9 policiers pour arrêter un jeune migrant hébergé à Nandrin

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Quatre familles qui hébergent des migrants ont été la cible de perquisitions de police ce dimanche matin. Alors que trois d’entre elles est bruxelloise, l’une est nandrinoise. Amélie et ses parents hébergeaient depuis sept mois un jeune homme originaire du Soudan. Il a été privé de liberté.

 

Amélie et ses parents hébergent depuis le mois de mars derniers S, 22 ans, chez eux, à Nandrin. Il a été privé de liberté dimanche matin lors d’une perquisition de la police fédérale chez eux alors que le jeune homme se trouvait seul dans le domicile familial.

« Ma maman m’a déposée au travail dimanche matin très tôt. J’ai reçu un message vocal du téléphone fixe. C’était S, il criait mon prénom, il appelait au secours. Des hommes criaient après lui », explique Amélie.

Alertés, la jeune fille et sa maman ont pris la route de leur maison. Arrivées, elles ont retrouvé neuf agents de la police fédérale dans leur salon et S était menotté. « Je leur ai demandé un mandat de perquisition, il en avait bien un mais il n’était pas nominatif. J’ai tout de suite essayé d’appeler mon père, mais un policier a arraché mon gsm des mains. Ils nous ont obligé à rester dans la cuisine, à ne pas s’approcher de S. Ils nous menaçaient de nous emmener aussi ». Le jeune homme, menotté, a ensuite été emmené au poste de police fédérale à Bruxelles, tout comme 14 autres migrants hébergés à Bruxelles, dont deux ont été relâchés lundi. Fabienne et sa fille n’ont pas été privées de liberté, contrairement à deux autres hébergeuses de Bruxelles. « Aujourd’hui, tout ce qu’on sait, c’est que S fait l’objet d’une instruction judiciaire, mais on ne sait pas pourquoi, on ne nous communique rien ».

Ce qui interpelle également la mère et la fille a été le comportement des agents. « On a été malmenés, ils nous riaient au nez comme si la situation était marrante », explique Amélie. « Ca nous donne encore plus envie de nous mobiliser pour les personnes en détresse ». Le combat ne s’arrêtera donc pas là pour la famille hébergeuse.

Visite domiciliaire déguisée

Selon les premières informations de Mehdi Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne, les mandats auraient été obtenus sur base de numéros de téléphone qui auraient été donnés par les hébergeurs à leurs hébergés. « Néanmoins, ces numéros de téléphone appartenant aux hébergeurs, il est curieux que ceux-ci n’aient été, dans deux cas sur quatre, pas inquiétés et que seuls leurs hébergés aient été privés de liberté. Il semble que le parquet ait trouvé une parade au projet de loi dit des visites domiciliaires ».

Et pour l’avocat, Me Alexis Deswaef, ces arrestations sont un dommage collatéral des mesures de lutte anti-terroristes et plus précisément de celle qui a supprimé l’anonymat des cartes SIM. « Sans documents d’identité, les sans-papiers ne peuvent en effet plus s’en procurer et se sont les hébergeurs qui les leur achètent à leur nom ».

Pour rappel, l’article 77 de la loi du 15 décembre 1980 punit l’aide au séjour illégal mais précise qu’elle ne s’applique pas « si l’aide est offerte pour des raisons principalement humanitaires ».

Article de ESEN KAYNAK

 

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