Apprendre aux élèves à boire de l’eau: autre défi pour l’école

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L’accès à l’eau dans le cadre scolaire est un droit pour tous les élèves, quel que soit le milieu dans lequel ils vivent. Pour l’Ufapec, l’enjeu est fondamental, «  car apprendre à boire de l’eau à l’école dès le plus jeune âge conditionne la consommation d’eau pour plus tard. Il s’agit bien d’une préoccupation de santé publique et d’habitudes sociales qui vont au-delà de l’école  ».

Parents préoccupés

«  Lors de nos rencontres avec des parents, nous avons constaté à quel point consommer de l’eau à l’école est une préoccupation qui revient dans les discussions. L’eau est source de vie, indispensable à la croissance des enfants ; pourtant, beaucoup d’élèves boivent des boissons sucrées…  », relève l’auteur de cette étude qui note encore l’importance de l’accès à des lavabos pour l’hygiène des mains avant de manger, quel que soit l’âge de l’élève.

S’habituer à boire de l’eau, c’est aussi limiter la consommation de boissons sucrées qui n’est pas sans conséquences sur la santé des enfants : la mutualité chrétienne relevait que «  la consommation excessive de sodas augmente de façon non négligeable le risque de caries  ». Sans négliger les problèmes de surpoids et les maladies qui y sont liées (diabète, troubles du sommeil, etc.).

Faut-il déjà d’autres raisons de promouvoir la consommation d’eau chez les enfants ? Selon la Fondation Roi Baudouin, le besoin en eau des enfants est encore plus important que celui des adultes. «  Dans la mesure où les enfants transpirent davantage que les adultes, leurs besoins en eau sont proportionnellement de 3 à 5 fois plus élevés. Ainsi, garçons et filles de 2 à 3 ans ont besoin de 1,3 litre/jour. Entre 4 et 8 ans, la quantité nécessaire en eau passe à 1,6 litre/jour, puis à 2,1 litres/jour pour les garçons, et à 1,9 litre/jour pour les filles de 9 à 13 ans. Les besoins hydriques des ados sont considérés comme identiques à ceux des adultes.  »

Et l’hydratation est importante pour l’apprentissage : «  Lien direct avec l’acquisition de savoirs, un élève hydraté sera mieux dans son corps, et directement mieux dans sa tête. Il sera donc davantage disponible pour les apprentissages  », relève l’Ufapec.

Fontaines à eau

Il y a aussi un enjeu de santé publique : «  Il y a de fortes chances que les élèves qui auront pris l’habitude de boire de l’eau à l’école continueront à en boire plus tard, ce qui aura un impact positif en termes de santé publique  », poursuit l’Ufapec qui y voit un thème pouvant réunir tous les acteurs de l’école, des directions aux parents. «  La mise en œuvre d’un tel partenariat influence positivement le climat de l’école.  »

La ministre de l’Éducation est-elle prête à s’investir dans ce challenge ? Si Marie-Martine Schyns (cdH) s’est associée à sa collègue flamande Hilde Crevits (CD&V) pour réfléchir au contenu des distributeurs de sodas dans les écoles (lire ci-contre), son cabinet précise que « l’installation de fontaines à eau dans les établissements est laissée à la décision de chaque pouvoir organisateur. Nous en appelons à leur autonomie dans ce domaine  ».

Les fontaines à eau ? L’Ufapec a son avis : «  Elles peuvent réduire les emballages et inciter à remplir les gourdes. Mais le coût initial est important pour l’école, il faut un entretien régulier et, dans certains cas, elles entraînent des jeux inadéquats, qui salissent le sol  ».

Bref, rien n’est simple…

DIDIER SWYSEN

Distributeurs de produits moins sucrés dans les écoles

Les distributeurs de produits sucrés ne disparaîtront pas de nos écoles secondaires, mais leur contenu va évoluer. La ministre Schyns (cdH) se place dans la foulée de sa collègue flamande, Hilde Crevits (CD&V), et veut un accord avec le secteur de la distribution pour que les produits vendus soient moins nocifs pour la santé de nos ados. Sauf que le dossier ne semble plus trop avancer depuis cette annonce faite l’an dernier. Alors, où en est-on ?

«  Le dossier est toujours en préparation et les contacts avec les différents intervenants sont bien avancés, mais pas encore aboutis  », répond le cabinet de la ministre Schyns. «  La démarche de la Fédération Wallonie-Bruxelles avec la Fédération de l’industrie alimentaire belge (Fevia) est la même que celle mise en place par la ministre Crevits, à savoir une convention entre la grande distribution et les réseaux, la Fevia et la FWB agissant comme facilitateurs. Nous poursuivons donc, avec la Fevia, la concertation avec le secteur de la distribution afin d’aboutir à une position commune. Par ailleurs, la stratégie de prévention en matière de santé à l’école doit avoir pour ambition d’agir sur l’éducation à l’alimentation saine et non uniquement sur les distributeurs de sodas. En 2018, un appel à projets a été lancé visant à soutenir les écoles qui prennent des initiatives en matière d’alimentation saine et de qualité, pour pérenniser les bonnes pratiques et en susciter de nouvelles.  »

Avant Marie-Martine Schyns, d’autres ministres, Marie Arena (PS) et Marie-Dominique Simonet (cdH), s’étaient cassé les dents sur ce dossier. Mais à l’époque, elles parlaient de faire disparaître les distributeurs des écoles…

D.SW.

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