Nandrinois ,Don d’organe : les Wallons plus généreux

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Les femmes plus réceptives que les hommes

En matière de don d’organe, les Wallons se montrent les plus généreux en Belgique. Sur papier en tout cas. Interrogé à ce sujet par le député bruxellois Gautier Calomne (MR), le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a donné des chiffres qui en attestent. 122.000 Wallons ont fait enregistrer officiellement leur consentement à ce don post mortem contre 146.000 Flamands tandis que les Bruxellois sont seulement 15.000 à l’avoir fait.

Les Belges sont loin d’afficher tous la même sensibilité par rapport à la délicate question du don d’organe. Rappelons que la loi actuelle se base sur le principe de « Qui ne dit mot consent ». Chaque citoyen belge ou inscrit au registre des étrangers depuis au moins 6 mois est un donneur présumé, sauf s’il s’y est opposé officiellement. Le don d’organes est anonyme et n’est pas rémunéré.

Une fois la mort cérébrale constatée par trois médecins, qui doivent toujours être indépendants des équipes de prélèvement et de transplantation, on peut prélever les organes qu’on appelle « nobles », c’est-à-dire ceux dont on ne peut se passer pour vivre, comme le cœur, les poumons, le foie, les reins, le pancréas et les intestins.

L’ACCORD DES PROCHES

Une subtilité tout de même. Au moment où le décès est constaté, les proches sont consultés et ils peuvent s’opposer à cette opération. C’est pourquoi chaque citoyen peut faire enregistrer au Registre national une déclaration donnant explicitement son consentement ou au contraire manifestant son opposition à tout don d’organe après sa mort. Et c’est là que les Belges se différencient.

Interrogé à ce sujet par le député bruxellois Gautier Calomne (MR), le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) a donné des chiffres très parlants. En date du 2 juin dernier, 122.600 Wallons avaient donné leur consentement explicite à un don éventuel d’organe après leur décès.

Ils étaient 146.600 en Flandre, ce qui est nettement moins proportionnellement à leur population. Et les Bruxellois sont en queue de peloton avec 16.207 consentements à peine, soit à peine 1,5 % des habitants de la capitale.

Cette méfiance bruxelloise se retrouve au niveau des oppositions au don d’organe. Plus de 29.000 Bruxellois ont effectué une déclaration pour s’y opposer explicitement. Il y a donc 60 % de plus de gens opposés que de gens qui y ont consenti.

En Wallonie, c’est le contraire puisque 88.345 personnes se sont opposées à un tel don, soit 30 % de moins que les partisans. Ici encore, les Wallons sont les plus ouverts puisque le nombre d’opposants en Flandre (118.874) est de seulement 20 % inférieur au nombre de partisans.

« Je pense qu’un facteur religieux joue », explique Jean-Marie Minotte, président de l’association Aidons (association d’information du don d’organe et sensibilisation).

« Ni l’islam, ni l’Église catholique ne sont opposés au don d’organe en estimant que cela relève du don de soi. Mais il suffit parfois que l’imam ou le curé du coin y soit opposé… Et j’ai eu écho qu’on n’était pas très favorable au don d’organe dans les pays d’Afrique du nord. »

LES FEMMES D’ABORD !

Des chiffres donnés par Jan Jambon, un autre phénomène frappe. Les femmes sont deux fois plus nombreuses que les hommes à donner un consentement explicite, quelle que soit la région.« Elles sont plus ouvertes sur la question et cela les dérange beaucoup moins », confirme le président liégeois de Aidons.

Quant à l’interpellant Gautier Calomne, il conclut : « Les tendances statistiques sont fort interpellantes. Les Bruxellois se signalent très majoritairement contre le don d’organes.

Et, en Wallonie comme en Flandre, les femmes sont nettement plus ouvertes que les hommes sur le sujet.

En tant que responsable public, je mesure combien ce geste de solidarité n’est pas encore pleinement ancré dans les mentalités et qu’il reste encore un effort important à faire en termes de pédagogie. »

Article de - MARC BEAUDELOT

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