L’Unité anti-braconnage à la loupe

Peu connue du grand public, l’Unité anti-braconnage est pourtant très active sur le territoire wallon. Outre les infractions en matière de chasse ou de pêche, ce service s’attache à ce que le code forestier soit respecté, ainsi que la loi sur la conservation de la nature et le bien-être animal.

Des missions qui peuvent donc être bien plus variées que ce que l’on imagine. Sa première mission reste évidemment d’évincer les braconniers qui pourraient encore œuvrer dans nos forêts. Mais ce n’est pas son seul objectif. Parmi les phénomènes qui retiennent l’attention de cette unité particulière, il y a le dépôt de déchets.

« Ces derniers envahissent les forêts.

Cela peut par exemple aller d’une simple cannette que l’on jette lorsqu’on effectue une promenade à un dé- pôt plus conséquent. Ces déchets sont d’autant plus nombreux qu’on constate une surfréquentation de la forêt », explique l’un des membres de l’unité. Les agents sont également attentifs au respect de la forêt au sens large.

Ainsi, il est hors de question de se lancer dans une activité de paintball sauvage, sous le nez de l’anti-braconnage. Même principe pour les quads et autres véhicules à moteur qui sillonnent les sentiers forestiers alors que c’est interdit.

Il n’est d’ailleurs pas rare que l’Unité anti-braconnage organise des planques afin de prendre sur le fait les contrevenants. Des missions qui peuvent sembler similaires à celles du Département Nature et Forêts. C’est la raison pour laquelle, une réflexion est actuellement en cours afin de fusionner les deux services, qui sont finalement très complémentaires.

- F.J

L’Unité antibraconnage en sursis

L ’Unité anti-braconnage est-elle menacée de disparition ? Un projet du gouvernement wallon prévoit à tout le moins un scénario où elle serait intégrée au Département Nature et Forêt (DNF). La Ligue royale belge pour la protection des oiseaux s’y oppose.

« Préservons l’Unité anti-braconnage » Ce message est celui que vient de délivrer la Ligue royale belge pour la protection des oiseaux.

« Le gouvernement wallon envisage le regroupement des agents de l’Unité anti-braconnage (UAB) au sein du Département de la Nature et des Forêts (DNF) dans le cadre du projet de rationalisation du Département de la police et des contrôles », commente Pauline Legrand, coordinatrice de projet pour la Ligue pour la protection des oiseaux.

« Nous nous opposons à la concrétisation de cette réforme. Nous venons d’ailleurs d’envoyer un courrier à cette fin au ministre wallon René Collin (cdH) ainsi qu’au ministre-président, Willy Borsus (MR). »

Cette opposition se fonde sur deux arguments majeurs. « Si l’UAB intègre le DNF, elle risque de voir l’action de ses agents limitée à un cantonnement. Jusqu’ici, ce n’était pas le cas. Cela leur permettait ainsi d’avoir une vision plus globale d’un même phénomène et de ce fait, d’être plus efficaces. » Le second argument évoqué par la Ligue concerne « l’expertise et la spécificité d’action de ces agents spécialement entraînés à cette fin.

IIs doivent pouvoir conserver leur force de frappe. » Pour étayer son argumentaire, la ligue met en avant quelques chiffres (voir ci-contre) et rappelle qu’en 2017 « avec seulement huit agents, cette unité a dressé 512 procès-verbaux. »

Ce projet de fusion intervient dans un contexte pour le moins houleux. Ces derniers mois, en effet, plusieurs incidents (voir ci-dessous) ont vu les agents de ces deux services s’opposer alors qu’ils se trouvaient à chaque fois sur le terrain.

Des plaintes ont été déposées avec pour conséquence le risque de trouver leur épilogue devant un tribunal… Le débat est aussi devenu politique. Récemment, le député wallon Gilles Mouyard (MR), défenseur de la chasse et critique envers l’UAB, a évoqué une « guéguerre des polices » qu’il faudrait régler par une fusion de ces services au profit du DNF.

Ce projet de fusion a aussi été évoqué le 26 mars dernier au Parlement wallon via une question orale posée par l’écolo Stéphane Hazée au ministre wallon de la Forêt, René Collin. Ce dernier -dans une volonté de rationalisation de l’administration- n’a pas nié qu’une réflexion était en cours à ce sujet.

« La diminution de l’attrait économique du braconnage fait que le braconnage de masse tel qu’il existait encore dans les années 2000 disparaît effectivement », a-t-il notamment justifié.

Il évoque deux possibilités. La première serait un regroupement au sein du DNF de tous les agents wallons commissionnés, assermentés en qualité de gardes forestiers, en ce compris les gardes forestiers de l’unité anti-braconnage.

« Sans pour autant que l’on envisage la disparition des missions de police exercées actuellement par les agents de l’UAB ».

L’autre possibilité serait d’intégrer l’UAB « dans un nouveau département afin de lui conserver son efficacité due à sa grande disponibilité en personnel pour participer à des opérations de police. »

- N.HN

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