Une nouvelle voiture pour la Nandrinoise d’origine Sarah Bovy pour les 24h de Francorchamps

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Sarah, comment expliquez-vous être la seule dame du plateau ?

C’était déjà le cas l’année dernière. Et pourtant, il y a assez bien de jeunes femmes qui font notamment du karting. Mais le sport moteur, à un certain niveau, requiert de l’expérience et de la maturité. Or, entre 25 et 30 ans, c’est le moment où certaines font un choix de famille. Pour ma part, j’estime avoir encore le temps de vivre à fond ma passion avant de prendre une telle décision.

Pourquoi vous faites-vous si rare en compétition ces derniers temps ?

J’ai beaucoup d’activités liées à mon travail, que ce soit en Belgique ou à l’étranger, et puis ce sport est toujours lié à l’apport de sponsors. Or, il devient assez compliqué de trouver des sociétés qui acceptent de mettre des fonds pour des courses parfois éloignées de leur environnement géographique. Par contre, pour Spa, c’est jouable car la plupart de mes soutiens financiers proviennent de la région et cette course est une splendide vitrine médiatique.

Qu’est ce qui apporte à Spa Francorchamps ce titre de plus beau circuit du monde ?

Il y a d'autres beaux tracés, mais ici c’est un mélange de choses qui rend l’endroit mythique. Il a su garder la noblesse d’antan en respectant son authenticité et son âme malgré les améliorations en termes de sécurité. Rien n’est comparable à cette sensation de voir les rescapées de la nuit longer un paysage bercé par ce magnifique lever de soleil. Et puis il recèle quelques virages qui, s’ils sont abordés à pleine vitesse, apportent leur lot de frissons.

Pour cette 5e participation, vous changez (encore) de bolide. Quelles sont les spécificités de cette Lamborghini Super Troféo ?

J’ai effectivement déjà piloté une Vertigo (2007), une Mc Laren (2012), une Aston Martin (2013) et une Lamborghini GT3 (2017) avant de passer sur cette Super Troféo (V10 de 620 cv). Si la marque reste la même que lors de ma dernière participation, le mode de conduite sera fondamentalement différent car ce modèle-ci ne comporte pas, conformément au règlement, les améliorations aérodynamiques et la technologie de la version la plus récente. On se rapproche donc plus du pilotage d’une monoplace où il faut se battre dans chaque portion. Dans des endroits comme Blanchimont, cela risque d’ailleurs d’être chaud à cause du manque connu de grip à l’avant.

La Super Troféo que Sarah Bovy conduira ce week-end aux 24h

Quels sont les objectifs pour cette édition ?

Le premier est de passer la ligne évidemment. Je n’y étais pas parvenue lors de mes 3 premiers passages aux 24h mais depuis l’an dernier, c’est chose faite… et à refaire. Mais avec cette machine, on peut raisonnablement envisager également un podium dans notre catégorie (Group National). Il faudra voir comment notre équipage (Andrew Haryento, Andres Josephsohn, Beniamino Caccia) se comporte avec un tel bolide mais si nous ne commettons pas d’erreur et que la mécanique ne nous fait pas faux bond, nous devrions être plus rapides que les Porsche.

Qui sera au volant pour le grand départ ?

J’ai déjà eu cette chance précédemment. Et mon expérience sur ce circuit peut être un atout, mais c’est généralement le plus rapide du team qui hérite de cette place or je n’ai plus piloté une Super Troféo depuis 2015. Cela ne se décidera donc que vendredi, au terme des essais chronométrés, d’autant que je ne connais aucun de mes équipiers et n’ai donc jamais roulé à leurs côtés.

Désormais, vous habitez à Uccle, mais vous arrive-t-il d’encore venir à Nandrin ?

 

Oui, très souvent. Mes parents habitent toujours le village et je leur rends régulièrement visite. Cela permet de me ressourcer un peu et puis ce sont mes proches qui me canalisent quand cela va un peu moins bien. J’ai besoin de ce support.

 

M.ROB

Un agenda de ministre

 

Mercredi : briefing d’équipe et l’incontournable parade des pilotes (du circuit à la ville de Spa) au cours de laquelle Sarah ne pilotera pas son engin de course mais une voiture mise à sa disposition par la marque au taureau (probablement une décapotable).

Jeudi : une journée entièrement dédiée à la piste avec les essais libres suivis des séances chronométrées de jour et de nuit. C’est le moment le plus important de l’avant week-end puisqu’il définit l’ordre de départ sur la grille mais sert également à choisir le pilote qui prendra le départ en course.

Vendredi : seuls les 20 premiers concourent pour la super pôle, ce qui ne devrait pas concerner la Lamborghini Super Troféo, moins rapide que les GT.

Samedi : un vrai marathon ! Sarah devra presque se démultiplier pour pouvoir honorer toutes les activités prévues avec les sponsors, soutiens, amis et membres de la famille. Sans oublier qu’il est nécessaire, à un moment, de prendre un peu de repos, histoire de ne pas avoir déjà entamé la jauge d’énergie avant la grid-walk (ouverture de la zone de départ à quelques invités) et le départ d’une course de 24h.

Dimanche : Sarah et ses coéquipiers espèrent passer la ligne sur le coup de 16h30, après un double tour d’horloge si éreintant qui réserve toujours son lot de surprises.

Et si tout se passe bien, il faudra encore se mettre à disposition du protocole, pour un éventuel podium qui n’a encore jamais accueilli la pilote sur cette compétition.

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Photo Jean François Kalin 

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