le réseau de distribution d’électricité dans la région liégeoise, particulièrement pour soutenir les boucles de Hesbaye et du Condroz. «Nos équipes techniques constatent une surcharge de 30% et un niveau de tension trop bas sur les boucles électriques de Hesbaye et du Condroz lorsqu’un élément vient à manquer (quand un arbre tombe sur un câble par exemple). Cette situation n’est pas tenable pour assurer la sécurité, la fiabilité et l’efficacité du réseau électrique», avait déclaré Sophie De Baets, responsable communication infrastructures d’Elia lors d’une conférence de presse en 2015.

    Déboutés en référé, les riverains ont fait signifier une citation à Elia pour réclamer qu’il lui soit défendu d’utiliser les anciennes installations et sa condamnation au démontage, à sa charge, des pylônes qui se trouvent sur ou au-dessus des propriétés privées. Ils ont aussi commandé un rapport d’expertise à une société qui conclut à la perte de résistance de la structure des pylônes. Ce procès aura lieu en novembre prochain.

    500 euros d’astreinte

    Rebondissement en février de cette année, Elia a adressé un courrier aux riverains pour annoncer la réalisation d’ « actes et travaux » sur la ligne à haute tension, dont une mise en peinture, des relevés topographiques... «  Cette maintenance et la peinture sont programmées pour l’ensemble de nos infrastructures, ce n’est pas spécifique à cette ligne. L’objectif n’est pas d’effectuer des travaux mais de réaliser un état des lieux  », nous précise Julien Madani, responsable de la communication pour les projets d’infrastructures d’Elia. Cela nécessite qu’Elia entre dans les propriétés privées. Ce à quoi les intéressés ont dit : non. «  Ok pour qu’ils viennent acter ou constater ce qui doit l’être en terme de sécurité publique ou pour démonter l’ancienne ligne. Mais pour nous, c’est un prétexte pour préparer le terrain en vue d’une nouvelle demande de permis en vue d’une future remise en exploitation de la ligne  », rétorque Alain Henry par la voix de son avocat.

    Face à ce refus, Elia a adressé au tribunal civil une demande de mesures provisoires pour qu’il leur accorde l’accès aux terrains privés, avant le procès sur le fond, donc. Elia espère que les riverains seront de la sorte condamnés à ne poser aucune entrave lors des travaux et actes d’entretien et de sécurisation « d’utilité publique », selon lui, et « qui ne peuvent attendre la fin de l’année pour être réalisés ». À défaut, il réclame qu’une astreinte de 500 euros par jour leur soit infligée. L’avocat des riverains ne comprend pas le « soudain empressement » d’Elia étant donné que la ligne inactive est restée en l’état pendant 35 ans, et soutient que l’utilité publique de l’époque n’existe plus aujourd’hui vu l’évolution de l’urbanisation et du cadre de vie des habitants. Il demande le rejet de la demande d’Elia. Jugement le 16 avril.

     

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