La problématique des sodas dans les écoles

Info SI.jpgÉcoles secondaires: les sodas disparaîtront des distributeurs.

L’union sacrée de trois ministres

Les distributeurs de produits sucrés ne disparaîtront pas de nos écoles secondaires… Mais leur contenu va évoluer. La ministre Schyns se place dans la foulée de sa collègue du nord du pays, Hilde Crevits, et veut un accord avec le secteur de la distribution pour que les produits vendus soient plus amicaux pour la santé de nos ados. Les trois ministres compétentes en matière d’enseignement (avec le germanophone) ont d’ailleurs décidé de travailler ensemble à cette problématique.

Les trois ministres (représentant les communautés française, flamande et germanophone) se sont rencontrés il y a quelques jours. « La problématique des sodas dans les écoles a été abordée », explique la ministre francophone de l’Éducation, Marie-Martine Schyns (cdH).

« M me Crevits nous a présenté sa manière de travailler avec les différents secteurs professionnels pour une école «sugar free» (sans sucre, NdlR). Dans la presse, nous avons pu lire qu’une interdiction complète des sodas serait effective. En fait, les distributeurs existent mais avec des boissons moins sucrées. Cette solution résulte des accords trouvés avec les pouvoirs organisateurs. Les équipes de nos trois cabinets se verront très prochainement pour mettre au point une stratégie vis-à-vis du secteur. »

Un élève sur cinq en surpoids, des boissons sucrées bues à longueur de journée qui peuvent aussi avoir, à terme, des conséquences sur la dentition des enfants ou leur (mal)chance d’attraper le diabète, maladie dont souffre un demi-million de Belges… Si les distributeurs ne représentent plus un problème dans les écoles primaires, tant au sud qu’au nord du pays, ce n’est pas le cas dans les écoles secondaires.

Cela fait plus de dix ans que les responsables de l’enseignement parlent de les bannir des enceintes scolaires. Marie Arena leur déclarait déjà la guerre au début des années 2000, du temps où elle gérait le département.

Elle s’était cassé les dents sur le dossier. En 2012, Marie-Dominique Simonet relançait le débat, dans le cadre de la malbouffe à l’école. Un vaste plan avec une échéance: 2015… Mais les distributeurs sont toujours là et ils ne disparaîtront pas. En Flandre, Hilde Crevits a adopté une autre stratégie: y placer des boissons moins sucrées, du lait, des fruits, etc.

Elle a obtenu un accord de principe du secteur alimentaire. À noter que des
écoles francophones ont déjà mené ce type d’expérience et cela n’a pas toujours été un franc succès.


EAU AROMATISÉE

Mais c’est bien à ce genre d’accord que songe maintenant Marie-Martine Schyns. « Éliminer les distributeurs ne va rien changer au problème, les enfants iront acheter ces produits à la librairie ou à l’épicerie qui se trouve sur le trottoir d’en face », explique-t-on au cabinet de la ministre de l’Éducation. « Il ne suffit pas de remplacer une boisson gazeuse par sa version light, les spécialistes indiquent que cela ne change rien à l’appétence pour ce produit. Mais on pourrait très bien remplacer ces boissons gazeuses par de l’eau, même aromatisée. Pourquoi pas? » L’union sacrée est donc de mise entre les ministres de tout le pays.

Il leur reste à trouver un accord avec les distributeurs pour que quelque chose change enfin dans ce dossier aux allures de monstre du Loch Ness… qui a aussi une incidence sur le budget des écoles: les petits profits acquis grâce aux distributeurs ne font pas de mal au budget d’une direction.

Article de DIDIER SWYSEN source Sudinfo 

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