départ à la retraite de rené durieux

  • Départ à la retraite de René Durieux commissaire,directeur des opérations à la zone de police du condroz

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    Après 35 ans de service au sein de la zone du Condroz, le commissaire René Durieux raccroche son uniforme. Dans quinze jours, l’Anthisnois de 64 ans partira en retraite bien méritée. L’occasion de faire le point avec lui sur sa longue carrière.

     

    Commissaire Durieux, au cours de votre carrière, quels événements vous ont le plus marqué ? J’en ai vu passer de toutes les couleurs. Ce qui a toujours été le plus difficile, c’est quand des enfants étaient concernés. Je me souviens d’un incendie à Hody.

    Les pompiers ont sorti des flammes deux petits bouts. Le plus jeune avait 18 mois. Je vois encore cette scène : les enfants par terre dans la cour, en train d’être réanimés. Ils sont morts sous nos yeux.

    Pouvez-vous nous raconter une anecdote, un quiproquo mémorable ?

    Je me souviens d’un mortel à Xhoris (Ferrières). Un camion avait embouti une décapotable avec deux filles à l’intérieur.

    Elles sont malheureusement décédées. À l’époque, nous n’avions pas de GSM ou d’autres moyens de communication. Je me suis donc rendu jusqu’aux pompes funèbres à Comblain-la-Tour. On m’avait indiqué où elles se trouvaient. Quand je suis arrivé, il devait être une heure du matin, j’ai vu qu’il n’y avait pas d’inscription sur le bâtiment. J’ai sonné. Un monsieur avec un tablier blanc et de la farine sur les mains m’a ouvert. Je lui ai dit qu’il fallait aller chercher les corps

    . Mais force est de constater que j’avais sonné chez... le boulanger du coin et non les pompes funèbres qui se trouvaient un peu plus loin. Avec vos collègues, en tant que directeur des opérations dans la zone de police du Condroz, vous avez également dû résoudre de nombreuses enquêtes, certaines concernaient des meurtres. Quels sont vos plus grands souvenirs à ce propos ?

    La satisfaction quand on arrive à élucider un meurtre ou un assassinat. Obtenir les aveux du coupable, c’est un véritable travail d’équipe. Parfois, il nous arrive d’y passer des journées ou des nuits entières. On a comme un instinct de chasseur, avec l’envie d’y arriver.

    Et quel est l’homicide qui vous a le plus impressionné ?

    Celui de Marchin (NDLR : Dominique Leblicq avait tué son ami de plusieurs coups de couteau et avait conservé son corps en faisant un mausolée). Clairement, cette affaire n’était pas banale. La meurtrière avait l’air d’une gentille petite dame, mais on a bien vu qu’il ne fallait pas l’embêter. Après ces 35 ans de carrière, que retenez-vous du travail de policier ?

    Tellement de choses. C’est un métier dans lequel vous pouvez être vraiment confronté au meilleur comme au pire. On voit que l’humain est capable des plus mauvaises choses, comme certains sont des personnes de grande valeur. À ce propos, je me souviens d’une fille qui avait fait son stage chez nous.

    Elle n’avait pas été gâtée par la vie. Sa maison avait été détruite dans un incendie, son père était décédé quand elle était petite. Elle prouve que des jeunes connaissent la valeur des choses .

    Tout cela risque de vous manquer en prenant de votre retraite. Comment comptez-vous profiter de votre pension ? J’ai déjà pas mal voyagé, sur différents continents. Depuis 1977, je pratique la plongée sous-marine. J’ai déjà plongé en mer rouge, en Thaïlande une dizaine de fois, au Vietnam, au Sri Lanka etc. J’ai aussi deux petits-enfants. Je vais apprendre à ma petite-fille de 17 ans à conduire.

    Avec moi, elle a intérêt à ne pas faire trop d’infractions (rires). 

     

    Source info Sudpresse article de Déborah Toussaint JOURNALISTE

     

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    SON SUCCESSEUR

    « La relève est déjà assurée ! »

    Pour remplacer le commissaire René Durieux, la zone de police du Condroz pourra compter sur un nouveau directeur des opérations : Marc Bernard. « C’est quelqu’un qui connaît la structure de la zone, les matières dont nous traitons », nous indique le commissaire René Durieux. Il ajoute : « Il a beaucoup de compétence ». Le commissaire ne tarit pas d’éloges sur son successeur. Selon lui, il possède aussi la motivation nécessaire pour être un bon directeur des opérations. « Il travaille avec moi depuis février 2015. De nombreux défis l’attendent. Par exemple, il doit apprendre à maîtriser les outils informatiques avec lesquels nous travaillons ». L’homme devra aussi être un bon chef d’équipe. « Il faut se faire accepter et se faire reconnaître. Le tout est de montrer ses qualités de leader », poursuit l’Anthisnois qui nous assure que « la relève est assurée ». l