Nandrinois attention l’élevage canin va être réformé

Deux députés chargés de faire des recommandations au ministre

Une bonne partie des chiens qui finissent en refuge ont été achetés auprès d’un éleveur ou d’une animalerie. Le ministre wallon de Bien-Être animal a chargé deux députés de lui remettre un rapport sur ce commerce afin d’améliorer les pratiques et de réduire le nombre d’abandons

«Au départ, je pensais que la mission serait très limitée. Mais après un premier tour de table avec des professionnels du secteur, des vétérinaires et des représentants des refuges, je me suis rendu compte que l’élevage et le commerce des chiens soulevaient beaucoup de problématiques », précise d’emblée le député wallon Philippe Dodrimont (MR). Avec sa consœur Isabelle Joiret (cdH), il a été chargé par le ministre Carlo Di Antonio (cdH) de remettre un rapport sur la question et de faire des recommandations. Premier souci : les chiens importés de l’Est.

« L’image que j’en ai par les vétérinaires est très négative. Leur état sanitaire n’est pas bon. Ils souffrent de problèmes respiratoires. Cela provoque souvent des situations désastreuses vis-à-vis des enfants qui viennent de les adopter », explique Philippe Dodrimont. Pour lui, il faut mettre en avant l’élevage en Wallonie plutôt que d’importer des animaux dans des conditions de transport qui peuvent être mauvaises.

« Si les Wallons achètent des chiens de l’Est, c’est parce qu’ils cherchent des races exotiques. On pourrait peut-être limiter les importations », s’interroge le député. Il avance l’idée d’une « labellisation » de races propres à la Wallonie et surtout de méthodes d’élevage de qualité. « Un chiot a besoin de contacts humains.

S’il n’est pas bien sociabilisé au début de son existence, il risque d’être incapable d’obéir ou de ne pas pouvoir avoir une vie sociale avec les enfants. Il est important de pointer les bonnes pratiques.

Nous préconisons des formations spécifiques obligatoires pour tous les éleveurs professionnels.

Et puis, on doit fixer des règles sur l’âge de la première portée et sur le nombre que la chienne pourra avoir », poursuit Philippe Dodrimont.

Une idée sur la table est de limiter le nombre de races différentes qu’une personne peut élever. Le vétérinaire pourrait jouer un rôle de contrôle accru. Le député pointe également les conditions de vie de l’animal lorsqu’il ne peut plus se reproduire, que ce soit une femelle ou un mâle.

« Tous les éleveurs n’aiment pas forcément leurs animaux. Est-ce que ceux-ci sont ensuite confiés aux refuges, avec le risque d’être euthanasiés à cause de leur âge avancé ? »

UN DÉLAI DE RÉFLEXION

Selon lui, des chiens achetés chez un éleveur ou une animalerie peuvent se retrouver très vite dans un refuge. Et d’avancer plusieurs pistes.

D’abord, il faut sensibiliser les acheteurs et les enfants sur le fait qu’un chien a besoin de temps pour s’adapter.

« On réfléchit aussi à la possibilité d’imposer un délai de réflexion de 24 ou 48 h avant que l’achat ne soit effectif.

La personne devrait revenir une seconde fois. Il faut encore trouver un mécanisme pour éviter que les documents ne soient antidatés dans le but de contourner la règle », indique notre interlocuteur.

Il est également question de demander à l’acheteur une contribution financière qui ira directement dans les caisses des refuges. Une contribution bien faible par rapport à des prix de vente qui peuvent atteindre 1.500 euros.

Cette redevance ne serait pas en vigueur pour les adoptions en refuge. Ça, c’est la théorie. Les députés vont maintenant aller sur le terrain pour confronter les pratiques.

Leur rapport devrait être finalisé avant les vacances parlementaires.

Article de - YANNICK HALLET

 

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