65.000 € planqués sous une plinthe

  • 65.000 € planqués sous une plinthe

     

    maison.JPGPour Natacha, cette jeune maman de quatre enfants, enceinte du cinquième, la tentation a été trop grande .

     Imaginez la scène : de service comme technicienne de surface dans une cossue maison de Yernée-Fraineux (Nandrin), elle passe l’aspirateur dans le living quand, soudain, en heurtant un des murs elle fait tomber une plinthe derrière laquelle, étrange, se trouve une enveloppe.

    Piquée par la curiosité, elle l’ouvre. A l’intérieur : des liasses de billets de 500 euros pour un montant total de 65.000 euros.

    Décontenancée par sa découverte,elle remet l’enveloppe en place.

    «Mais quand les factures se mettent à tomber, elle ne peut s’empêcher d’y repenser », avait plaidé son avocat Me Wilmotte.

    Alors, une fois de retour à Yernée- Fraineux, en l’absence des propriétaires,elle retire délicatement la plinthe et plonge sa main dans l’enveloppe. 

    Combien prend-elle ?

    «Elle ne peut pas le dire. Elle attrape les billets sans les compter »,avait encore affirmé Me Wilmotte.

    Comme il s’agit de grosses coupures de 500 euros qu’elle pourra difficilement écouler au magasin,elle décide de placer son larcin sur trois comptes d’épargne différents

    à partir desquels elle effectue,dans les semaines qui suivent, plusieurs retraits « pour payer les factures, acheter du mazout,une télé et un lave-linge » selon Me Wilmotte.

    Après un court répit, Natacha se laisse tenter une seconde fois par cet argent si facilement acquis.

     De retour à Yernée, elle retire à nouveau la plinthe, l’enveloppe est toujours là.

     Comme la première fois, elle s’empare à l’aveugle d’une liasse de billets dont elle ne profitera pas. 

    Prise en flagrant délit par les propriétaires, elle est forcée de remettre les 12.500 euros qu’elle avait déjà enfouis dans son sac.

     En aveux, elle restitue aussi les 2.500 euros qu’elle cachait dans son véhicule.

    Avant de déposer plainte, les propriétaires demandent à l’indélicate femme d’ouvrage «qui avait toute leur confiance » de signer une reconnaissance de dette pour un montant de 60.000 euros.

    Somme aujourd’hui contestée par la prévenue qui soutient n’avoir dérobé que 23.500 euros.

    Hier, le président du tribunal a tranché : «il y a tout lieu de croire que le montant du vol s’élève à 55.000 euros. » Que Natacha devra rembourser. 

    Et c’est sans doute là,la sanction la plus sévère. 

    Il y a un mois, la jeune maman n’avait restitué que 100 euros. 

    Elle est en médiation de dettes.

     Dans ses attendus,le président relève d’ailleurs «le peu de probabilité pour les victimes de récupérer leur préjudice ». 

    article de MARIE-CLAIRE GILLET dans le journal La Meuse H-W du 13 février 2013