La Wallonie déclasse 20 de ses monuments , un à Nandrin

19441117_10212824300952588_203638293_n.jpgLa loi sur la conservation des monuments et sites remonte à 1931.

Le ministre du Patrimoine, Maxime Prévot, veut vérifier si les critères qui ont justifié le classement de près de 3.000 biens sont toujours bien présents… et justifiés.

Une opération pilote a été menée sur environ 550 chapelles, fermes et maisons.

Résultat : vingt ont été déclassées ou le seront.

« Dès lors que les classements sont opérés depuis 85 ans en application d’une loi de 1931, il est apparu nécessaire d’opérer une sorte de bilan de cet héritage », précise le ministre wallon du Patrimoine, Maxime Prévot.

La Wallonie compte près de 3.000 monuments classés. À ce titre, leurs propriétaires bénéficient d’une subvention régionale contribuant à l’entretien et aux réparations.

Le budget annuel investi par la Wallonie est de 25 millions d’euros afin de pérenniser des biens reconnus d’intérêt général pour les générations actuelles et futures.

Une opération pilote a été menée sur environ 550 biens appartenant à trois typologies architecturales : des chapelles, des fermes et des maisons.

L’objectif était prioritairement de fournir, par une fiche d’évaluation dûment argumentée, un outil d’aide à la gestion du patrimoine classé.

La réévaluation des monuments classés permettra de mettre en évidence les caractères patrimoniaux qui ont justifié leur protection et vérifier s’ils demeurent.

ONZE CRITÈRES

« Le but n’est évidemment pas de procéder à des déclassements en masse.

Le déclassement n’est qu’une modalité, minoritaire, d’une nécessaire mise en ordre », souligne Maxime Prévot.

Au total, dix monuments sur les 550 examinés ont été déclassés et dix dossiers de déclassement partiel ou total, sont en cours.

Le fait d’être déclassé permet au propriétaire de mener des travaux comme il l’entend, voire de tout détruire. Il doit toutefois obtenir un permis d’urbanisme.

comme élément de cohésion au sein d’un groupe et évidemment l’intérêt esthétique. Enfin, l’intérêt peut être paysager ou urbanistique.

Bref, les experts mandatés se baseront sur onze critères. Intéressés par les biens classés près de chez vous ?

La liste complète est sur http://spw.wallonie.be/dgo4/site_thema.

La recherche avancée permet de se focaliser sur un arrondissement ou une commune.

YANNICK HALLET

Une belle économie de subsides en perspective.

Le déclassement ne fait pas que des heureux en Wallonie.

Si, à la Région wallonne, on se réjouit de pouvoir faire sortir de la liste certains monuments dont la restauration est subsidiée au moins à 40 %, il n’en va pas de même chez des amoureux du patrimoine, où l’on craint un saccage de certains biens, car il serait plus aisé d’apporter des modifications sans devoir respecter des règles préservant l’authenticité du monument.

Dans l’arrondissement de Verviers sont visées une statue de la Vierge et sa niche désormais conservées aux musées communaux de Verviers, une croix gothique qui se dresse rue Village à Hombourg (Plombières), près du presbytère, et la chapelle Saint-Roch à Crojus (HenriChapelle).

La procédure est en cours pour une dizaine d’autres. Dont, en région verviétoise, la ferme de Holliguette, à Charneux (Herve) et le pignon à colombages de la ferme Nelles, rue Marie Solheid, à Xhoffraix (Malmedy), classé dès 1974.

Mais des démarches auraient déjà été initiées pour une trentaine d’autres, dont le Christ proche du café La bourse, place Verte à Verviers, pour un total de quelque 500 biens potentiellement rétrogradables sur les environ 3.000 que compte la Wallonie.

Car jusqu’à présent, on ne considère guère que les fermes, les chapelles, les maisons et les croix. Le reste viendrait après.

DÉNATURÉ DONC DÉCLASSÉ

Pour la Wallonie, ces déclassements représentent de grosses économies en subsides en perspective, le budget annuel affecté aux restaurations étant de l’ordre de 25 millions. Chacun des monuments de l’arrondissement de Verviers est un cas à part.

Pour la ferme de Holliguette à Charneux, par exemple, le conseil communal a rendu un avis unanime contre le déclassement.

Mais une source bien informée souligne que dans ce cas, un des précédents propriétaires a restauré le bien sans guère respecter le prescrit de la Commission des monuments, site et fouilles. Ce qui l’a dénaturé et peut justifier un déclassement.

 YVES BASTIN

 

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