les Nandrinois se plaignent du bruit la nuit, aérport de Bierset

Lien permanent

 

Liège, Loncin, Nandrin, Neupré,... Les plaintes viennent d’un peu partout. Depuis plus d’un mois, les nuits complètes semblent devenir impossibles dans plusieurs communes de l’arrondissement liégeois.

En cause : des avions trop bruyants au-dessus des maisons. Le phénomène est d’autant plus marqué ces derniers temps. Ce qui est particulièrement étonnant puisqu’en temps normal, les trajectoires des appareils sont optimalisées pour éviter les zones fortement peuplées, à basse altitude, tout comme l’agglomération liégeoise.

Moins de vols

Les vols de nuit auraient-ils augmenté ? «  Il n’en est rien  », déclare Christian Delcourt, le porte-parole de l’aéroport. «  Le nombre de mouvements d’avions est en baisse sur notre aéroport. Ce qui a changé, c’est le type d’aéronefs qui évolue vers des plus gros porteurs. Cela explique que le volume transporté augmente pour un nombre d’avions en diminution - plus de 45.000 en 2012, contre 9230 sur le premier semestre de 2018. On peut compter 80 mouvements par nuit en moyenne et une vingtaine de jour.Le bruit de l’avion dépend aussi de sa date de construction, plus il est récent, moins sa motorisation est bruyante, mais aussi de son emport, s’il transporte moins de tonnes, il fait moins de bruit  ». Voilà donc une des raisons qui pourrait expliquer les nouvelles nuisances... moins d’avions mais plus de bruit du fait de leur contenu chargé.

Et quand on sait que de nouveaux géants, comme Alibaba, vont débarquer à Bierset, le phénomène pourrait prendre de l’ampleur...

Le conseiller communal François Schreuer tire la sonnette d’alarme et le bourgmestre Willy Demeyer se charge d’interroger la SOWAER (la Société Wallonne des Aéroports) à ce sujet. A deux reprises.

Luc Vuylsteke, président du comité de direction de la SOWAER, fait part de son explication. «  Les avions décollent et atterrissent toujours face au vent, pour des raisons de sécurité afin de minimaliser la vitesse par rapport au sol  ».

Ainsi, la piste a été orientée, dès sa construction initiale, selon les vents dominants dans notre région qui proviennent principalement du secteur Sud-Ouest. «  C’est pourquoi la majorité des décollages utilisant la piste 22, s’effectuent vers le Sud-Ouest, en direction de Saint-Georges (sens habituel)  ». Cette procédure habituelle, comme indiqué, devrait normalement être très peu perçue depuis la Ville de Liège...

En cause  : le vent

D’où nous viennent alors les nuisances sonores de plus en plus pointées par les habitants ? Du vent. En résumé, c’est un peu cela. Explications. «  Une autre procédure peut être plus particulièrement perçue, sur les quatre procédures principales relatives à l’aéroport de Liège: les décollages utilisent la piste 04R, en général plus rares, prescrits quand la composante Nord-Est du vent impose l’utilisation de ce sens inhabituel, pour des raisons de sécurité  », explique encore Luc Vuylsteke.

Et donc, lors de l’utilisation de cette procédure, les avions ne décollent plus en direction de Saint-Georges, mais bien en direction de Fexhe-Slins, en effectuant un virage vers le Nord, et suivent alors différents itinéraires selon leur destination finale.

Plus perceptible à Liège

Notons que cette procédure est plus perceptible depuis l’agglomération liégeoise.

Il peut éventuellement arriver que des mouvements relatifs à cette procédure puissent virer prématurément vers l’Est ou le Sud-Est.

Et en effet, pour répondre à la problématique, depuis le mois de mai, c’est bien cette piste 04 qui a été utilisée de manière plus importante suite aux vents récurrents du secteur Nord-est.

Notons tout de même que seulement 194 plaintes ont été enregistrées en 2017.

8.642 insonorisations déjà effectuées

LUNDI, JUILLET 16, 2018 - 17:45

«  Seulement 2 % des contacts entre les riverains et l’aéroport ont abouti à des plaintes », affirme Christian Delcourt, porte-parole de Liege Airport. En effet, en 2017, 167 plaintes ont été déposées – contre 981 en 2002. 5711 contacts ont été établis avec les riverains, parmi ceux-ci, 5544 souhaitaient des informations.

L’aéroport se vante d’une politique d’insonorisation et d’écoute des riverains.

Ainsi, 8.642 insonorisations ont été effectuées ainsi que 1774 immeubles achetés.

En fonction de leur localisation, ces immeubles sont démolis, revendus ou encore loués à des fins privées ou économiques.

Par ailleurs, fin 2017, 1202 mesures ponctuelles de bruit ont été effectuées autour des aéroports régionaux, dont celui de Liège.

La politique de la SOWAER impose également d’autres règles en matière de défense des riverains, en plus des rachats et des insonorisations d’immeubles :

Des primes de déménagement sont octroyées aux locataires. 213 ont été octroyées en région liégeoise.

Des indemnités peuvent être octroyées pour les personnes qui exercent une activité commerciale ou professionnelle en cas de perte de revenus induite par le développement aéroportuaire. 56 indemnités ont été octroyées.

Un Plan d’Exposition au bruit (PEB) existe. Il tient compte du trafic aérien estimé à moyen terme et fixe les mesures en faveur des riverains. Il est révisé tous les trois ans.

Le principe d’égalité est une des mesures adoptées dans ce cadre-là. Il permet à tout propriétaire au 13 juillet 2004 d’une habitation périphérique à une des zones du PEB de vérifier le niveau sonore lié au trafic aérien via la pose d’un sonomètre.

Si la mesure démontre que l’habitation est soumise à des niveaux sonores plus élevés que prévus, le propriétaire pourra prétendre aux mesures équivalant aux niveaux sonores enregistrés au droit de son habitation.

Depuis sa création il y a 16 ans, la SOWAER entend établir un équilibre entre les intérêts économiques et la qualité de vie des riverains. En 16 ans, la SOWAER a réalisé des travaux sur ses deux aéroports pour 520 millions d’euros.

E.K.

Article complet clic ici 

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

Optionnel