Il y aurait eu des dérives en matière d’achats de vêtements civils pour les policiers de la Zone du Condroz ? l’ex-chef de zone réagit!

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La Zone de police du Condroz est actuellement secouée par une affaire de fraude présumée.

L’ancien chef de corps de la Zone de police du Condroz, l’Ouffetois Philippe Prévot, et un officier-adjoint auraient acheté des vêtements civils sur le compte de la Zone de Police. Ils sont actuellement tous les deux en maladie et attendent leur pension.

« En août 2014, l’ancien chef de corps a demandé que les policiers qui sont en représentation puissent acheter des vêtements civils. La masse d’habillement des policiers est régie par une loi fédérale qui attribue un quota de points, environ 35.000 par an, à chaque policier pour ses vêtements. Le collège a accepté tout en insistant que cela devait être fait dans le respect strict de la législation », explique Philippe Dubois, président de la Zone de Police du Condroz.

Le hic, c’est qu’il y a un an, le collège de police a constaté une explosion des montants de cette masse d’habillement qui s’est poursuivie lors des budgets suivants.

« Il y avait une relation de confiance avec l’ancien chef de corps. Le collège a toujours travaillé sur base des rapports qu’il nous présentait. Il y a à présent une présomption d’abus et nous savons que nous avons reçu de mauvaises informations », ajoute Philippe Dubois.

« Fin de l’année 2018, lors de deux comités de concertation de base, l’autorité nous a informé qu’elle avait constaté cette explosion budgétaire de la masse d’habillement. Pour une zone de police à taille équivalente, le budget est de 40.000€ (NDR : il est de 85.000€ en 2019). Le président de la zone nous a indiqué qu’il fallait tenir compte que 10 à 12 agents ont été engagés ces dernières années mais cela n’explique pas tout », indique Fabrice Discry, délégué permanent SNPS.

« La Zone de Police du Condroz a fait le choix de ne plus s’adresser à la police fédérale mais a lancé un marché public qui a été remporté par une société. Cela coûte plus cher mais la qualité est meilleure », précise Fabrice Discry.

« Je suis outré par ces dépenses effectuées par l’ancien chef de corps et un officier adjoint sur le compte de la Zone de Police ! Je préfère que cet argent soit utilisé pour acheter du matériel de protection et de sécurité des policiers ou pour payer les heures supplémentaires, s’il y en a. Ces pratiques portent atteinte à l’image de la police alors que tous les autres policiers de la Zone du Condroz sont intègres. Je mettrai ce point à l’ordre du jour du prochain comité de concertation de base », prévient encore le délégué syndical.

« Nous avons prévenu la tutelle de ces problèmes budgétaires en avril dernier. Nous ferons toute la lumière sur ce qui s’est passé et nous voulons rassurer la population. Un Conseil de Police s’est tenu ce mardi soir et à l’unanimité, les dix bourgmestres ont décidé de se faire assister d’un avocat pour gérer la situation. Une commission interne, chargée de l’habillement, va être mise en place avec tous les partenaires concernés, y compris les organisations syndicales avec qui nous avons de bonnes relations », annonce Philippe Dubois.

A noter que Philippe Prévot que nous n’avons pu joindre, n’a toujours pas été remplacé par le Liégeois Paul Carral Vazquez après plus de deux ans d’attente. « Nous attendons toujours la signature de l’arrêté royal et sa parution au Moniteur. Si le Roi pouvait signer rapidement, cela apporterait de la sérénité dans la Zone de Police du Condroz et cela permettrait de faire avancer les choses », conclut Fabrice Discry.

MARC GÉRARDY

Suspension du prononcé pour Philippe Prévot en 2015

En 2013, Philippe Prévot, chef de Zone de la Police du Condroz, avait prêté de l’argent à Frédéric Fagnoul qu’il prenait pour un ami mais qui, depuis lors, a été condamné en Grande-Bretagne.

Ce dernier avait remis, en garantie, des armes à Philippe Prévot qui les avait conservées dans son coffre personnel en attendant son remboursement. L’année suivante, le chef de corps, titulaire d’un permis de chasse, avait encore concédé un prêt à Frédéric Fagnoul, que celui-ci avait garanti en lui remettant trois autres armes, destinées à la chasse.

Ne voyant pas revenir son argent, Philippe Prévot avait rapporté les armes au commissariat pour les faire enregistrer. Il n’entrait cependant pas, a relevé le tribunal, dans les conditions d’un prêt d’armes : c’est bien en 2013, dans les huit jours après être entré en possession des armes, que tout cela aurait dû être fait. Quant aux autres armes, il les a déclarées «alors qu’il n’est jamais entré en leur possession », a relevé la juge. Il y a donc bien eu faux et usage de faux mais il « ne poursuivait manifestement aucun objectif délictueux ou criminel » : il a bénéficié d’une suspension simple du prononcé.

La Zone de police du Condroz est actuellement secouée par une affaire de fraude présumée.

L’ancien chef de corps de la Zone de police du Condroz, l’Ouffetois Philippe Prévot, et un officier-adjoint auraient acheté des vêtements civils sur le compte de la Zone de Police. Ils sont actuellement tous les deux en maladie et attendent leur pension.

« En août 2014, l’ancien chef de corps a demandé que les policiers qui sont en représentation puissent acheter des vêtements civils. La masse d’habillement des policiers est régie par une loi fédérale qui attribue un quota de points, environ 35.000 par an, à chaque policier pour ses vêtements. Le collège a accepté tout en insistant que cela devait être fait dans le respect strict de la législation », explique Philippe Dubois, président de la Zone de Police du Condroz.

Le hic, c’est qu’il y a un an, le collège de police a constaté une explosion des montants de cette masse d’habillement qui s’est poursuivie lors des budgets suivants.

« Il y avait une relation de confiance avec l’ancien chef de corps. Le collège a toujours travaillé sur base des rapports qu’il nous présentait. Il y a à présent une présomption d’abus et nous savons que nous avons reçu de mauvaises informations », ajoute Philippe Dubois.

« Fin de l’année 2018, lors de deux comités de concertation de base, l’autorité nous a informé qu’elle avait constaté cette explosion budgétaire de la masse d’habillement. Pour une zone de police à taille équivalente, le budget est de 40.000€ (NDR : il est de 85.000€ en 2019). Le président de la zone nous a indiqué qu’il fallait tenir compte que 10 à 12 agents ont été engagés ces dernières années mais cela n’explique pas tout », indique Fabrice Discry, délégué permanent SNPS.

« La Zone de Police du Condroz a fait le choix de ne plus s’adresser à la police fédérale mais a lancé un marché public qui a été remporté par une société. Cela coûte plus cher mais la qualité est meilleure », précise Fabrice Discry.

« Je suis outré par ces dépenses effectuées par l’ancien chef de corps et un officier adjoint sur le compte de la Zone de Police ! Je préfère que cet argent soit utilisé pour acheter du matériel de protection et de sécurité des policiers ou pour payer les heures supplémentaires, s’il y en a. Ces pratiques portent atteinte à l’image de la police alors que tous les autres policiers de la Zone du Condroz sont intègres. Je mettrai ce point à l’ordre du jour du prochain comité de concertation de base », prévient encore le délégué syndical.

« Nous avons prévenu la tutelle de ces problèmes budgétaires en avril dernier. Nous ferons toute la lumière sur ce qui s’est passé et nous voulons rassurer la population. Un Conseil de Police s’est tenu ce mardi soir et à l’unanimité, les dix bourgmestres ont décidé de se faire assister d’un avocat pour gérer la situation. Une commission interne, chargée de l’habillement, va être mise en place avec tous les partenaires concernés, y compris les organisations syndicales avec qui nous avons de bonnes relations », annonce Philippe Dubois.

A noter que Philippe Prévot que nous n’avons pu joindre, n’a toujours pas été remplacé par le Liégeois Paul Carral Vazquez après plus de deux ans d’attente. « Nous attendons toujours la signature de l’arrêté royal et sa parution au Moniteur. Si le Roi pouvait signer rapidement, cela apporterait de la sérénité dans la Zone de Police du Condroz et cela permettrait de faire avancer les choses », conclut Fabrice Discry.

MARC GÉRARDY 

Source 

« Je me demande pourquoi cette prétendue affaire sort maintenant,s’insurge Philippe Prévot. Tous les achats ont toujours été effectués en totale transparence. Une délibération officielle du Collège de Police a été prise. J’ai bien expliqué le bien-fondé de ma requête et je croyais avoir été bien entendu. Le Collège était au courant, ou alors ils signent des documents sans les lire… »

 

 

Et l’ancien chef de corps, actuellement en congé de maladie et en attente de pension, de détailler sa version des faits. «  Chaque policier reçoit chaque année une dotation de 35.000 points (l’équivalent de 850 euros NDLR) pour couvrir ses dépenses en habillement. Ses dépenses peuvent concerner l’uniforme ou le képi, mais les policiers ne sont pas toujours en uniforme. Dans certains cas, enquête sur le terrain ou présence lors d’événements officiels, il est préférable d’être en civil. Après les attentats, on nous a même conseillé de privilégier les vêtements civils. Dès lors, en 2014, j’ai demandé que les officiers de police et le service d’enquête puissent utiliser une partie de leur quota pour l’habillement civil. Le Collège a accepté. »

« Cumul de points »

Philippe Dubois, président de la zone de police reconnaît d’ailleurs avoir avalisé cette demande (notre édition de jeudi). Le problème, selon Fabrice Discry, délégué permanent SNPS, c’est que les montants liés à cette masse d’habillement auraient explosé.

« Pour une zone de police de taille équivalente, le budget est de 40.000 euros. » En 2019, pour la zone du Condroz, il s’élèverait à 85.000 euros en 2019.

Philippe Prévot justifie cependant cette « explosion » par divers arguments : « Le tout premier est qu’il ne s’agit que d’un budget c’est-à-dire une prévision de dépense. Il est donc certain que si le personnel cumule ses points de masse d’habillement, le budget augmentera puisqu’il est censé pouvoir couvrir les dépenses. Toutefois, il n’est nullement certain que tous les policiers vont acheter de l’équipement pour l’ensemble des points. L’enveloppe budgétaire devrait alors être excédentaire. Le nombre de policiers engagés au sein de la zone a augmenté. »

Pour acheter leurs vêtements, la zone de police avait un accord avec un équipementier et pouvait se fournir dans des commerces locaux. « Pour les costumes, nous allions à la Différence, pour les vêtements plus basiques destinés aux enquêteurs jeans –, ils se fournissaient chez JBC ».

L’ancien chef de corps insiste encore : non seulement les achats ont été effectués en toute transparence, mais il n’y a eu aucun enrichissement personnel.« Jamais il n’y a eu de robe achetée pour madame, ou de T-shirt pour le gamin… Tous les vêtements ont été acquis par des policiers dans le cadre de leur fonction. »

Et l’ancien chef de corps se dit prêt à aller jusqu’au bout pour démontrer sa bonne foi : « Personne n’est parfait, mais dans ce cas-ci, je suis tout à fait droit dans mes bottes. »

Fraude à la police du Condroz: l’ex-chef de zone réagit!

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