Nandrin aussi dans les pénuries de médecins

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Ce sont des témoignages poignants de médecins qui nous ont poussés à nous interroger sur la pénurie de généralistes. L’Agence pour une vie de qualité (Aviq) indique que 144 communes wallonnes y font face, contre 119 en 2016. Dans certaines d’entre elles, les médecins sont au bout du rouleau.

« Je n’en peux plus. Les patients font file dans ma salle d’attente et je n’arrive pas à prendre un jour de repos. Je travaille chaque jour de 7 heures à 22 heures. Et un week-end sur deux, je suis de garde. Je suis épuisé physiquement et émotionnellement… Et pourtant, entre les épidémies de gastro-entérite et de grippe, les semaines à venir seront les pires ! Mais je tiens bon car je sais que mes patients ont besoin de moi. Il faut vraiment trouver une solution sur le long terme. Je suis âgé et je ne vois aucun jeune qui vient s’installer dans ma région. Si on ne fait rien, mes patients devront faire d’ici dix ans 30 à 40 kilomètres pour être soignés », nous confie un médecin de la province de Luxembourg.

« UNE VIE INFERNALE » Dans le Centre, des praticiens ne trouvent pas de remplaçant durant leurs congés. « On arrive en période de congés scolaires.

Et je ne trouve aucun confrère qui accepte que j’oriente ma patientèle vers lui durant mes vacances à l’étranger. Quand un d’entre nous est en congé, la situation devient extrêmement compliquée pour les autres. Déjà surchargés de travail, ils doivent accueillir temporairement de nouveaux malades. Et dans ces cas-là, on croise les doigts pour qu’un des médecins ne tombe pas malade ou n’aie pas un problème familial. Car ce serait une vraie catastrophe », affirme un généraliste louviérois.

Tout cela pousse certains d’entre eux à prendre des mesures radicales. « Nous sommes toujours plus nombreux à refuser de nouveaux patients pour garder un semblant de vie privée. Pour ma part, j’ai mis un terme aux consultations libres.

Aujourd’hui, c’est sur rendez-vous », ajoute un autre docteur. Si bon nombre des témoignages qui nous sont parvenus sont anonymes, ce ressenti global est confirmé par les statistiques. Selon l’Aviq, plus d’une commune sur deux en Wallonie fait face à une pénurie de généralistes. Cela représente 144 communes. À en croire les praticiens interrogés, la situation va aller crescendo avec les années. Mais comment expliquer ce phénomène ?

« Tout d’abord, la médecine généraliste n’est pas perçue durant les études comme un choix prestigieux, beaucoup d’étudiants se spécialisent donc. Ensuite, les jeunes souhaitent aujourd’hui une vie personnelle épanouissante avec des horaires de 8 heures à 18 heures. Là où la génération plus âgée pouvait travailler jusqu’à 21 ou 22 heures », nous confie Thierry Van der Schueren, Secrétaire Général de la Société Scientifique de Médecine Générale (SSMG).

REFUS DES NOUVEAUX PATIENTS

« À cela s’ajoute, la complexité croissante de notre métier avec davantage de patients souffrant de maladies chroniques et des patients plus exigeants. Ils veulent par exemple participer au choix des médicaments. Cela allonge le temps de consultation. C’est pourquoi de plus en plus de généralistes placent des limites concernant le nombre maximal de patients à la journée », continue-t-il.

L’âge moyen de nos médecins étant de plus en plus élevé, la situation ne risque pas de s’arranger car ils ne seront pas tous remplacés par des jeunes. « Il y a des poches de pénurie plus problématiques. C’est surtout le cas en milieu rural. Dans ces communes, il y a moins d’habitants et les médecins doivent parcourir de nombreux kilomètres entre chaque patient.

Ces zones sont aussi éloignées des grandes villes et les médecins ne disposent pas de tous les services. Tout cela n’incite pas les jeunes à venir s’y installer », affirme Dr Simon, de Colfontaine. « Dans certaines régions, la pénurie s’exprime davantage au niveau des services de garde. Il n’y a pas assez de généralistes pour travailler les nuits et weekends. Et certains sont obligés de faire de nombreux soirs ». -

Article de ALISON VERLAET

Source 

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Commentaires

  • ? Tout en contradiction avec l'article:
    -Les médecins généraliste heureux de leurs conditions de travail.
    -Les généralistes sont de plus en plus nombreux à être prêts à conseiller cette carrière à leurs enfants. 71% des généralistes sont satisfaits de leurs conditions de travail ! Capté dans "Le journal du médecin" par le Soir.

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