Nandrinois Les orages feront augmenter les primes d’assurance incendie ?

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Le réchauffement climatique accélère et intensifie les orages sous nos latitudes. Les assureurs, de plus en plus sollicités par les personnes sinistrées, le savent. Cela va-t-il avoir une influence sur les primes ? « Oui, cela va faire augmenter les primes de votre assurance incendie », répond Assuralia, la fédération des entreprises d’assurance.

Depuis 2017, c’est une obligation : l’assurance incendie de votre habitation couvre aussi les dégâts de tempête, d’inondation, de tremblement de terre, de glissement de terrain, de refoulement d’égout… Bref, tout ce qui est lié aux catastrophes naturelles.

Or, il se fait que ces catastrophes ont tendance à gagner en intensité et à se répéter à des intervalles de plus en plus courts. En termes de dégâts, les inondations de ces mois de mai et de juin pourraient égaler celles de mai et juin 2016 où 84.100 sinistres avaient été dénombrés sur la Belgique avec des indemnisations totales de 305 millions d’euros. L’année 2014 avait été pas mal non plus avec de gros dégâts dus à la grêle.

Bref, on a l’impression qu’en Belgique, les orages font de gros dégâts tous les deux ans. « Les années plus calmes comme 2017 et 2015 permettent heureusement aux assurances de faire des réserves, pour des années plus mouvementées comme celle que nous connaissons »,explique Wauthier Robyns, porte-parole d’Assuralia. « Mais les assureurs sont des gens prudents : il faut que les primes tiennent compte d’une possible répétition de phénomènes naturels. Les assureurs s’informent donc auprès des scientifiques qui leur disent en effet qu’il faut s’attendre à des phénomènes plus intenses d’inondations et de tempête. Donc, à long terme, oui : les primes des assurances incendie vont augmenter ». C’est nous, donc, qui allons devoir mettre la main au portefeuille.

Effet papillon

La météo belge n’entre pas seule en ligne de compte. Un ouragan de l’autre côté de la planète peut aussi jouer sur les prix. « Car par prudence, les assureurs belges se réassurent auprès de réassureurs suisses, allemand et américain, etc. dont les prix évoluent aussi »,explique M. Robyns. « Après les inondations de 2017 en Floride, Porto-Rico, les Antilles…, les assureurs locaux ont dû payer plus cher leur réassurance en 2018 de l’ordre de 30 %. Cela s’est en partie répercuté chez nous mais de manière plus douce (+ 5 à 10 %) ».

Impossible pour Assuralia de préciser le montant de la hausse des primes pour le particulier et le timing précis. « Les primes vont augmenter un peu chaque année », résume M. Robyns. « À cause du réchauffement climatique, mais aussi à cause de l’indice Abex (inflation du coût de reconstruction) ».

10 % des Belges pas assurés

Contrairement à l’assurance auto, l’assurance incendie n’est pas obligatoire en Belgique. Selon Assuralia, 10 % de la population en fait l’économie. Est-ce dès lors le Fonds des calamités qui intervient ?

« Uniquement si vous dépendez du CPAS », précise Wauthier Robyns. « Et surtout, il faut aussi que le gouvernement régional reconnaisse que votre village a vraiment été frappé par une « calamité naturelle ». La règle, c’est que le Fonds des calamités n’intervient que pour ce que l’assurance ne couvre pas. Par exemple, si vous n’avez pas l’omnium pour votre voiture et qu’elle subit un dommage dans une inondation, le Fonds peut vous indemniser. »

PAR F. DE H.

 

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