des espaces de condoléances

  • Les communes pourront recevoir des subsides pour mettre en place des espaces de condoléances

    Lien permanent

    Une commune qui respecte ses défunts, respecte ses vivants. À la veille de la Toussaint, la ministre des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue, a trouvé la formule pour rappeler les communes wallonnes à leurs obligations.

    Et elle annonce le déblocage d’une somme d’un million d’euros pour un appel à projets qui se déclinera en deux axes. 

    Rappelons que les communes ont un certain nombre d’obligations concernant leurs cimetières.

    Elles doivent, par exemple, disposer d’un ossuaire. Dans certaines communes, quand on veut récupérer des emplacements anciens, des os sont parfois balancés négligemment par-dessus un mur.

    Celles qui ont déjà un ossuaire sont encouragées à l’aménager, l’agrandir, ou même à en créer de nouveaux, détaille la ministre Valérie De Bue (MR).

    Un autre point concerne les crémations. Les cimetières doivent être équipés d’un columbarium, d’une aire de dispersion des cendres correcte, et de zones d’inhumation des urnes cinéraires.

    Ce n’est pas toujours le cas.

    Les aires de dispersion sont parfois de vrais bourbiers, voire pis, elles ne sont pas toujours complétées d’une stèle reprenant les noms des personnes dont les cendres ont été dispersées.

    En Wallonie, 38% des défunts sont incinérés (70% à Bruxelles, 78% en Flandre).

    Ces obligations ne sont jamais contrôlées, déplore le «Monsieur Cimetières» de la Wallonie, Xavier de Florenne.


    PARCELLE DES ÉTOILES

    Et puis, il y a ce que l’on appelle la parcelle des étoiles. Là aussi, une obligation depuis 2009. C’est un endroit où l’on inhume les fœtus de mères ayant subi une fausse couche.

    « Avant », dit M. de Florenne, « on disait à ces femmes: vous avez perdu un déchet hospitalier. C’est indigne.

    Maintenant, il doit y avoir dans nos cimetières un lieu d’inhumation spécifique. »

    Le premier axe de l’appel à projet de Mme De Bue concerne donc la mise en conformité de tous ces cimetières, et leur embellissement.

    Un budget de 500.000 euros est prévu. L’autre enveloppe de 500.000 euros est consacrée à la mise en place d’espaces de condoléances et de cérémonies non confessionnelles dans les cimetières. « Ce sont des espaces de plus en plus demandés par les familles », affirme la ministre.

    « Tout un chacun devrait disposer d’un lieu de rassemblement et de condoléances afin de
    recevoir son deuil.

    Si de tels espaces sont disponibles dans les cadres religieux ou de la laïcité, il n’en est de même pour les cérémonies non confessionnelles .»


    FACILE À AMÉNAGER

    Les cimetières disposent souvent d’endroits qui pourraient être facilement réaménagés en ce sens. « Par exemple, dans la partie classée du cimetière de Robermont (Liège), il y a une ancienne morgue, qui a servi de chapelle au XIX e siècle », explique Xavier de Florenne.

    « C’est facilement réaffectable ».

    Anciennes morgues, locaux d’entreposages de matériel ou de véhicules, les endroits sont nombreux. Selon le «Monsieur Cimetières», le lien des familles avec leurs défunts a été rétabli depuis les années 2000.

    « Depuis les affaires de pédophilie, on a vu que les familles ne mettent plus seulement des fleurs, mais des objets pour accompagner leurs défunts.

    Les entreprises de pompes funèbres proposent aussi toute une série de «babioles» à déposer sur les tombes. C’est symptomatique .»

    « Le cimetière participe à l’identité d’une commune », conclut Valérie De Bue. L’appel à projets sera lancé ce lundi vers les communes.

    Article de BENOÎT JACQUEMAR

    Source info clic ici